Avengement (2019)

Résumé : Libéré de sa peine de prison, un humble criminel évite ses gardes et retourne dans ses anciens lieux de retraite pour se venger des personnes qui ont fait de lui un meurtrier au cœur froid. C’est une bataille épique et sanglante à la recherche de l’âme qu’il a perdue il y a des années dans les rues d’une ville impitoyable.

Critique : 

La majorité des vedettes du cinéma d’action tente de se dépasser un jour ou l’autre. Ils tentent de prouver qu’ils ne sont pas que des brutes capables d’étrangler un homme par la force brute de leurs biceps. Arnold Schwarzenegger a fait Maggie. Jean-Claude Van Damme a fait JCVD. Steven Seagal a fait Attrition. En 2019, c’est au tour de Scott Adkins (The Debt Collector) de faire de même avec un rôle qui ne se base pas uniquement sur ses poings, mais aussi sur son talent brut d’acteur.

Cain Burgess obtient une permission spéciale afin de sortir de la prison pour visiter sa mère mourante. Malheureusement, Cain arrive à l’hôpital après son décès. Le criminel décide alors de s’évader et de partir à la recherche de son frère, l’homme responsable de ses malheurs. En chemin, il s’arrête dans un pub afin de déguster une bonne bière. Après une altercation, Cain prend en otage les clients de l’établissement et il se met à leur raconter son histoire…

Pour tout disciple de la carrière de Scott Adkins, Jesse V. Johnson est souvent considéré comme étant un bon cinéaste, capable de tirer profit de la vedette britannique. Cependant, malgré de nombreuses collaborations, Johnson n’a jamais été capable de rivaliser avec Isaac Florentine, l’homme qui a fait d’Adkins une vedette mondiale grâce à la saga Undisputed.

Avengement vient brouiller les cartes alors que Jesse V. Johnson nous dépose la meilleure performance de la carrière de Scott Adkins sur un plateau d’argent. Et il le fait avec un film qui sera peut-être le film d’action de l’année. Ici, l’acteur interprète Cain, un homme que l’on a transformé en une brute assoiffée de sang et de vengeance. Tout au long de l’oeuvre, on suit cet homme bien ordinaire. Un homme désespéré qui s’engouffre dans une spirale de violence au sein d’un système carcéral peu compétent.

La cause de ses problèmes est assez simple et elle a un lien avec son frère, un puissant criminel local se spécialisant dans le prêt illégal. La dynamique entre les deux hommes aide beaucoup à créer un lien familial crédible. Cela permet à l’histoire de se dérouler tranquillement, sans pépins. Car, le scénario de Jesse V. Johnson et de Stu Small (Prison Break) prend le risque de raconter la majorité de son intrigue via des flashbacks et une narration de Scott Adkins. Un pari risqué que les deux hommes réussissent entièrement.

Souvent, ce procédé ruine la magie du septième art, car les scénaristes sont incapables de maintenir une notion de mystère. Avengement ne tombe pas dans ce panneau. Il est évidant que l’oeuvre n’a pas la richesse de Shakespeare, ou le « Wow » d’un The Usual Suspects, mais il y a suffisamment de nuances et de détours pour nous maintenir engagé. Et ce même si le tout se repose sur les épaules d’un homme qui raconte une histoire devant une audience dans un petit bar miteux.

Derrière la caméra, Jesse V. Johnson sort sa zone de confort. Il ne tente pas de nous émerveiller avec les cinquante-six pirouettes de son acteur principal. Il nous fait voguer à la place dans des eaux assez sombres et réalistes. Avengement sera possiblement le film d’action le plus sanglant de 2019, si l’on exclut tout le cinéma asiatique. Johnson semble viser et atteindre un réaliste jamais vu dans sa carrière. Le tout en gardant un équilibre certain avec le sensationnalisme,histoire d’exploser une tête ou deux… La direction photographique jouit également de cet équilibre; trouvant un milieu quelque part dans la froideur et la modernité des paysages britanniques. La trame sonore est aussi un autre aspect fort appréciable, avec un hommage remarqué à Le Professionnel (film de 1994 avec Jean‑Paul Belmondo).

Pour ce qui est de la distribution, il nous faut revenir sur Scott Adkins. L’interprète nous propose la meilleure interprétation de sa carrière; il est tout simplement brillant. Pour lui, Avengement n’est pas qu’un simple film d’arts martiaux, c’est aussi une carte de visite idéale pour cogner à la porte de nouveaux projets plus ambitieux. Craig Fairbrass (The Outsider) livre également une solide performance, malgré un rôle moins important. Outre quelques visages connus pour les fanatiques d’arts martiaux, la distribution d’Avengement comprend également Nick Moran (The Musketeer), Leo Gregory (Green Street Hooligans) et Terence Maynard (Edge of Tomorrow). Et c’est sans oublier Louis Mandylor (Battle Drone) qui vient faire un petit « coucou » le temps d’un rôle mineur.

Avengement parvient à fusionner les arts martiaux avec le cinéma de gangster britannique. Avec cela, Jesse V. Johnson est parvenu à créer un beau 90 minutes mémorable et à permettre à Scott Adkins de faire autre chose que de fracasser des brutes.


Réalisation : Jesse V. Johnson

Scénario : Jesse V. Johnson, Stu Small

Avec : Scott Adkins, Craig Fairbrass, Thomas Turgoose, Nick Moran, Kierston Wareing, Leo Gregory, Beau Fowler, Louis Mandylor, Terence Maynard, Ross O’Hennessy

Avengement (2019)
4.5

Résumé

Avengement est l’un des meilleurs film de 2019, en plus d’offrir la meilleure performance de Scott Adkins.

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Écrit par Michaël Michaud

Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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