Bleach (2018)

Résumé : Ichigo Kurosaki est un adolescent pouvant voir des fantômes, un talent qui lui permet de rencontrer Rukia Kuchiki, une femme dont la mission est secourir les âmes des défunts. Quand Rukia est gravement blessée en défendant Ichigo et sa famille face à un Hollow qu’elle poursuit, elle transfère ses pouvoirs à Ichigo pour qu’il puisse se battre à sa place. Mais Ichigo se retrouve sans le savoir dans une lutte au-delà de son imagination…

Critique : 

Plus tôt cette année, Netflix s’est lancé dans la distribution d’adaptation de manga avec Fullmetal Alchemist. Le film japonais fut assez apprécié de notre part (avis ici) mais, au yeux de plusieurs amateurs, le divertissement ne rendait pas justice au matériel d’origine. Jusqu’à ce jour, Bleach ne souffre pas du même problème alors que les critiques et les amateurs semblent être d’abord sur la qualité du divertissement, qui fut d’ailleurs présenté plus tôt cette année lors du festival Fantasia de Montréal.

Ichigo Kurosaki vit une existence à la fois paisible et mouvementée. Toujours endeuillé par la mort mystérieuse de sa mère, Ichigo passe son temps sur les bancs d’école, tout en aidant quelques esprits dont il est le seul humain à pouvoir communiquer avec eux. Un soir, une fille mystérieuse débarque dans sa chambre afin de permettre à une âme de reposer en paix. Ichigo n’a pas le temps de diriger sa surprise car sa maison est attaquée par un Hollow; un monstre fantomatique cherchant à dévorer les âmes des êtres vivants et morts. La fille mystérieuse peine à défendre Ichigo. Sérieusement blessée, elle n’a d’autre choix que de transmettre ses pouvoirs à Ichigo, le transformant en faucheur d’âmes…

Bleach fut à la base une série de 74 mangas. Des livres qui connurent une adaptation télévisuelle de 16 saisons et 366 épisodes (sans oublier des produits et films divers…). Cette nouvelle version de Bleach a débarqué cet été au Japon où elle a connu un succès assez mitigé avec près de 4 millions de dollars au box office. Fraîchement arrivé sur Netflix, Bleach est plus intéressant que l’on pourrait penser. Au moins, dans les yeux d’un cinéphile qui n’a jamais touché à l’épopée de l’icône asiatique.

Le long-métrage parvient d’expliquer son matériel d’origine pour permettre à tous les publics d’adhérer à son univers d;es les premiers instants. D’une durée relativement parfaite, Bleach suit le moule typique du film d’origine sur son héros qui doit se transformer en un guerrier redoutable d’ici le générique de fin. Et pourtant le début du divertissement fait extrêmement peur. Durant les premières minutes, nous avons l’impression que vous allons assister à un navet de la pire espèce. Les personnages nous sont introduits avec des cartes explicatives, l’humour y est douteux et la musique irrite les oreilles. Au fil de l’aventure, Bleach reprend de ses forces et devient une adaptation intéressante malgré quelques dialogues quelconques; comme lorsqu’un personnage affirme que l’énergie Ichigo lui permet de lui faire grossir son épée. Une citation corrosive si on la sort de son contexte.

Bleach se concentre sur la relation entre Ichigo et Rukia, la fille mystérieuse qui chambardera sa vie. Plus spécialement sur la relation entre les deux êtres et sur la demoiselle qui doit entraîner Ichigo pour le préparer à un éventuel affrontement face à un ennemi redoutable. Entre deux montages d’entraînement, le film parvient à développer ses personnages ainsi que la vie familiale d’Ichigo, qui est constituée par des membres toujours affectés par la mort soudaine de la matriarche du groupe. Le deuxième tiers du film souffre un peu de cette formule et certains personnages disparaissent durant cette section. Mais dès que le chaos et la destruction débarquent pour le climax final, nous pardonnons rapidement à Bleach d’avoir traité un peu de la patte durant une trentaine de minutes.

Sur le plan technique, nous pouvons sentir ce qui rend Bleach si populaire. Le long-métrage comprend des séquences d’action très intéressantes. Avec des effets spéciaux hollywoodiens, Shinsuke Sato (Gantz) parvient à créer des moments mémorables, surtout lorsque le récit propose des affrontements entre des êtres de chair et d’os. Lorsqu’un Hollow est nécessaire, Bleach n’a aucun problème à mettre en scène ces créatures, quitte à jouer avec le montage pour camoufler certaines faiblesses. La direction photographie est également fort sympathique avec une coloration remarquable.

Hélas, comme ce fut vaguement mentionné ci-haut, la trame sonore du long-métrage est irritante et discutable. Bleach tente d’être « cool » et nous bombarde constamment de musique rock et pop, même lorsque ce n’est pas approprié, comme durant la séquence d’action finale. Un choix discutable qui mise certainement à plaire à un jeune public. Dans le rôle-titre, Sota Fukushi (Kamen Rider) est convainquant en plus d’être efficace durant les scènes d’action. Pour lui donner la réplique, Hana Sugisaki est néanmoins fort supérieure. La jeune actrice étant exemplaire dans son rôle de soutien.

Bleach ne respecte peut-être pas totalement son matériel d’origine. Mais le long-métrage est un bon divertissement qui peut être une bonne porte d’entrée pour découvrir la sensation japonaise. Un film qui mérite d’être visionné, aussi rapidement que possible.


Réalisation : Shinsuke Sato

Scénario : Shinsuke Sato, Daisuke Habara

Avec : Sota Fukushi, Hana Sugisaki, Ryo Yoshizawa, Erina Mano, Yu Koyanagi, Taichi Saotome, Miyavi

A propos de Michaël Michaud 510 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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