Captain America: Civil War (2016)

Captain America: Civil War joue d’audace et tente de briser le moule créé par Marvel avec une intrigue où s’oppose ses deux personnages phares…

Critique

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Résumé : Alors que Steve Rogers mène la nouvelle équipe des Avengers, un incident qui les impliquent cause des dommages collatéraux forçant l’instauration d’une nouvelle politique afin de ficher les personnes aux capacités extraordinaires et de joindre les Avengers à une tête dirigeante gouvernementale. Ce nouveau statu quo fracture les Avengers en deux camps, un mené par Steve Rogers avec son désir de défendre l’humanité sans l’intervention du gouvernement, et l’autre mené par Tony Stark, qui supporte pleinement les actions de ce gouvernement.

Critique : 

Après des mois d’attentes, les gros bras de Marvel sont de retour avec Captain America: Civil War, qui promettait un affrontement ultime entre Captain America et Iron Man, un affrontement qui allait changer l’univers cinématographique de Marvel pour les années à venir. Malheureusement, il restait une étape à franchir, celle de l’accueil du public et de la critique qui attendaient ce long-métrage avec une brique et un fanal, une hostilité créée par l’échec relatif avec Batman V Superman: Dawn of Justice

1991, Hydra active Bucky Barnes, le Soldat de l’Hiver, afin qu’il mène une mission top secrète servant à voler le contenu du coffre d’une voiture. Aujourd’hui, Steve Rogers et ses Avengers mènent la chasse à l’homme pour capturer Crossbones. Malheureusement, durant l’opération en sol africain pour l’arrestation de ce dernier, les Avengers perdent légèrement le contrôle de la situation et tuent accidentellement une délégation du Wakanda. Ne voulant plus de morts collatérales de la part des Avenvers, une bonne centaine de pays décident de rédiger un traité obligeant tous les êtres «sur-évolués» de la planète à s’enregistrer et à voir une limitation de leurs libertés d’action, un traité que peu d’Avengers approuvent. Par-contre, Rogers sera mis devant le fait accompli lorsqu’un attentat terroriste perpétré par Barnes empêche la cérémonie officialisant cette nouvelle législation et qu’un certain Helmut Zemo tente d’acquérir les vestiges de l’opération menée en 1991 par Barnes…

Par un miracle encore inexpliqué, nous avons ici une nouvelle réussite pour les studios Marvel. C’est un miracle pour la simple et bonne raison que nous avons ici entre les mains un casting plus imposant que lors du précédant Avengers, un casting qui inclut même Black Panther et Spider-Man. Mais avant de vous parler d’eux, il nous faut entrer dans le vif du sujet en parlant du fait que nous avons un long-métrage basé sur la division de vos héros préférés, une division que l’on pourrait comparer, jusqu’à un certain point, à une tragédie grecque. Oui car pour la première fois, nous n’assistons pas à une confrontation entre le bien et le mal, mais à une guerre entre deux forces du bien, entre deux compagnons d’armes, entre deux frères.

Et sur ce point, Captain America: Civil War ne se trompe jamais en nous livrant deux points de vue qui s’opposent sur différents sujets, tant sur le plan des libertés que sur la gestion de la crise impliquant Bucky Barnes. Et pour autant, les deux points de vue s’équivalent avec chacun des partis qui utilisent parfois des prises de positions radicales que l’on désaprouve, ce qui permet aux spectateurs de supporter, en alternance, Captain America et Iron Man. Pourtant, le principal moteur scénaristique du long-métrage se trouve dans les erreurs du passé, un thème récurrent qui apportera son lot de complications pour les vies de nos deux héros. Puisque tant les morts du passé (Les nombreuses victimes collatérales des précédentes productions de Marvel.)  que les morts du présent (L’attentat terroriste touchant la signature du fameux traité.) viendront hanter nos héros.

Malheureusement, cela vient avec un certain coût puisque même avec une campagne publicitaire agressive qui ne dévoile aucune surprise scénaristique, il reste que Captain America: Civil War est assez prévisible dans sa forme. Après une bonne quinzaine de minutes, nous pouvons facilement deviner les rebondissements futurs que le long-métrage utilisera pour relancer son intrigue ou pour surprendre le spectateur. Ce qui nous amène accessoirement à vous parler de l’arrivée de Black Panther et de Spider-Man dans l’univers cinématographique de Marvel. D’un côté, nous avons le célèbre héros africain qui arrive relativement rapidement dans Captain America: Civil War, un long-métrage qui propose un tremplin spectaculaire pour ce personnage qui a une formidable présence à l’écran. Pour sa part, Spider-Man a également une bonne présence, apportant avec lui un humour nécessaire dans ce qui est le plus sombre des longs-métrages du studio Marvel. Malheureusement son entrée en scène et sa sortie de l’intrigue semblent forcées, nous donnant vaguement l’impression d’assister à une présence imposée, plutôt qu’à une présence naturelle du personnage. Même chose pour le personnage d’Helmut Zemo qui est en demie teinte. Car si sa présence était nécessaire au récit, l’utilité de sa présence reste discutable. Au même titre que la présence de Bane dans Batman & Robin, nous avons ici un personnage qui n’est utilisé que pour son nom, et non pour son identité véritable, surtout que Zemo aurait pu facilement être remplacé par n’importe personnage de moindre importance dans la galerie des vilains de Captain America.

