Breaking In (2018)

Résumé : Une femme se bat pour protéger ses enfants durant une invasion à domicile.

Critique : 

Plus tôt cette année, Breaking In connut un certain succès au box-office. Le long-métrage centré sur un invasion à domicile fut capable de multiplier par dix son budget. Plutôt que de le visionner sur grand écran, il m’a paru que Breaking In offrirait une expérience bien plus divertissante lors d’un futur visionnement au confort de mon foyer. Maintenant que le divertissement est disponible en DVD depuis une semaine, voici donc sa critique…

Shaun Russell voyage avec ses enfants jusqu’au domicile de son père décédé, afin d’en profiter une dernière fois avant la vente de la maison. Une fois sur place, le groupe y pénètre sans se douter que quatre criminels sont déjà à l’intérieur du bâtiment, afin d’y récupérer le contenu d’une coffre-fort. Rapidement la situation dégénère et Shaun se retrouve à l’extérieur de l’édifice, tandis que ses enfants sont entre les griffes du groupe de cambrioleurs.

Au mieux, Breaking In ne méritait pas une sortie en grande pompe le printemps dernier. Le long-métrage n’est pas mauvais en soi, mais il est à mille lieu d’avoir les reins assez solides pour être un blockbuster hollywoodien. Breaking In a un excellent concept. Le sous-genre cinématographique des invasions à domicile atteint rapidement ses limites, des limites que le divertissement utilise à merveille avec en renversant le genre sur ses épaules. En plaçant les criminels dans la maison, une maison qui est par ailleurs un véritable personnage en soi, et l’héroïne à l’extérieur de cette maison.

Mais au delà de cette prémisse, Breaking In n’a que pour lui sa faible durée. Bien qu’il soit le scénariste de plusieurs blockbusters d’action des dernières années, Ryan Engle (Rampage) est incapable de prendre l’histoire initiale de Jaime Primak Sullivan et de créer un véritable divertissement. Plutôt que d’offrir un spectacle palpitant avec assez de tension pour se ronger les ongles, Engle se contente de recycler les pires clichés que l’on retrouve dans les téléfilms et les DTV ayant une prémisse similaire. Le tout se vit comme une longue pente descendante qui fait paraître le long-métrage bien plus long et ennuyeux qu’il ne l’est réellement.

Et, les personnages en eux-mêmes n’aident pas à faire passer la pilule. Breaking In a malheureusement des criminels qui sont dans l’ensemble plus ridicules que ceux d’Home Alone (pas le film original, mais bien Home Alone 3 ou 4…). La famille est tout aussi ennuyeuse, avec aucun développement ou intérêt. Pire encore, la famille réussit même l’exploit d’agrandir son nombre de membres en cours de route, lorsque les criminels manquent d’otages… Le fait que Breaking In soit destiné à un public jeune nuit également à rendre tout ce petit groupe crédible et divertissant, notamment lorsqu’on les entend pousser des jurons dignes des Looney Toons, en version originale.

Ce classement endommage aussi la réalisation de James McTeigue (V for Vendetta). Le cinéaste tente définitivement de faire quelque chose de génial et de plus sanglant. On peut sentir à quelques occasions les appels du réalisateur pour introduire des moments violents qui n’arriveront jamais. En échange, nous devons nous contenter de ce que McTeigue peut nous offrir. Heureusement, cela n’est pas mauvais en soi, avec plusieurs moments de tension efficaces, à défaut d’être jouissifs et remplis en hémoglobine.

Pour sa part, la distribution de Breaking In est composée de pommes mures et pourries. Gabrielle Union (Bad Boys 2) se situe définitivement dans une zone à part, avec une performance solide sa part. De la première à la dernière minute, elle est tout simplement parfaite en tant que mère désespérée. Face à elle, Billy Burke (Drive Angry) n’est pas mauvais en soi. Il n’a simplement la même énergie que sa co-vedette. Le reste de son groupe de bandits se compose essentiellement d’interprètes peu connus au talent limité et des jeux d’acteurs tout simplement mauvais. Notons néanmoins que Jason George (Grey’s Anatomy) a un petit rôle secondaire dans ce long-métrage.

Breaking In avait le potentiel d’être l’un des bons divertissements de 2018. À la place, nous avons un produit si générique qu’il mériterait de faire partie des films que l’on voit l’après-midi à la télévision. Car, s’il ne peut être remarquable, il peut définitivement servir de bruit de fond à nos salons.


Réalisation : James McTeigue

Scénario : Ryan Engle, Jaime Primak Sullivan

Avec : Gabrielle Union, Billy Burke, Richard Cabral, Ajiona Alexus, Levi Meaden, Seth Carr, Mark Furze, Jason George, Christa Miller, Damien Leake

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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