ARQ (2016)

Résumé : Prisonnier d’un laboratoire et coincé dans une boucle temporelle, un couple désorienté tente de repousser des assaillants masqués tout en travaillant sur une source d’énergie pouvant sauver l’humanité.

Critique : 

Netflix continue sur sa lancée et nous offre cette fois-ci un nouveau film à se mettre sous les dents. Avec ARQ, cette plateforme offre la chance à Tony Elliott, le scénariste de la série culte canadienne Orphan Black, la chance de réaliser son premier long-métrage. Il en découle un petit film d’action / science-fiction qui tente de réinventer une formule utilisée de nombreuses fois par Hollywood.

Le beau matin d’un futur apocalyptique, à 6H16, Renton se réveille aux côtés d’une ancienne amoureuse pour découvrir que leur réunion est sabordée par l’arrivée d’un quatuor de criminels venus cambrioler son domicile. Enfermés et ligotés dans une pièce, les deux êtres saisiront de cette opportunité pour riposter et sauver leurs vies. Malheureusement, tout partira rapidement en vrille et Renton sera tué. Néanmoins, Renton se réveillera de nouveau, à 6H16, avec tous les souvenirs de sa précédente mort. Réalisant qu’il est coincé dans une boucle temporelle, Renton tentera par tous les moyens de se sortir de cette situation…

Oui, nous savons que ce vous êtes en train de penser. Voici un autre long-métrage traitant de boucles temporelles… Et bien vous avez raison jusqu’à un certain point puisque le film décide de se concentrer sur ses personnages au lieu de se focaliser sur l’action ou sur le concept en lui même. Cette stratégie permet à ARQ de rester à mille lieux de classiques du genre comme Source Code ou Edge of Tomorrow, deux films qu’ARQ ne pouvait rivaliser avec son budget de deux millions de dollars.

Et pourtant, cela ne signifie pas que Tony Elliott se contente de nous pondre un long-métrage ennuyeux. Dès la première scène, le réalisateur / scénariste nous embarque dans la folie de son scénario avec la première version du braquage à domicile. Cela fait en sorte que le spectateur peut entrer directement dans l’action, sans se soucier des personnages et de l’univers où vivent ces derniers. ARQ commence avec un bang et il continue sur cette lancée à chaque boucle temporelle où nous assistons essentiellement à un duel à la mort entre Renton, Hannah (son amie de cœur) et les quatre bandits. Cela ne veut pas dire que nous n’allons pas apprendre à connaître le duo de protagonistes et leurs assaillants. Tony Elliott utilise son concept temporel pour livrer des informations supplémentaires sur la situation et sur les personnages à chaque boucle, évitant ainsi la redondance et créant aussi un élément de surprise totale pendant une vaste majorité du film. Et lorsqu’ARQ décide de donner à Hannah la possibilité de se souvenir des boucles temporelles, nous assistons alors à un revirement de situation qui apporte lui aussi son lot de surprises et de situations inattendues.

Néanmoins, tout n’est pas rose puisqu’après une heure, le troisième acte du long-métrage nous réserve une nouvelle surprise dont nous allons taire le dénouement. Jusqu’à ce moment bien précis, ARQ était étonnant et imprévisible. Il parvenait même à être plus intelligent que le spectateur moyen. Mais, avec trente minutes à faire, tout change et ARQ devient un thriller d’action prévisible et un peu stupide. En temps normal, cela ne serait pas problématique mais puisque nous sommes devant une heure de bon divertissement, il est juste dommage que le tout se termine en queue de poisson. Surtout que les derniers instants du film n’aident aucunement la cause avec une résolution finale décevante apportant plus de confusion qu’autre chose. Aussi, le fait que toute l’intrigue du film se déroule dans une maison pour rabrouer quelques spectateurs. Cela n’empêche pas ARQ d’avoir du rythme, mais quelques personnes pourraient être irritées par ce fait démontrant du budget assez faible de cette production. Et finalement, il nous faut noter quelques incohérences qui démontrent rapidement les limites du concept mis en place par Elliott

Heureusement, ce dernier signe ici une excellente réalisation. Il use pleinement les moyens mis à sa disposition et nous offre des images minutieusement préparées. Nous avons l’impression que l’homme a planifié pendant des mois son tournage, alors que chaque scène est fluide et compréhensible. Tony Elliott nous offre même de longs plans superbles, tant dans les moments tendus ou musclés. En somme, il est capable de faire bien mieux qu’une vaste proportion des cinéastes d’action ou de thriller de nos jours. Notons également la direction photographique de Daniel Grant (Into the Forest), qui est extrêmement solide pour 99% des scènes, ne montrant que des moments de faiblesse lors d’une courte scène se focalisant sur l’extérieur de la maison de nos héros.

Notons aussi qu’ARQ offre toute une classe de maître aux nombreuses productions aux budgets semblables (Et aux budgets supérieurs…) qui sont incapables d’offrir des effets spéciaux de qualité. À ce niveau, le long-métrage de Netflix est fort joli avec des effets numériques crédibles et des projections de sang qui le sont tout autant. ARQ est également agréable à écouter grâce à la musique de Keegan Jessamy et de Bryce Mitchell qui ont composé une trame musicale puissante en émotions et très agréable aux oreilles. Leur sonorité n’est peut-être pas très originale, mais elle est diablement efficace.

En tête d’affiche, Robbie Amell (The Flash) et Rachael Taylor (Transformers) sont plutôt crédibles dans les rôles de Renton et Hannah. Les deux acteurs ne gagneront aucun prix pour leurs interprétations, mais leur grande chimie permet aux deux interprètes d’assurer à l’écran. Gray Powell (Hollywoodland)Jacob Neayem (Degrassi: The Next Generation)Shaun Benson (General Hospital) et Adam Butcher (Mirror, Mirror) sont les quatre criminels de service. À défaut qu’être superbes dans ces rôles, nous pouvons noter beaucoup de professionnalisme chez ces acteurs, rendant leurs interprétations crédibles.

ARQ ne révolutionne pas la roue du divertissement, mais il permet d’obtenir 90 minutes de pur divertissement. Pour sa première pellicule, Tony Elliott offre un thriller surprenant rivalisant sur de nombreux points avec ce que Netflix a à offrir de mieux Certes, ARQ ne peut rivaliser en termes de spectacle et de grandiosité avec les Groundhog Day et Edge of Tomorrow de ce monde. Mais il parvient à faire plus de choses que la plupart des films indépendants ne peuvent réaliser : offrir un grand spectacle.


Réalisation : Tony Elliott

Scénario : Tony Elliott

Avec : Robbie Amell, Rachael Taylor, Gray Powell, Jacob Neayem, Shaun Benson, Adam Butcher, Jamie Spilchu

A propos de Michaël Michaud 448 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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