Atom Man vs Superman (1950)

Superman est de retour dans le monde des serials avec Atom Man vs Superman, où il doit affronter son plus grand némésis, Lex Luthor…

Critique

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Résumé : Superman combat Lex Luthor qui utilise un outil de téléportation et une identité secrète, Atom Man, pour réaliser ses plans criminels.

Critique : 

Après le succès du serial de 1948, il était évident qu’une suite serait rapidement mise en chantier. Cette suite arriva deux plus tard et osa mettre en scène, pour la première fois à l’écran, Lex Luthor, le plus célèbre adversaire de Superman. Cette première apparition de Lex Luthor sur un grand écran a largement contribué à faire d’Atom Man vs Superman le plus grand succès de l’histoire des serials. Un succès qui restait à confirmer avec cette critique…

À la suite de la tentative ratée de détruire un point reliant Metropolis au reste du continent américain, Lex Luthor est capturé par Superman et envoyé en prison. Tandis que la criminalité augmente à Metropolis, notamment à cause d’un mystérieux Atom Man, Clark Kent suspecte que Lex Luthor est la cause de ce désordre, même s’il est condamné à passer le reste de ses jours en prison. Lorsque Luthor parvient à négocier sa libération avec le gouvernement des États-Unis et qu’il lance une chaîne de télévision, c’est au tour de Superman d’avoir des soupçons et d’enquêter sur l’affaire…

Distribué à la fin de l’époque des serials, Atom Man vs Superman représente la première adaptation sérieuse du fils de Krypton. En effet, malgré de nombreuses libertés avec le matériel d’origine, nous sommes forcés de constater que ce serial respecte Superman et sa mythologie. Même qu’au fil des quinze chapitres de ce divertissement, nous pouvons même reconnaître les fondations ce qui sera, une décennie plus tard, la Zone Fantôme. Nous pouvons même pousser l’audace en vous disant que le serial a grandement influencé les Superman mettant en vedette Christopher Reeve, avec des éléments d’intrigue et des scènes qui seront repris par ces films. Par-contre, le scénario souffre d’un problème majeur en ayant un manque cohérence et de vision.

Car malgré une certaine ambition de la part des scénaristes, il reste que ces derniers étaient coincés dans le format du serial qui force le récit à se diviser en plusieurs chapitres d’une quinzaine de minutes se concluant par un cliffhanger. Le précédant serial n’avait pas ce problème puisqu’il avait une trame narrative continue, mais ennuyeuse, qui étant propice à ce format cinématographique. Rongé par son ambition, Atom Man vs Superman est forcé de tirer dans toutes les directions possibles, allant d’une tempête monstrueuse causant des inondations et des ruptures de barrage, à de la téléportation humaine en passant par des soucoupes volantes. Nous avons même le droit à une scène où Superman fait du rodéo avec un missile, une scène qui pourrait avoir inspiré Stanley Kubrick avec son Dr. Strangelove. À la fin de ces quinze chapitres, Atom Man vs Superman s’aura tellement dispersé avec ces folies, qu’on ne se souviendra même plus des véritables intentions du plan original de Lex Luthor…

Heureusement, ce qu’il perd dans sa globalité, le serial le gagne dans son individualité. En effet, contrairement à Superman (Serial de 1948), Atom Man vs Superman ne comporte aucun chapitre ennuyant. L’écriture y est fortement supérieure, notamment grâce à une refonte complète du personnage de Lois Lane qui n’est plus énervante et qui respecte enfin le personnage de la bande dessinée. Atom Man vs Superman réussit même à délivrer quelques bonnes blagues. Néanmoins, le serial se plante royalement avec le personnage de Perry White qui devient, de façon assez étrange, un mauvais journaliste incapable de faire autrement que de se focaliser sur les faits allégués plutôt que sur les preuves réelles ou circonstancielles, même si cela met la vie de plusieurs personnes en danger.

Pour ce nouveau serial, Spencer Gordon Bennet (Batman and Robin) est de retour derrière la caméra. Le réalisateur réussi à nouveau l’exploit de créer un divertissement crédible avec peu de moyens, en étant cette fois-ci, le seul aux commandes du navire. Il se permet même quelques folies comme de filmer Kirk Alyn, l’acteur interprétant Superman, en plein vol ou de réaliser des scènes de destruction massives. Évidemment, tous ces moments fous semblent grandement fauchés mais le cœur et la volonté des artisans du serial l’emportent sur notre raison qui se révolte devant ces effets spéciaux merdiques.

Bien sur, Spencer Gordon Bennet continue à faire de la réutilisation de plans et de lieux, sauf que cette fois-ci, le réalisateur reprend des plans et des décors du premier serial. Encore là, rien de bien dramatique sauf pour un chapitre en particulier où Lex Luthor raconte à son bras droit une théorie sur les origines de Superman, une théorie illustrée reprenant une bonne partie des scènes du premier chapitre du précédant serial, qui était dédié aux origines du super-héros. À nouveau, la trame sonore fut créée par Mischa Bakaleinikoff (The Big Heat), qui reprend une bonne partie de ses compositions du précédent serial, en faisant quelques retouches ici et là.

Une bonne partie du casting du précédant serial est de retour. Kirk Alyn (Blackhawk) et Noel Neill (Adventures of Superman) reprennent les rôles de Superman et de Lois Lane avec brio. Nous pouvons même dire qu’ils profitent du meilleur traitement du scénario envers leurs personnages pour étoffer leurs performances. Par-contre, Lyle Talbot (Plan 9 from Outer Space) est la véritable surprise de ce casting. Talbot offre une formidable performance offrant un véritable antagoniste capable de faire face à Superman sur le plan psychologique, même si nous pouvions sentir que Talbot avec quelques difficultés lorsqu’il doit mettre le costume d’Atom Man. Mais en voyant ce costume (Constitué d’un pot de fleurs passé sur la tête de l’acteur…), vous comprendrez facilement les réticences de Talbot à jouer cette facette de Luthor. Notons à la blague, et pour conclure, qu’un des acteurs de cette production se nomme Wally West, portant ainsi le même nom que le célèbre acolyte de Flash, qui fut créé une décennie plus tard; Flash étant un membre fondateur de la Justice League aux côtés de Batman et de Superman.

Même s’il souffre des mêmes difficultés que Superman, Atom Man vs Superman parvient à offrir un divertissement supérieur, pouvant même rivaliser avec quelques productions contemporaines du fils de Krypton. Néanmoins, les faibles moyens de cette production risquent de rebuter de nombreux spectateurs qui risquent de passer à côté d’un divertissement assez remarquable.

Note : C


Réalisation : Spencer Gordon Bennet

Scénario : George H. Plympton, Joseph F. Poland, David Mathews

Avec : Kirk Alyn, Noel Neill, Lyle Talbot, Tommy Bond, Pierre Watkin, Jack Ingram, Don C. Harvey, Rusty Wescoatt, Terry Frost, Wally West, Paul Stader, George Robotham

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