Arrow – Saison 4 (2015-2016)

Résumé : Après avoir défait son plus formidable adversaire et être parti vers des cieux meilleurs avec son amour de longue date Felicity Smoak, Oliver Queen (Arrow) quitte Starling City avec l’espoir de débuter une vie meilleure. Mais es-ce qu’Oliver sera réellement capable de laisser derrière-lui son passé de justicier et, s’il y parvient, que deviendra-t’il de l’équipe qu’il a travaillé si fort pour assembler? Es-ce que Diggle, Thea et Laurel continueront la croisade d’Oliver sans ce dernier? Et, avec Malcolm Merlyn à la tête de la ligue des assassins, est-ce que ce beau monde est réellement en sécurité?

Critique : 

Après une troisième saison en demie teinte, Arrow avait beaucoup à prouver pour sa quatrième saison. Elle devait nous convaincre qu’Oliver Queen ne se laisserait plus distraire par les étendues de son univers partagé sur The CW pour se recentrer enfin sur ce qui compte réellement : les spectateurs qui dévore les aventures d’Oliver Queen semaine, après semaine. Malheureusement, les scénaristes derrières la série ont échoué à cette tâche toute simple et nous ont donné la plus mauvaise saison de la série à ce jour…

Oliver Queen vit paisiblement une vie de banlieusard avec sa belle Felicity Smoak, une demoiselle qu’il compte bientôt demander en mariage. Malheureusement à Star City (Renommée ainsi après la «mort» de Ray Palmer…), un groupe de «Ghosts» menés par Damien Darhk règne en roi et maître sur la ville. Ne parvenant pas à contenir la menace, les compagnons de l’archer demanderont à ce dernier de revenir en ville et de prendre le masque de Green Arrow. Malheureusement, Oliver Queen était loin de se douter que Darhk est un puissant sorcier dont les tours de magie pourraient bien détruire la vie personnelle, professionnelle et amoureuse du justicier de la nuit…

Après une troisième saison chambardée par la présence de The Flash et par l’arrivée de l’univers cinématographique de DC Comics (RIP Suicide Squad…), les scénaristes d’Arrow ont eu la curieuse idée d’écouter les fans de la série et leurs plaintes concernant la troisième saison d’Arrow. Malheureusement, au lieu de corriger le tirs, ces hommes et femmes ont tenté en vain d’amplifier ces traits pour risquer d’en faire des éléments positifs pour cette série. Et, nous sommes forcés de constater que cela n’a tout simplement fonctionné. Il suffit de regarder la page de la série sur IMDB et de consulter les notes des spectateurs pour remarquer que parmi les dix épisodes les moins aimés de la série, neuf font partie de cette saison…

Pourtant, Arrow semblait faire un pas dans la bonne direction avec l’arrivée de Damien Darhk à titre d’antagoniste. En effet, Darhk a une présence crédible et pour la première moitié de saison, il semble être réellement une menace mortelle pour Olivier Queen. Et jusqu’au moment où nous apprenons l’origine de ses pouvoirs dignes de Darth Wader, la dose de mysticisme qu’il apporte à la série se veut être une véritable bouffée d’air fraiche. Sur un aspect totalement différent, la première moitié de la saison dans son ensemble est également à la hauteur avec une exploration des personnages principaux plus soutenue et avec une continuité plus intense en lien avec les dernières saisons. En réalité, ce début d’année se voulait être une réflexion des événements du passé de nos héros, tant du côté de Diggle qui découvre assez tôt dans la saison que son frère est toujours vivant et qu’il est en réalité un homme de main de Darhk, que d’Oliver qui vivra une relation de couple difficile avec Felicity, la femme qu’il a théoriquement toujours aimé. Et pourtant, tous ces éléments qui semblaient géniaux causeront la perte d’Arrow, une série qui entra dans son congé de Noël affaiblie par le fait qu’elle devait introduire les personnages de Legends of Tomorrow (En plus de perdre quelques membres importants de son casting pour la même raison…) et par les premiers signes de sa chute monumentale.

Oui, car dès le retour de ce congé, Arrow chuta considérablement en termes de qualité, devenant une sorte de divertissement nanardesque qui ne fonctionne que grâce à ses scènes d’action. À ce point-ci de la saison, rien ne marchait réellement. Le héros qu’était Oliver Queen est devenu plus occupé à régler sa situation de couple qu’à combattre les méchants. Et pour la première fois de la série, le couple chouchou des fans part en vrille, car les procédés scénaristiques pour rendre Olivier et Felicity intéressants sont tellement horribles qu’ils ne sont même pas dignes d’un mauvais roman savon américain (Gardons en mémoire la conclusion de l’épisode 15 et l’épisode où ils rompent et annulent leur mariage avant d’être forcés d’être à nouveau en couple et d’organiser un vrai-faux mariage qu’ils ne célébreront pas…). Parlant de roman savon, tout l’arc scénaristique entre John Diggle et son frère Andy est digne des Feux de l’Amour alors que le tout s’étire éternellement dans une sorte d’émulation de l’intrigue de Star Wars à la sauce Arrow, où John tente de convaincre Andy de se sauver du côté obscur de Dahrk…

Et par le fait même, la série crée plusieurs dégâts collatéraux comme toute la famille Lance qui est totalement détruite durant cette saison. Car, même en oubliant la résurrection forcée de Sara Lance / Black Canary 1.0, nous sommes forcés de visionner Quentin, le père de famille, qui passe d’un agent double à la solde de Darhk et d’un commissaire de police, à un ex-agent double, ex-commissaire de police, qui ne sert qu’à apporter du café ou des croissants… Et ce qui concerne Laurel Lance / Black Canary 2.0, nous allons simplement dire qu’elle débute la saison en étant une crisse de folle obsédée par la résurrection de sa sœur (Désolé du juron québécois…), pour terminer la saison en queue de poisson, détruisant par la même occasion le seul lien véritable entre la série et la bande-dessinée, à l’exception d’Oliver Queen bien sûr.

