Big Game (2015)

Résumé : Un adolescent campant dans les bois, aide le Président des États-Unis à survivre dans la forêt et à échapper à ceux qui ont descendu Air Force One…

Critique : 

Après un passage remarqué de Jalmari Helander dans le monde cinématographique avec un Rare Exports repoussant les limites des contes de Noël, il revient quelques années plus tard avec Big Game, une coproduction États-Unis / Finlande / Allemagne jouant à nouveau la carte du Président des États-Unis qui est en détresse, une carte qui semble devenir populaire à Hollywood depuis quelques années.

Oskari, un jeune garçon de treize ans, subit une épreuve devant le transformer en homme : passer une nuit, seul dans la forêt, et ramener le plus gros trophée de chasse possible. Mais il était loin de se douter qu’il tomberait sur le Président des États-Unis, qui vient d’être la cible par un mystérieux groupe armé.

Non, Big Game ne passera pas à l’histoire comme étant le plus grand film de l’été 2015. Ce n’est pas son but. En fait, il n’a qu’un objectif pur et simple : divertir son public comme un bon vieux long-métrage des années 80. Car c’est dans cette logique que ce long-métrage développe son univers, une ficelle à la fois, avec une histoire assez «classique» axée sur un adolescent apprenant ce que cela veut dire d’être «adulte». À cela, nous pouvons ajouter un peu d’Air Force One ou de Cliffhanger et nous avons le scénario de Big Game.

Sauf que cette fois-ci, ce n’est pas «l’Amérique» qui sauve le monde, mais bien le monde qui sauve «l’Amérique» par le biais du jeune garçon interprété par Onni Tommila. Cela apporte une dynamique intéressante à l’oeuvre, puisque pour une fois, c’est un enfant qui est responsable d’un adulte (cette version du Président des États-Unis est assez proche de la réalité. Désolé à tous les admirateurs d’Harrison Ford…). Et, il faut se le dire, nous devons attendre une bonne heure avant que l’action débute réellement, le récit préférant se concentrer sur la relation entre nos deux protagonistes.

Et puisque Big Game se focalise sur ces deux personnages, il ne faut pas s’attendre à visionner un long-métrage rempli d’action pendant 90 minutes. De toute façon, Jalmari Helander n’a pas les moyens d’y parvenir et préfère y concentrer son argent sur le dernier tiers, qui n’est qu’une longue course-poursuite. Cette dernière ne décevra pas les fanatiques d’action, créant plusieurs moments dignes des meilleurs films d’action des années 80. On pourra même y remarquer quelques clins d’œil ben sentis à des films comme Die Hard 2 ou Rambo 3.

Mais attention, ce n’est pas parce que les deux premiers tiers de Big Game sont dénudés d’action que cela ne fait un long-métrage ennuyeux. Au contraire! Helander est parvenu à créer plusieurs marquantes et divertissantes, comme lorsque le jeune Oskari «tue» un tronc d’arbre et lui «mange» le cœur, et ce avec une certaine violence sonore, ou comme la première rencontre entre nos deux protagonistes. De plus, il nous faut noter la direction photo de Mika Orasmaa (Iron Sky) qui s’agence parfaitement avec les décors naturels de l’oeuvre (Big Game étant tourné dans les montagnes d’Allemagne.) et la trame sonore de Juri Seppä (Rare Exports) et de Miska Seppä (Rare Exports). Ces derniers ont eu la brillante idée de concevoir une trame sonore «à l’ancienne» préférant l’utilisation d’instruments réels, en évitant tout ce qui est électronique dans la mesure du possible. Cela a pour effet s’accentuer le côté «rétro» de Big Game et de rendre les péripéties de nos héros un peu plus épiques.

Dans les rôles-titres, Samuel L. Jackson (Snakes on a Plane) et Onni Tommila (Rare Exports) offrent des prestations formidables et ont une chimie incroyable. Le premier comprend à la perfection la nature du film et évite de tomber dans le ridicule tandis que le second est littéralement parfait. Onni Tommila est l’un des jeunes acteurs avec le plus de talent qu’il ait été donné de voir depuis de nombreuses années. Mais attention, même si Big Game est un long-métrage au concept assez osé et même si nous avons un Samuel L. Jackson en grande forme, il ne faut pas s’attendre à le voir citer quelques répliques célèbres, puisque nous sommes avant tout dans un divertissement tous publics. En guise de consolation, nous avons le droit à un célèbre «motherfucker», marque de commerce célèbre de l’acteur, qui est malheureusement censuré par le bruit d’une arme à feu.

Les antagonistes de service sont interprétés par Ray Stevenson (Punisher : War Zone) et par Mehmet Kurtulus (Equilibrum). Ces derniers font du bon boulot sans plus. Néanmoins, nous pouvons ressentir une certaine déception dans les présences de Ted Levine (Monk), Jim Broadbent (Cloud Atlas), Felicity Huffman (Desperate Housewives) et Victor Garber (Argo), qui ne sont présents que pour leurs cachets…

Big Game n’est pas le film de l’été, son scénario n’est pas assez fort pour prétendre à ce titre et il souffre de certaines limitations techniques non mentionnées dans cette critique. Néanmoins, Big Game offre le meilleur divertissement de l’été 2015 dans un concept simple qui saura rejoindre les petits et les grands dans un long-métrage familial qui est parfait introduire un jeune adolescent au monde l’action (avant de l’amener dans des classiques comme Rambo, Die Hard ou The Raid…).


Réalisation : Jalmari Helander

Scénario : Jalmari Helander

Avec : Onni Tommila, Samuel L. Jackson, Ray Stevenson, Ted Levine, Jim Broadbent, Felicity Huffman, Victor Garber, Jaymes Butler

A propos de Michaël Michaud 568 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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