Agents of S.H.I.E.L.D. – Saison 3 (2015-2016)

Résumé : Six mois après la dispersion de Terrigen dans l’atmosphère terrestre, Coulson et son équipe du S.H.I.E.L.D. tentent par tous les moyens de protéger la race humaine des êtres sur-doués menaçant la population, sans se douter qu’Hydra planifie avec minutie son nouveau plan machiavélique.

Critique : 

Attention, avant de lire cette critique, vous devez savoir que les paragraphes qui suivent vont dévoiler plusieurs détails croustillants de l’intrigue de la troisième saison de cette série télévisée en plus de dévoiler quelques éléments de la troisième saison d’Agents of S.H.I.E.L.D. (Que nous allons appeler à partir de AoS pour économiser légèrement mes touches de clavier…), des éléments couvrant en majeure partie la première moitié de cette saison. Maintenant que vous êtes avertis, parlons de la saison trois d’AoS!!

Coulson est son équipe en ont plein les bras. Tandis que les membres du S.H.I.E.L.D. ne sont plus les mêmes depuis les événements qui ont mené à la disparition de Simmons et à l’attaque sauvage et brutale de Bobbi par le renégat Grant Ward. Néanmoins ils seront trop occupés à contrôler la nouvelle vague d’Inhumains qui peuplent la tête et qui sont la cible d’un mystérieux monstre nommé Lash pour se rendre compte que Ward est à leurs trousses dans sa quête de revanche et de reconstruction d’Hydra. Néanmoins, le regroupement nazi n’est pas mort, et avec un dirigeant planétaire à sa tête, il surveille patiemment le retour le Simmons, coincée sur une planète extraterrestre en compagnie d’un mal puissant, immortel et Inhumain…

Si la saison dernière d’AoS nous avait permis de noter une amélioration notable au niveau de la qualité, la troisième saison de la populaire série américaine avait la lourde tâche de continuer sur cette lancée et de nous prouver qu’elle avait sa place dans l’échiquier télévisuel. Au premier coup d’œil, nous pouvons penser que la série échoue lamentablement à cette tâche. Après-tout, la série vogue allègrement sous les trois millions de téléspectateurs aux États-Unis (En comparaison, la série obtient des audiences similaires au Canada, un pays neuf fois plus petit en terme de population, si on compare le Canada avec les USA…), ce qui est peu pour une chaîne de télévision populaire comme ABC. Et pourtant, au même titre qu’Hannibal et Fringe, AoS est en train de devenir un classique «oublié et non-visionné» de la télévision américaine…

En effet, en se servant les Inhumains comme d’un tremplin, la série continue de peaufiner sa trame narrative forte et profite de cet élément nouveau pour introduire dans ses scénarios des thèmes nous rappelant grandement notre époque actuelle, teintée de racisme et de discrimination. Cela permet également à la série qu’acquérir une maturité qu’elle m’avait pas dans les saisons précédentes, une maturité qui lui permet enfin de ne plus être le vilain petit canard de l’univers Marvel, en cessant de suivre à la trace les films mettant en vedette les héros de ses bandes-dessinées.

Il faut dire que cette saison, AoS comptait sur une poignée d’antagonistes assez intéressants. La première moitié de saison s’est surtout concentrée sur le combat entre le retour de l’agent Ward, aujourd’hui le dirigeant de ce qui semble être Hydra, et le combat contre Gideon Malick (Powers Booth, vu précédemment dans le premier Avengers), l’homme qui est réellement la nouvelle tête dirigeante d’Hydra. Mais en parallèle, Coulson et son équipe doivent également rivaliser l’ATCU (Une agence gouvernementale créée pour traquer et contrôler les Inhumains…) et avec Lash, un mystérieux Inhumain cherchant, à première vue, à tuer tous les Inhumains de la planète. Certes cela peut semble être beaucoup de matière à traiter en dix épisodes, mais AoS est parvenue à focaliser ses efforts pour créer une intrigue dense et cohérente alors que chaque fil scénaristique est comparable aux filaments d’un tricot de laine qui s’entrecroisent pour former des mailles solides et durables.

