6 Ways to Die (2015)

Résumé : Sonny Garcia est le principal distributeur de narcotiques pour les cartels colombiens en Amérique du Nord. Un homme veut la mort de Garcia pour se venger des torts qu’il lui a personnellement causé et pour ce faire, il engage six tueurs à gages qui ont comme objectifs de tuer Garcia selon un ordre précis. Ils doivent lui voler sa liberté, sa compagne, sa réputation, son bien le plus précieux, son argent et finalement sa vie.

Critique : 

Reproduire le style classique d’un classique Hollywoodien est toujours un pari risqué. Et pourtant cette industrie tente constamment de répéter les mêmes choses. On parle souvent de «l’après Avengers», de «l’après Dark Knight», de «l’après Jason Bourne» avec raison puisque chacun de ces longs-métrages a influencé la façon de produire des films et de visionner le cinéma. Le cinéma indépendant utilise également le même stratagème et c’est ce que tente de faire Nadeem Soumah (Searching for Angels) avec 6 Ways to Die.

John Doe a perdu l’amour de sa vie aux mains de Sonny «Gundown» Garcia, un puissant trafiquant de drogue du sud des États-Unis. Pour y arriver, Doe ne cherche pas seulement à tuer cet homme, mais il veut aussi détruire Garcia de la même façon que ce dernier l’a détruit. Pour y arriver, il fera équipe avec six personnes qui ont pour objectif d’atteindre Garcia en s’attaquant à ses biens les plus précieux…

Oui puisque 6 Ways to Die n’est pas construit comme un long-métrage «typique», comme ceux que vous pouviez visionner en salles ou à la télévision. Nadeem Soumah, grandement influencé par Pulp Fiction et par Mememto, a décidé de combiner les styles narratifs de ces deux films et de mettre en image l’enfant mutant qu’il venait de créer. Et étrangement, ce choix représente la plus grande qualité et le plus grand défaut du film, puisque cette innovation risque de diviser tous ceux qui visionneront 6 Ways to Die. La moitié d’entre eux louangeront ce film tandis que l’autre moitié le détestera.

Personnellement, nous nous plaçons dans la catégorie de ceux qui ont grandement aimé ce concept. Globalement, 6 Ways to Die se compose de six courts-métrages racontant la même histoire en remontant le temps grâce à des mini-histoires. Et, sans vouloir dévoiler l’intrigue du film, chacun des courts-métrages laisse des indices pour le court-métrage qui suivra, puisque ce dernier précède un autre court-métrage, il nous donnera d’autres indices, et cette technique se répètera jusqu’au générique de fin. Cela crée un divertissement assez intelligent et unique où nous vivons l’aventure en débutant par le fil d’arrivée. Certes, le scénario n’est pas parfait en soi, puisque cette technique introduit un nouveau personnage principal temporaire aux quinze minutes et ces derniers sont, pour la majorité, aucunement attachants. De plus, certains des indices sont si évidents et si forcés qu’ils nous giflent à la figure et certains des dialogues sont assez mauvais. Aussi, il nous faut vous dire que 6 Ways to Die demande également une attention minutieuse de la part de son spectateur, alors n’espérez pas visionner ce film en faisait autre chose.

À la réalisation et à la direction de la photographie, Nadeem Soumah n’est pas un simple novice comme le suppose son Curriculum Vitae. Soumah s’est fait la main dans le monde de la musique, avec plusieurs vidéoclips, et dans le monde de la télévision, avec quelques spots publicitaires, dont le dentifrice Oral-B. Et dans l’ensemble, nous pouvons constaté son expérience puisqu’il fait du bon travail, maîtrisant avec brio les moyens mis à sa disposition. Malheureusement pour lui, ces derniers sont assez minimes et tout le talent de Soumah ne sauve pas 6 Ways to Die du désastre qui se produit notamment lors des scènes situées dans un club de nuit. Puisque que ces dernières se sont possiblement tournées lors de la même journée, nous avons le droit aux mêmes figurants, qui dansent étrangement et qui suivent la caméra des yeux. Mention honorable à une personne âgée, qui sort étrangement du lot de figurants par son âge et qui apporte quelques rires involontaires par ses pas de danse. Et, puisque la production n’a pas trop de moyens, ou par effet de style, la majorité des coups de feu sont censurés lorsque la caméra se concentre uniquement sur l’arme en question, donnant ainsi un point de vue assez étrange.

De plus, on remarquera que la palette de couleurs utilisée par le filtre de la caméra change parfois de couleurs selon les plans de celle-ci, et ce dans la même scène (L’image passe du jaune, au bleu, au jaune, [etc] sans raison apparente. Aussi, le montage de 6 Ways to Die est paresseux, créant des petites longueurs ici et là. Également à certains moments, le monteur (ou le réalisateur) a décidé d’inverser quelques scènes d’un court-métrage (Celui qui met en vedette Melissa Mars (Assassin’s Game).), ce qui ajoute de la confusion non-nécessaire au récit. Et Finalement, il nous faut noter la bande son de Kurt Oldman (Il a participé à la trame sonore de Guardians of the Galaxy.), dont la musicalité est facilement oubliable.

Au niveau des acteurs, Michael Rene Walton (20ft Below: The Darkness Descending), Dominique Swain (Face/Off) et Vinnie Jones (Snatch.) sont les seules personnes présentes (Et avec un vrai rôle développé…) dans plus d’un court-métrage. Le trio fait du bon boulot, même que l’on pourrait dire que Michael Rene Walton serait presque une révélation, lui qui est une sorte de «Colin Farrell à l’américaine». Le restant des acteurs ont des rôles trop petits ou ne font partie que d’un seul court-métrage. Malgré le talent assez limité de ce groupe, on notera quelques acteurs plus expérimentés qui ressortent positivement du lot, c’est-à-dire Bai Ling (The Crow)Vivica A. Fox (Kill Bill), Melissa Mars et Luis Fernandez-Gil (Jack and Jill). Et, il ne faudrait pas oublier que Tom Sizemore (Heat) a un caméo sympathique dans la scène d’ouverture, en jouant un homme légèrement amoché par l’alcool…

6 Ways to Die est un film assez surprenant, tant pour l’audace et l’ingéniosité de son scénario. Nadeem Soumah a su faire un bon petit film dans les limites de son budget. Cet homme a une bonne plume et un talent certain derrière la caméra et, en toute honnêteté, il est plutôt dommage que les contraintes budgétaires et le manque d’expérience général de la production empêchent celle-ci d’attendre son plein potentiel. Ce dernier aurait pu élever 6 Ways to Die au-delà des simples productions sortants chaque semaine dans nos bacs à DVD…

3.5 / 5


Réalisation : Nadeem Soumah

Scénario : Nadeem Soumah

Avec : Michael Rene Walton, Dominique Swain, Vinnie Jones, Vivica A. Fox, Bai Ling, Tom Sizemore, Melissa Mars, Peter Dobson, Chris Jai Alex, Jose Rosete, Luis Fernandez-Gil

6 Ways to Die (2015)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Divertissement
3.1

En conclusion

Même s’il n’est pas parfait, 6 Ways to Die sera très probablement l’un de nos films coups de cœur de 2015. Son audace (Trop grande?) rafraîchit le monde des longs-métrages anonymes sortants directement en DVD, et c’est ce qui nous a beaucoup plus…

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