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Paradis du cinéma d'action

Black November (2012)

Résumé : Une communauté nigérienne démarre une guerre contre une corporation pétrolière afin de protéger leurs terres de la destruction.

Critique : 

Il était une fois Black Gold un long-métrage conçu en 2011, avec dans les rôles titres Billy Zane (Titanic), Tom Sizemore (Heat), Eric Roberts (The Expendables) et Michael Madsen (Reservoir Dogs). Mais, pour quelques raisons, le réalisateur de ce long-métrage, Jeta Amata, décida de «détruire» près de 60% de son propre film, et de recommencer à zéro (ou presque) son projet, avec un nouveau casting composé de vedettes hollywoodiennes. Après trois années de purgatoire où le film n’était pas distribué en Amérique (Et dans le reste du monde??), le résultat final de ce tournage chaotique débarque enfin dans les bacs à DVD québécois sous un nouveau nom : Black November.

Black November représente un paradoxe existentiel. Alors qu’il n’était encore Black Gold, il n’était qu’un micro-projet de quelques centaines de dollars dénonçant la récolte du pétrole au Nigéria. Mais lorsque survint le changement de cap et de casting, Black Gold devint Black November, un long-métrage au budget de 22 millions de dollars, en partie financé par un baron du pétrole nigérien (Selon quelques recherches sur internet.), qui dénonce toujours la récolte de ce dit pétrole. Et en toute franchise, il est impossible de distinguer les portions de Black Gold dans Black November. Les deux long-métrages se fusionnent parfaitement, malgré la différence de budget et de casting.

Pour raconter son récit, Amata centre l’intrigue sur un personnage, Ebiere Perema (Mbong Amata) une jeune femme qui, après un séjour dans une université américaine, commandité par une compagnie pétrolière, revient dans son pays et dirige, malgré-elle, la résistance de son peuple, qui lutte contre son propre gouvernement et cette multinationale. Et ce personnage, nous le suivons durant la majorité de sa vie, depuis le moment de sa naissance, ce qui donne à Black November des airs de documentaire. Un documentaire qui est en fait un flashback, puisque la grande majorité du long-métrage est en fait un récit raconté par des «terroristes» tenant en otage un groupe de personnes dans un tunnel. Cela a le mérite d’apporter une certaine diversité à la structure narrative traditionnelle qu’emprunte un bon nombre de longs-métrages.

Par-contre, cette façon de nous raconter l’intrigue force le scénario à se diluer, à sous-développer ses personnages et à se disperser dans certains éléments futiles du périple de Perema que nous aimerions grandement sauter. Mais, dans l’ensemble, Black November parvient à garder le spectateur impliqué dans son contenu et à le divertir, avec un propos fort intéressant, puissant et éducatif, dénonçant la façon dont les occidentaux et les puissants de ce monde traitent l’Afrique et ses habitants. Ce même propos pourrait être mal perçu par des êtres radicaux ou fermés d’esprit, ces derniers pouvant penser que Black November adopte un ton moralisateur, tout en légitimant le terroriste et en diabolisant les États-Unis, mais c’est le risque à prendre en voulant forcer la note revendicatrice. Mais personnellement, ce fut un risque qui ne m’a aucunement dérangé.

À la réalisation, Jeta Amata fait un bon travail dans son premier projet «occidental». Nous pouvons dénoter un certain talent derrière la caméra de ce réalisateur, lui qui offre un spectacle à grand déploiement, malgré le budget serré qu’il avait à sa disposition. Un budget si serré qu’il n’y avait plus d’argent pour les effets spéciaux par-ordinateur qui sont hideux et (heureusement) rares. En fait, Amata n’a qu’un seul grand défaut : il nous offre des plans de caméra qui sont parfois originaux et étranges à regarder. Et, n’aidant pas la cause de son réalisateur, Black November souffre également d’un montage parfois juste et d’une trame sonore puissante et émotive, mais qui ne cadre pas toujours avec l’intrigue et la réalisation du film.

Le casting de Black November est assez étrange et peu orthodoxe, à l’image de sa production saccadée. Dans le rôle principal, nous avons Mbong Amata qui offre une bonne performance, remplie de nuances et d’émotions, apportant ainsi le carburant (Sans jeu de mots) nécessaire à l’avancement de ce long-métrage. Hakeem Kae-Kazim (Black Sails) lui donne la réplique en interprétant un militant armé voulant aider le sort de son peuple avec une certaine justesse. Mickey Rourke (Iron Man 2) offre une prestation bipolaire : à un moment j’étais transporté par son jeu d’acteur et à un autre moment, ses yeux semblaient lire un texte maladroitement placé devant lui. Sarah Wayne Callies (The Walking Dead) interprète de façon assez fade une journaliste de terrain. Personnellement, je n’ai jamais apprécié cette actrice, mais il me faut admettre qu’elle parvient à avoir quelques bons moments à l’écran.

Pour parler rapidement du restant des acteurs connus, qui ont tous des caméos, Kim Basinger (Batman) traverse l’écran pendant quelques minutes, dispersées sur l’entièreté du récit. Elle est agréable à regarder, même si le scénario semble avoir des difficultés à justifier sa présence. À titre informatif, Kim Basinger retrouve ici son compagnon de jeu de Nine 1/2 Weeks (Le «Fifty Shades of Grey» des années 80), Mickey Rourke, mais il n’y a pas beaucoup d’interactions entre les deux acteurs, même lorsqu’ils sont dans la même scène. Vivica A. Fox (Independence Day) est à l’écran pour deux ou trois minutes et elle passe la moitié du temps à faire «non» de la tête dans le dénouement final du récit. Anne Heche (Volcano) traverse l’écran pour quelques secondes et il est possible de rater sa présence avec quelques éternuements bien placés. Il faut également noter que certains acteurs secondaires et figurants offrent des mauvaises performances, qui sont plus liées au manque d’expérience/amateurisme qu’au manque de talents des êtres concernés. C’est un petit défaut anodin qui apporte un certain charme à Black November.

Black November ne fait pas partie du genre de films qui débarque habituellement en DVD. Malgré quelques défauts structurels, ce long-métrage aurait bénéficié d’une sortie en salles. Il a un propos à dire et il le fait avec conviction forçant même le spectateur à réfléchir sur la situation que vivent les habitants de l’Afrique et sur les événements d’actualité qui peuplent actuellement le Québec, puisque l’on peut faire un certain parallèle entre les propos de ce film et le projet l’oléoduc qui risque de traverser le Québec et qui a menacé de causer l’extermination des bélugas dans notre Fleuve Saint-Laurent, sans oublier l’exploitation possible du pétrole en Gaspésie. Black November est un long-métrage assez divertissant qui s’est révélé être une surprise en ce qui me concerne…

3.25/5


Réalisation : Jeta Amata

Scénario : Jeta Amata

Avec : Mbong Amata, Hakeem Kae-Kazim, Enyinna Nwigwe, Mickey Rourke, Sarah Wayne Callies, Ivar Brogger, Kim Basinger, Vivica A. Fox, Akon, William Goldman, Anne Heche

Black November (2012)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Divertissement
3.1

En conclusion

Black November est un petit film avec un grand message à nous offrir. Ayez l’esprit ouvert et vous pourriez être surpris..

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