Batman v Superman: Dawn of Justice (2016)

Batman v Superman: Dawn of Justice vous propose la première confrontation entre Batman et Superman, au milieu d’un long-métrage au scénario assez confus…

Critique

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Résumé : Craignant les actions d’un super-héros ayant les pouvoirs d’Un Dieu, le justicier de Gotham City décide de s’attaquer à l’homme le plus vénéré de Metropolis, le sauveur des temps modernes, tandis que le reste de la planète se questionne à savoir quel héros elle mérite. Et, tandis que Batman et Superman entrent en guerre contre l’autre, une nouvelle menace s’élève, mettant l’humanité face au plus grand danger de son histoire…

Critique : 

Imaginez un hamburger ayant les condiments suivants : ketchup, moutarde, mayonnaise, oignons, piments verts, piments rouges, bacon, concombres, salami, saumon, olives, fromage bleu, caviar et crème glacée. Imaginez maintenant que ce hamburger soit Batman v Superman: Dawn of Justice… Et bien, cette parabole un peu étrange illustre parfaitement ce long-métrage qui part avec une bonne idée, mais qui ajoute tellement d’artifices pour pimenter le divertissement qu’il propose que cela en devient presque immangeable…

Étant témoin de la destruction de Metropolis dix-huit mois plus tôt, Bruce Wayne / Batman devient obsédé par le contrôle de Superman, un extraterrestre qui a le pouvoir d’éradiquer l’humanité. Profitant de cette haine contre Superman, haine qui est également partagée par le gouvernement américain, Lex Luthor décide de truquer les cartes du destin et de faire en sorte que ces titans s’affrontent dans un duel à mort…

Faire cette critique s’avère être une tâche ardue puisque la stratégie marketing du long-métrage a fait en sorte de dévoiler presque toute l’intrigue de Batman V Superman: Dawn of Justice, ce qui nous laisse quelques moments inédits qu’il ne faut pas vous dévoiler (Comme le fait que le photographe et journaliste Jimmy Olsen soit réduit ici à n’être qu’un simple agent de la CIA…). Sauf que le scénario du film est construit de façon si paresseuse que l’on regrette presque cette campagne marketing qui a retiré les éléments de surprise du scénario et qui nous a donné l’illusion que nous serons en face d’un combat épique entre Batman et Superman. Car après-tout, même si ce n’est pas expliqué explicitement, le long-métrage s’intitule Batman v Superman et non Batman & Superman

Ce titre fait que nous attendons dès le générique d’ouverture après un combat entre ces deux êtres sauf que pour retarder le plus possible cette confrontation, Batman v Superman nous lance plein de sous-intrigues à la figure, comme des condiments sur un hamburger. Sauf que tous ces artifices ne s’imbriquent pas ensemble nous laissant aux prises d’une trame narrative décousue et illogique. À un point tel qu’il serait aisé de retirer plusieurs dizaines de minutes au long-métrage, sans que cela affecte le déroulement du scénario. Et pourtant, ces minutes contiennent des éléments essentiels qui auraient dû être la base de Batman v Superman, comme la commission gouvernementale enquêtant sur les implications d’avoir Superman sur notre planète ou «l’apparition» d’un quatrième héros de l’univers DC

Néanmoins, s’il y a une chose que Batman v Superman réussit bien, c’est l’aspect Batman en nous offrant une adaptation fidèle et audacieuse du chevalier noir. Et c’est sur ce point uniquement que le long-métrage excelle en gardant les scènes les plus divertissantes pour Ben Affleck, notamment lors du début de Batman v Superman qui lui est presque entièrement consacré, alors que nous revoyons le meurtre de ses parents et sa présence lors de la bataille de Metropolis entre Superman et Zod. En comparaison, Superman semble parfois traité comme un personnage secondaire que l’on garde simplement dans le récit pour la bataille finale.

