Batman (1966)

Enfilez vos pantalons à pattes d’éléphant et écoutez un peu de disco pour lire notre critique du Batman de 1966…

Critique

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Résumé : Le duo dynamique doit combattre quatre super-vilains qui planifient de prendre le monde en otage pour obtenir une importante rançon à l’aide d’une invention secrète qui déshydrate instantanément la population.

Critique : 

Dans les années 60, le producteur de la série Batman, diffusée à l’époque sur la chaîne ABC, a eu une folle idée : adapter la série, en cours de production, en un long-métrage. Cette idée, bien qu’elle paraît étrange, permettait de faire un peu de publicité pour la série télévisée en touchant un public qui préfère se divertir devant un grand écran. Néanmoins, la transition d’un média à l’autre ne s’est pas fait comme prévu…

Batman et Robin se font piéger en répondant à un tuyau les informant que le Commodore Schmidlapp serait en danger dans son yacht. Très vite, les deux hommes découvriront que tout cela n’est qu’un coup monté par quatre de leurs némésis : Catwoman, le Pingouin, le Joker et le Sphinx. Mais très rapidement, les agissements de ces criminels menaceront la sécurité de Bruce Wayne, d’une mystérieuse journaliste russe et du monde entier…

C’est en continuant la légèreté de la série télévisée que Batman a tenté de faire son entrée au cinéma. Malheureusement, lors de sa sortie en salles américaines, le long-métrage s’était légèrement planté, parvenant juste couvrir ses coûts de production. L’idée en tant que tel n’était pas si stupide que cela, mais l’exécution de cette idée était royalement bâclée. Nous pouvons clairement sentir des divisions aux vingt ou trente minutes alors que Batman fait un virage à 180 dégrées pour se concentrer sur une autre péripétie avec Batman et Robin. À aucuns moments nous avons l’impression de visionner un film, mais plutôt, un vulgaire montage d’épisodes mettant en scène ce quatuor d’antagonistes.

Ces antagonistes sont bien représentés, particulièrement le Joker qui parvient certains moments à nous rappeler Jack Nicholson dans le Batman de 1989. Il y a juste le Sphinx qui fait un peu bande à part avec des énigmes plus que douteuses. Par-contre, Batman et Robin ne jouissent pas de la même écriture alors qu’ils semblent plus stupides que mes souvenirs de la série télévisée. Le plus crétin des deux est toutefois Robin, qui voit sa présence grandement diminuée (Le personnage de Dick Grayson fait presque de la figuration…) et qui nous sort les pires dialogues de l’univers lorsqu’il tente de résoudre les énigmes du Sphinx. En toute franchise, Dick Grayson n’est présent que pour une ou deux scènes sans son masque, ce qui vous donne l’idée de son importance relative au récit.

Néanmoins, Grayson n’est pas aussi pénible à regarder que le fameux Commodore Schmidlapp dont l’utilité à l’histoire est assez discutable. Il n’est présent que pour apporter quelques mauvaises au scénario, des blagues qui apportent de la honte à l’humour déjà douteux du long-métrage. Même chose pour Alfred, le majordome, dont les apparitions sont assez anecdotiques. Heureusement, Batman / Bruce Wayne obtient un minimum de respect de la part du scénariste avec une histoire amoureuse plus que convenable. Ce qui de Bruce Wayne le seul personnage que le long-métrage explore sans son masque grâce à cette relation avec une journaliste russe, un choix relativement audacieux pour l’époque (Guerre Froide…), qui supporte les messages de d’acceptation et de paix planétaire sous-entendus par ce Batman.

Derrière la caméra, Leslie H. Martinson ne cache pas son héritage télévisuel avec une réalisation qui pue le petit-écran pour le meilleur et pour le pire. Suivant à la lettre le scénario du film, il ne fait rien pour élever le contenu du film au-delà de son aspect télévisuel. Il réutilise même les éléments cultes de la série télévisée, comme le logo de Batman pour faire des transitions entre des scènes ou les fameux «Big», «Bang», «Paf» lors des scènes de bagarre. Aussi ces scènes conservent leur aspect «bagarre de rue», typique des adaptations cinématographiques et télévisuelles de Batman de l’époque pré-Tim Burton. Et fait assez unique pour les aventures du justicier sur le grand écran : même Bruce Wayne aura le droit à sa scène de bagarre…

Hélas, cela ne corrige pas la faiblesse technique de long-métrage. Car même en excluant le requin de mousse, qui est rendu aujourd’hui tristement célèbre par les trolls de l’internet, Batman ne parvient pas à faire mieux que les serials des années 40, qui avaient moins de moyens financiers. L’argent de Batman a très certainement été dépensé dans les «Batbateau, Batcoptère et Batmoto», ce qui est assez dommage vu l’utilité relativement de ces appareils à l’intrigue. Au niveau de la musique, Nelson Riddle, compositeur de la série télévisée du même nom, réutilise sensiblement les mêmes trames sonores que cette dernière. C’est un peu dommage de la part du compositeur, mais sa musique parvient tout de même à s’accorder parfaitement avec le ton du long-métrage, qu’on apprécie cette musique ou non.

Dans les rôles de Batman et de Robin, Adam West (Family Guy) et Burt Ward (Moving Targets) offrent de bonnes performances. West a toujours été un interprète de choix pour Batman, apportant le glamour nécessaire au personnage de Bruce Wayne, au même titre que Sean Connery et Roger Moore dans la saga James Bond. Également, Lee Meriwether (The Ultimate Gift)Cesar Romero (Ocean’s Eleven)Burgess Meredith (Rocky) et Frank Gorshin (Twelve Monkeys) jouent les méchants de service et apportent beaucoup de dynamisme au long-métrage. Tout comme Alan Napier (Narnie)Neil Hamilton (Tarzan the Ape Man) et Stafford Repp qui ont des présences trop courtes et trop anecdotiques.

Sans être un échec vibrant, Batman déçoit par son manque d’audace et d’originalité. Le long-métrage semble plus occupé à nous montrer les nouveaux véhicules des justiciers masqués qu’à se détacher du moule oppressant de son format télévisuel. Cela apporte une certaine frustration, car Batman ne tente jamais de faire mieux que son petit frère. Heureusement, l’humour douteux et la naïveté de la pellicule permet de faire passer la pilule et d’offrir un long-métrage accessible pour tous, même aux enfants qui deviennent, par défaut, le public cible de cette oeuvre…

Note : C-


Réalisation : Leslie H. Martinson

Scénario : Lorenzo Semple Jr.

Avec : Adam West, Burt Ward, Lee Meriwether, Cesar Romero, Burgess Meredith, Frank Gorshin, Alan Napier, Neil Hamilton, Stafford Repp, Madge Blake, Reginald Denny, Milton Frome, Gil Perkins

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