Sur le plan technique, les frères Russo livrent à nouveau la marchandise avec une réalisation spectaculaire qui brise les frontières du cinéma hollywoodien, notamment grâce à des scènes d’action merveilleuses, comme la scène de l’aéroport qui restera dans les anales comme étant la meilleure séquence d’action, à ce jour, dans le monde des supers-héros au cinéma. De plus, les deux hommes ont réussi à rendre crédible le personnage du Falcon et à le rendre aussi puissant, en théorie, que Captain America, car après-tout Falcon n’est qu’un homme doté d’un jet-pack muni d’ailes, et à rendre le fait que des hommes peuvent courir plus rapidement que des voitures sur l’autoroute, sans que cela dégénère en un moment ringard ou rempli d’effets spéciaux. Et lors des moments plus calmes, des deux hommes triomphent avec une caméra puissante qui est capable d’exprimer des émotions au spectateur, comme lors de la séquence finale qui joue habilement entre l’ambiance glaciale de la Sibérie, la froideur d’un complexe militaire abandonné et les désastres intérieurs que vivent les personnages.

Par-contre, dans leur démarche, les deux réalisateurs seront grandement aidés par des effets spéciaux qui repoussent à nouveau l’impossible (Ceux qui suivent la télé-série Legends of Tomorrow auront un vilain plaisir à comparer un combat avec The Atom et celui impliquant Ant-Man dans la séquence de l’aéroport…) avec une maîtrise technique plus que parfaite, qui se compare même à celle de The Jungle Book, autre long-métrage sorti plus tôt cette année. Le seul pépin technique réside dans la trame musicale d’Henry Jackman (Kick-Ass), qui est certes magnifique et remplie d’émotions et de moments forts, mais qui ressemble parfois à un vague mélange de bruits assourdissants qu’un gamin aurait maladroitement joué sur le clavier qu’il a reçu à Noël. Ce qui est plutôt surprenant si l’on tient compte de la grosseur de la production qu’est Captain America: Civil War.

Au niveau du casting, tout acteurs vétérans de cet univers cinématographique nous livre de formidables performances, surtout Robert Downey Jr. (Sherlock Holmes) qui n’a jamais été aussi spectaculaire dans le rôle de Tony Stark / Iron Man. Pour ce qui est des nouveaux venus, nous avons aussi le droit à du sans fautes. Chadwick Boseman (42) impressionne dans le rôle de Black Panther, parvenant à capter la stature nécessaire à ce personnage. Dans le rôle de Spider-Man, Tom Holland (In the Heart of the Sea) offre jusqu’ici la meilleure adaptation cinématographique de l’homme-araignée, avec une interprétation parfaite du célèbre personnage de Marvel. Même Daniel Brühl (Rush) nous propose une performance impeccable, malgré le rôle assez discutable qu’il avait entre les mains…

Il ne faut pas douter de Captain America: Civil War qui est une nouvelle réussie cinématographique pour Marvel qui nous livre ici, pour la première fois, une véritable adaptation de l’univers Marvel, avec des personnages qui semblent vivre dans un univers cohérent. Ils ne sont plus que des éléments obligatoires pour constituer les Avengers ou pour des projets futurs du studio, ils sont maintenant les membres d’une large famille qui ne font plus que réagir à l’ennemi, mais qui doivent maintenant être confrontés à des drames familiaux qui peuvent briser leur unité…


Réalisation : Anthony Russo, Joe Russo

Scénario : Christopher Markus, Stephen McFeely

Avec : Chris Evans, Robert Downey Jr., Scarlett Johansson, Elizabeth Olsen, Anthony Mackie, Sebastian Stan, Jeremy Renner, Daniel Brühl, Don Cheadle, William Hurt, Chadwick Boseman, Paul Rudd, Paul Bettany, Martin Freeman, Tom Holland, Emily VanCamp, Frank Grillo

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