Certes, la quatrième saison d’Arrow apporte quelques nouveautés intéressantes. Survivant au milieu de l’écriture parfois nanardesque de la série, nous avions le personnage de Curtis Holt (Ou Mister Terrific dans les bandes dessinées) qui apparait ici dans sa version pré-héroïque, comme étant une sorte d’assistant personnel pour Felicity. À la longue, il nous rappelle même cette dernière dans ses meilleurs jours, avec un humour et une excentricité qui fait du bien à la série. De plus, nous avons Anarky, un ennemi de Batman qui est ici un antagoniste récurrent de Green Arrow. Certes, ce personnage est aussi fidèle à la bande-dessinée que le fut l’entièreté du casting de Dragon Ball: Evolution, mais Anarky apportait un brin de folie qui, de façon assez étrange, recentrait la base sur ses bases et ancrait un peu plus la série dans la série. Il ne faudrait pas oublier toute la campagne électorale d’Oliver Queen qui a fait du bien à la série cette année, apportant une bouffée d’air fraîche durant la première moitié de saison.

Pour ce qui est de Damien Darhk en tant que tel, comme nous avons mentionné ci-haut, il a permis d’élever la série durant sa première moitié de saison. Dans la seconde, nous sommes assez négatifs tandis que Darhk devient une pâle copie d’un méchant de James Bond (Surtout Moonraker…), avec des pouvoirs magiques et une horrible doublure en plus. En toute franchise, ce petit détail rendait chaque scène d’action impliquant ce personnage involontaire drôle, dans la mesure où la production a choisi un cascadeur ne ressemblant aucunement à Neal McDonough pour ce rôle. Il ne faudrait pas oublier les flashbacks qui font pitié, car malgré un début prometteur, le tout a lentement sombré dans le ridicule pour se terminer dans une sorte de version vaudou de The Terminator. Nous avons déjà hâte que la série cesse de nous raconter le passé d’Oliver Queen…

Sur le plan technique, nous pouvons également sentir une légère détérioration alors que certains éléments semblent diminués, comme la ville de Star City en elle-même qui semble être dépeuplée et sans vie durant la majorité de la saison. En termes de réalisation, malgré la présence de plusieurs cinéastes importants derrière la caméra (Nous parlons ici d’Antonio Negret (Transit), de Charlotte Brändström (La franchise Johan Falk), de John Badham (Saturday Night Fever), de Kevin Tancharoen (Mortal Kombat), de Lexi Alexander (Hooligans), de Michael Schultz (The Last Dragon), de Rob Hardy (Stomp the Yard 2: Homecoming) et de Thor Freudenthal (Percy Jackson: Sea of Monsters).), Arrow ne parvient pas à générer une véritable énergie sur le plan créatif, se contentant d’être sur le pilote automatique. En fait, la seule lueur d’espoir se trouve chez James Bamford, un cascadeur hollywoodien qui offre les meilleurs épisodes de la série en termes d’esthétisme et d’action, même si Bamford n’avait jamais rien réalisé avant débarquer aux reines de deux épisodes de la dernière saison d’Arrow.

Heureusement pour les acteurs principaux de la série, cette saison fut l’occasion parfaite pour offrir des jeux d’acteurs exemplaires, une situation qu’a grandement profité le trio masculin de la série composé de Stephen Amell (Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows), de David Ramsey (Con Air) et de Paul Blackthorne (Lipstick Jungle). Pour sa part, Neal McDonough (Minority Report) est efficace dans le rôle de Damien Dahrk, tout comme Echo Kellum (Sean Saves the World) dans le rôle de Curtis Holt. En fait, les seules pommes pourries du casting de cette saison se trouvent chez Janet Kidder (Bride of Chucky), chez Eugene Byrd (Bones) et dans l’entièreté des acteurs présents dans les flashbacks sur l’île, à l’exception de Ryan Robbins (Warcraft) bien sur…

Ce n’est pas pour rien que la quatrième saison d’Arrow se conclut par un reboot léger de la série. Cette année, Arrow a atteint un mur créatif et elle a baissé les bras tant sur le plan visuel que sur le plan scénaristique. Ce n’est pas pour rien que Stephen Amell, l’acteur principal de la série, a récemment émis quelques critiques à propos de la série; il est cruellement temps d’Arrow revienne à ses bases et qu’elle commence à redevenir une série agréable à suivre, semaine après semaine.


Créateur : Greg Berlanti, Marc Guggenheim, Andrew Kreisberg

Diffusée sur : CW

Avec : Stephen Amell, David Ramsey, Willa Holland, Paul Blackthorne, Emily Bett Rickards, Katie Cassidy, John Barrowman, Echo Kellum, Audrey Marie Anderson, Neal McDonough, Jimmy Akingbola, Charlotte Ross, Parker Young, Ryan Robbins, Eugene Byrd, Janet Kidder

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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