Apostle (2018)

Résumé : En 1905, un vagabond engagé dans la dangereuse mission de sauvetage de sa soeur enlevée se mêle à un sinistre culte religieux sur une île isolée.

Critique : 

Gareth Evans s’est bâti toute une réputation grâce au succès planétaire des deux chapitres de la saga The Raid. Aujourd’hui, à l’aube de l’Halloween, Evans est de retour dans un thriller horrifique. Un changement de registre qui permet au cinéaste d’explorer une époque différente. Le tout ne se fait malheureusement pas sans heurts.

Un homme nommé Thomas apprend que sa sœur est retenue captive par un culte s’isolant sur une île déserte. Se déguisant en un homme respectable, il infiltre le village afin d’y découvrir des preuves qu’elle est toujours en vie, suite à quoi il prévoit de donner la rançon demandée pour la vie de celle-ci. Hélas, Thomas découvrira rapidement que la tâche s’annonce plus ardue et il planifie d’extraire de force sa petite sœur…

À mi-chemin entre un thriller à la sauce Gareth Evans et un « slasher-porn », Apostle propose une incursion bien intéressante dans l’univers des sectes. Avec de bonnes intentions en poche, le divertissement nous transporte dans un monde où la folie des hommes règne. En s’inspirant de films dans la lignée de The Wicker Man, le scénario de Gareth Evans ne sombre pas dans la facilité des clichés du genre, pour livrer un film lent où l’exploration de l’île constitue la principale force. Le nœud de l’histoire se trouve dans une possible déesse qui se nourrit du sang des habitants pour une raison que l’on découvrira au fil du long-métrage.

Et pour explorer le tout, le divertissement prend bien évidemment l’axe de la religion. Que ce soit avec un bref parallèle entre ce culte et une forme de christianisme ou le traitement des femmes, Apostle traite avec efficacité ce thème. Pendant des femmes, elles sont les premières victimes de ce culte dirigé par trois hommes. Entre les valeurs traditionnelles de cette époque et le mouvement actuel « MeToo », le trio forme des antagonistes totalement intrigants, face à notre valeureux héros.

Le seul véritable problème d’Apostle réside dans sa durée. Bien que son univers est intéressant, l’oeuvre manque de substance. Pas nécessairement sur le plan créatif, mais au niveau de l’originalité. Certaines situations sont prévisibles et il y a une sous-intrigue parfois longue concernant un jeune homme qui aime une jeune demoiselle en cachette. Les intentions du scénario sont excellentes, mais dans un film au rythme lent dont la durée dépasse les deux heures, le tout peut sembler pénible. Ce qui rendra l’expérience cinématographique ennuyeuse pour certains spectateurs.

À la réalisation, Gareth Evans nous prouve qu’il est capable de toucher à un autre genre. Sur le plan purement technique, Apostle nous propose une photographie soignée, une direction artistique superbe et un environnement envoûtant et efficace. Les amateurs d’horreur et de sang seront comblés; le cinéaste ne sombre jamais dans la facilité dans ces deux aspects. Il est également possible de revoir des éclairs de la magie de The Raid lors de brèves scènes d’action parsemées aux quatre coins du divertissement.

Sinon, Dan Stevens (Legion) vole la vedette dans le rôle principal avec une performance splendide et parfaite. L’acteur, parfois sous-estimé, nous prouve qu’il est définitivement un talent à suivre pour les prochaines années. Michael Sheen (Underworld), Mark Lewis Jones (Troy) et Paul Higgins ne sont pas en reste alors qu’ils interprètent les dirigeants du culte avec brio. Du reste de la distribution, notons qu’Elen Rhys (The Rezort) qui se démarque dans un rôle secondaire arrivant plus tard dans le long-métrage.

À mille lieues de The Raid, Apostle reste un bon divertissement. Le film n’est pas parfait, mais il propose un oeuvre de qualité qui prouve à nouveau le talent de son cinéaste. Un amuse-gueule idéal en attendant le prochain film d’action de Gareth Evans.


Réalisation : Gareth Evans

Scénario : Gareth Evans

Avec : Dan Stevens, Michael Sheen, Mark Lewis Jones, Paul Higgins, Lucy Boynton, Bill Milner, Kristine Froseth, Elen Rhys, Sharon Morgan

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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