Battle Of The Bulge: Wunderland (2018)

Résumé : Noël 1944, les Allemands font un dernier effort contre les armées alliées en attaque à l’Ouest. Le lieutenant Robert Cappa et son peloton ont reçu l’ordre de tenir un carrefour routier essentiel contre les agresseurs allemands. Cappa et ses hommes doivent trouver leur foi et leur force pour affronter leur ennemi dans le combat épique connu sous le nom de la bataille des Ardennes.

Critique : 

La première fois que Steven Luke / Luke Schuetzle est atterri sur notre radar fut lors de la sortie de War Pigs en 2015. L’artiste écrivait et produisait le long-métrage sous un pseudonyme et partageait la vedette de War Pigs sous un autre nom. Aujourd’hui, il répète l’expérience en utilisant ses deux noms pour écrire, réaliser, produire et jouer dans Battle Of The Bulge: Wunderland. Un film au titre bien trop long (il s’appelait tout simplement Wunderland jusqu’à sa récente sortie…).

Lieutenant Cappa et Sergent Rock survivent du mieux qu’ils le peuvent à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Du moins, à ce qu’ils pensent être la fin de la guerre. L’armée américaine continue de promettre la conclusion de ce conflit. Néanmoins, en ce mois de décembre 1944, une offensive allemande pourrait venir bouleverser la vie des deux hommes et des soldats qu’ils ont sous leur commandement.

Le film, que nous allons simplement surnommer « Wunderland » pour le reste de cette critique, représente un cas intéressant de cinéma. Pour une première réalisation, Luke réussit plusieurs faits notoires que bien des cinéastes accomplis sont incapables de concevoir. Mais, l’homme à tout faire trébuche si profondément sur certains aspects, qu’il est presque impossible de recommander Wunderland.

Wunderland exploite le sous-genre de la Seconde Guerre mondiale et parvient à le faire sans perdre ses plumes. D’un point de vue général, le divertissement parvient à créer un univers intéressant, avec une camaraderie presque digne de la série Band of Brothers. L’écriture du scénario est à des mille de la série d’HBO, mais on ressent les graines de la même réflexion de la série de 2001. Au-delà de son ambiance, Wunderland n’offre rien de croustillant. Le reste du long-métrage n’est qu’un ramassis des clichés présents dans tous les longs-métrages, depuis la nuit des temps, qui touchent cette époque.

Encore là, Wunderland aurait pu se sauver avec une note de passage. Hélas, le scénario de Steven Luke se plante royalement sur tous les autres aspects. Son projet n’explore aucunement ses personnages ou la guerre. Nous sommes allons forcés à suivre des soldats interchangeables et peu intéressants, affronter des soldats allemands dont les tactiques se résument à mauvais jeu vidéo. Les combattants se tiennent debout, s’entre-tuent, puis nous avons le droit à quelques dialogues peu reluisants au sujet d’une chèvre ou d’une quelconque banalité. C’est ce qui résume l’entièreté du long-métrage, qui n’est tout simplement aucune histoire digne d’une expérience cinématographique. Et comme ci ce n’est pas suffisant, Wunderland peine à atteindre la marque des 70 minutes. Tout est lent et contemplatif, ce qui est une évidence avec la minceur du scénario du film.

Derrière la caméra, Steven Luke connait plus de succès. Le long-métrage est parfois joli à regarder, notamment lors des nombreux plans contemplatifs. C’est sans oublier la direction photographique qui est fort jolie. Et oui, les scènes d’action manquent de surprises et de moments spectaculaires. Wunderland est un film à petit budget. Parfois, Luke parvient à nous vendre ces moments. Mais le manque de moyens et l’inexpérience du cinéaste nous font saigner des yeux à d’autres moments, où nous ne voyons pas grand-chose et où nous sommes témoins d’effets visuels horribles. Si horribles que nous ne pouvons pas continuer sans souligner que le long-métrage a la pire neige artificielle de tous les temps. Sérieusement…

Au niveau de la distribution, Wunderland comprend des acteurs relativement méconnus. Dans le rôle principal, Steven Luke laisse de marbre. Il est peu inspirant. Il ne parvient même pas à se dissocier du reste de la distribution composée d’acteurs possiblement peu expérimentés. Tom Berenger (Platoon) est là pour quelques scènes, principalement dans la même pièce. Il n’a rien d’exemplaire à faire, mais sa présence à l’écran suffit pour rehausser de beaucoup la qualité du film.

Bien que Wunderland soit terriblement mauvais, on ne ressort pas de son visionnage avec une profonde déception. Il y a quelques minutes intéressantes. Mais le tout manque cruellement de finition et de bon goût pour mériter le moindre intérêt de votre part.


Réalisation : Steven Luke

Scénario : Steven Luke

Avec : Steven Luke,Tom Berenger, Mikeal Burgin, Aaron Courteau, Casey Sill, Cody Fleury

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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