China Salesman (2018)

Résumé : Yan Jian, un jeune ingénieur en informatique chinois se porte volontaire pour se rendre en Afrique du Nord et aider la société pour laquelle il travaille à remporter un concours. Néanmoins, une machination d’une corporation française risque de tout mettre en péril.

Critique : 

Après le succès récent d’Attrition, l’arrivée de China Salesman sur diverses plateformes de streaming en sol canadien nous offrait une excuse parfaite. Une excuse pour critiquer un long-métrage qui ne nous intéresse aucunement. Sauf pour un éventuel duel entre les vedettes Mike Tyson et Steven Seagal; un duel qui sert d’introduction à un horrible divertissement…

Un jeune représentant d’une compagnie de télécommunication chinoise tente d’obtenir un contrat pour implanter un réseau de téléphonie en Afrique. Coincé dans une guerre civile, il devra échapper à une compagnie rivale qui tente de le battre à une éventuelle enchère. Cependant, une machination pour voler des ressources naturelles, tout en échappant à un mercenaire et à un guerrier tribal à ses trousses.

China Salesman est le meilleur film centré sur une enchère en télécommunication de la planète. C’est une marque pas si difficile à atteindre et le long-métrage réussit amplement à créer une histoire centrée sur ce concept. Cela ne veut pas dire que nous avons ici un film intéressant. China Salesman est un cas de propagande chinoise peu camouflée, où les blancs sont tous méchants, les Africains sont stupides et les Chinois sont là pour sauver la planète.

Le film d’action débute par une séquence où un tenancier de bar tente de faire boire de l’urine à l’un de ses clients. Par la suite, le divertissement descend en qualité. Entre une course contre la montre pour réparer des tours cellulaires et une romance écrite par un enfant qui s’amuse avec une Barbie, China Salesman est le genre de divertissement qui prétend que l’on peut arrêter une guerre civile à la simple vue du drapeau chinois.

Le long-métrage tente de faire un film épique avec un scénario ayant les qualités intellectuelles de The Room ou Birdemic. Il n’y a rien à dire de plus. Les dialogues sont horriblement écrits alors que le tout met en scène un enchaînement de séquences surréalistes et bruyantes. Rien n’a de sens… On dirait que le tout est conçu pour captiver l’attention de son spectateur en le bombardant de stimulus sonores; c’est-à-dire des explosions et des personnages qui crient sans aucune raison. Et le pire, c’est que le divertissement atteint cet objectif, puisque bien qu’on s’emmerde à mourir lorsque deux tourteaux parlent des effets bénéfiques des tempêtes de sable sur la télécommunication, on reste constamment fixé à notre écran.

Sur le plan technique, China Salesman a de l’ambition. Heureusement, il a des moyens importants pour réaliser certaines de ses ambitions. Car le reste du temps, les scènes d’action se couvrent de ridicule, avec aucun sens de la géographie et peu de logique. Entre un faux hommage à Rambo 3 et un duel raté entre Tyson et Seagal, il n’y a rien à se mettre sous la dent. Le cinéaste Tan Bing alterne entre des effets spéciaux médiocres à la sauce chinoise et des plans si accélérés que nous avons l’impression de retourner un siècle en arrière. Le montage est tout aussi spectaculaire, alors qu’il vient bousiller plusieurs séquences moindrement prometteuses du divertissement.

China Salesman est tout aussi médiocre sur le plan des acteurs. Dong-xue Li (1911) est un acteur compétant, mais qui est incapable de s’exprimer en anglais sans avoir l’accent et la monotonie du traducteur de Google. Janicke Askevold (Les dents, le pipi et au lit!) est tout aussi horrible alors que la mannequin n’a aucun talent et semble avoir beaucoup de difficulté à livrer ses dialogues. L’acteur français Clovis Fouin est le seul membre de la distribution principale qui livre la marchandise, bien que le scénario ne lui offre rien pour créer un antagoniste notable. Évidemment, Mike Tyson (Ip Man 3) et Steven Seagal (Under Siege) sont de la partie. Pas aussi souvent que l’on souhaiterait. Et les deux hommes sont atroces dans leurs rôles respectifs. Spécialement, Tyson dont le rôle est crucial et il ne peut lui rendre justice avec ses talents d’acteur limité.

Plus intéressé à nous enseigner une leçon sur la grandeur de la Chine et de ses habitants, China Salesman se perd sur les vastes plaines d’Afrique. Oui, il est possible de tirer quelques moments intéressants de l’oeuvre, mais l’ensemble est archaïque et décousu, de la première à la dernière minute. China Salesman sera certainement l’un des pires navets de 2018.


Réalisation : Tan Bing

Scénario : Tan Bing, Scott Salter

Avec : Dong-xue Li, Janicke Askevold, Clovis Fouin, Mike Tyson, Steven Seagal, Eriq Ebouaney

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.