Et pourtant, au milieu de ce condensé scénaristique, la série a tout de même le temps de prendre une pause pour développer ses personnages, notamment avec le cinquième épisode de la saison qui raconte en exclusivité le voyage de Gemma Simmons sur une planète extraterrestre peuplée par un mal terrifiant. Bien que ce ne fut pas notre épisode préféré de la saison (Loin de là…), il nous faut souligner ce moment qui est clairement un point marquant de la série, tant sur le plan visuel que sur le plan du personnage de Gemma qui vit une expérience terrifiante sur une planète désertique. D’ailleurs, la construction des personnages principaux est clairement un point fort de cette saison, un point où nous avons vu une réelle amélioration en comparaison avec les saisons passées. Pour la première fois, nous avons réellement l’impression que ce groupe de personnages constitue une véritable famille alors que leurs relations sont plus fluides et organiques que jamais. Ce qui est d’autant plus important que lorsque l’un des personnages meurt ou quitte la série (Sans spoiler, il nous faut vous dire que près de la moitié du casting principal de la série quitte durant cette saison…), nous avons immédiatement envie de pleurer à chaudes larmes, puisque les spectateurs égoïstes que nous sommes ne veulent pas que cette dynamique de groupe change…

Mais revenons à la trame narrative de la saison qui change drastique durant la seconde moitié de saison. En effet, après que nous avons vu une panoplie de vilains pour les premiers épisodes, AoS change drastiquement son fusil d’épaule avec l’arrivée de Hive durant le dixième épisode, un méchant qui deviendra l’ennemi principal pour le reste de la saison. Hive fut clairement le méchant dont cette série avait besoin pour terminer cette saison en beauté, un antagoniste qui est le plus redoutable et le plus spectaculaire de la série à ce jour (Malgré ses vêtements dignes de The Matrix…). Hive représente un ennemi qui est impossible à arrêter, un personnage qui, sur le plan théorique, est capable de contrôler tous les Inhumains de la planète en un claquement de doigts. Après-tout, Hive est un immortel que l’on peut facilement comparer à Apocalypse dans l’univers des X-Men et aux vues des avis d’X-Men: Apocalypse, Hive serait un méchant bien plus supérieur. Surtout que sa capacité à contrôler les Inhumains apportera beaucoup d’eau au moulin narratif de la série…

Techniquement, la série continue à être crédible avec des effets spéciaux forts jolis pour la télévision et avec une flopée de réalisateurs qui livrent la marchandise. Cette année, ABC est parvenue à garder un niveau constant de qualité pour toute la saison, avec plusieurs moments forts, comme lorsque certains personnages meurent. Et au niveau des scènes d’action nous avons le droit à des séquences assez impressionnantes, surtout lorsque Kevin Tancharoen (Créateur et réalisateur de Mortal Kombat: Legacy) se trouve derrière la caméra. Pour autant, c’est dans les effets sanglants que la série épate le plus car, pour une série diffusée sur une chaîne publique américaine, AoS propose des scènes qui peuvent choquer certains spectateurs du dimanche habitués à visionner des produits aseptisés comme NCIS ou CSI. Il est trop tard pour dire si la série continuera sur cette voie amorcée par le personnage de Hive, mais nous espérons que cet élément sera de retour l’année prochaine…

Au niveau du casting, les acteurs réguliers de la série épatent cette année, et par cette phrase nous pensons surtout à Iain De Caestecker qui mérite surement une nomination aux Emmy Awards ou aux Golden Globes cette année… Néanmoins, nous avons également une panoplie de nouvelles têtes qui offrent toutes d’excellentes performances. Pour un Matthew Willig (Wild Card) terrifiant en Lash, nous avons un Mark Dacascos (Drive) qui a une solide présence à l’écran ou un John Hannah (The Mummy) qui s’amuse comme un petit fou. Et au niveau des antagonistes principaux, Powers Boothe (Sin City) est parvenu à apporter une véritable profondeur à son personnage de Gideon Malick, le nouveau dirigeant d’Hydra, tout comme l’interprète mystérieux de Hive, qui ne faudrait pas divulguer son identité pour ne rien spoiler de croustillant…

En se libérant des entraves du MCU, sans pour autant renier son affiliation à cet univers, AoS est parvenue à sortir de cet engrenage indemne, plus forte que jamais. Sans blaguer, nous pouvons dire qu’AoS est aujourd’hui l’une des meilleures séries de la télévision américaine. Car si nous avons suivi la première saison par fanatisme envers Marvel et la seconde saison par dévotion récompensée, nous avons visionné par amour pour la série qui offre des moments de joie et de bonheur à chaque semaine. Vivement la quatrième saison qui débutera cet automne…


Créateurs : Maurissa Tancharoen, Jed Whedon, Joss Whedon

Diffusée sur : ABC

Avec : Clark Gregg, Ming-Na Wen, Brett Dalton, Chloe Bennet, Iain De Caestecker, Elizabeth Henstridge, Nick Blood, Adrianne Palicki, Henry Simmons, Luke Mitchell, Constance Zimmer, Juan Pablo Raba, Blair Underwood, Matthew Willig, Powers Boothe, Mark Dacascos, Natalia Cordova-Buckley, Adrian Pasdar, Axle Whitehead, John Hannah

A propos de Michaël Michaud 448 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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