Pour sa part, le personnage de Lex Luthor a plus de liens avec le personnage du Joker qu’avec lui-même. Son plan ne fait pas de sens et repose essentiellement sur le hasard et la chance. Heureusement, le personnage de Wonder Woman est bien amené et elle apporte beaucoup à l’expérience du long-métrage, même si la nécessité de sa présence peut être discutée par certains. Et nous n’avons rien de positif à ajouter sur un antagoniste secondaire, présent dans l’une des bandes-annonces de Batman v Superman, et qui a des airs de Godzilla durant ce long-métrage.

Derrière la caméra, Zach Snyder (300) continue à modeler la franchise à son image, mais qui semblait fonctionner avec Man of Steel, ne semble pas fonctionner avec Batman v Superman. Le réalisateur y récupère même la façon de raconter diviser un scénario (Introduction spectaculaire, saut dans le temps suivi d’une longue phase dramatique et beaucoup de destruction pour conclure…), sauf qu’ici cela semble anecdotique puisqu’on nous fait alterner constamment entre une scène palpitante et deux scènes ennuyeuses. Même la gestion des «flashbacks», qui avait fait ses preuves dans Man of Steel, apporte de la confusion au long-métrage, surtout que ces flashbacks sont remplacés ici par des rêves.

Au niveau des scènes d’action, Batman v Superman commet la même erreur que Man of Steel en offrant une scène d’action excitante et grandiose avant une orgie d’effets-spéciaux dans une séquence finale où Zack Snyder semble avoir à nouveau un orgasme devant son talent. Surtout que deux des cinq séquences d’action de Batman v Superman sont complètement illisibles et incompréhensibles. N’empêche que ce fait est possiblement la faute du montage de style «vidéoclip» de David Brenner (Man of Steel) et de la direction photographique parfois trop sombre de Larry Fong (Watchmen). Et pour répondre à votre grandement question, nous devons admettre que le combat entre Batman et Superman fut plutôt épique. La route pour s’y rendre était parsemée de crevasses et de crevaisons, mais l’attente en valait la peine. Par-contre, les motivations de cet affrontement sont mal amenées et légèrement boiteuses. Et le fait que ce combat ne dure que quelques minutes n’aide en rien cette impression.

Pour ce qui est de la trame sonore, Hans Zimmer (The Lion King) est de retour et cette fois-ci il est accompagné par Junkie XL (Mad Max: Fury Road). Les deux hommes ont eu la «bonne mauvaise idée» de faire des thèmes distincts pour chaque personnage, nous laissant ainsi l’impression que la musique du long-métrage est décousue. Si la trame sonore de Superman est toujours aussi magnifique, celle de Batman l’est autant, tout comme celle de Wonder Woman qui a possiblement la meilleure trame sonore du film. Par-contre, l’utilisation de ce thème apporte un contraste trop important avec le reste de la musique présente et finit même par nous déranger; tout comme le thème de Lex Luthor qui est insupportable.

Dans les rôles titres, nous sommes devant des excellentes performances d’Henry Cavill (Immortals) et de Ben Affleck (Argo). Ce dernier est même parvenu à faire mentir toutes les critiques à son égard, des critiques de fans en colère qui provenaient de l’époque où sa nomination fut rendue publique. Pour sa part, Gal Gadot (Furious 6) est plutôt convaincante dans le rôle de Wonder Woman, tout comme Jeremy Irons (Die Hard: With a Vengeance) dans le rôle d’Alfred et Holly Hunter (Raising Arizona) dans le personnage de la sénatrice Finch. En réalité, Jesse Eisenberg  (Zombieland) est la seule tâche de ce casting, mais cela est causé par le scénario de Batman v Superman et pas par le jeu de cet acteur.

Handicapé par les quatre volontés des studios et par une équipe incapable de se focaliser, Batman v Superman: Dawn of Justice est un mauvais long-métrage qui est sauvé par la compétence de ses artisans et de ses acteurs. Certes nous sommes loin de Batman & Robin, mais ce dernier avait au moins le mérite de tenter d’offrir un divertissement constant. Il reste que nous sommes devant une énorme scène d’introduction pour Justice League, une scène d’introduction dont nous aurions pu nous passer…


Réalisation : Zack Snyder

Scénario : David S. Goyer

Avec : Henry Cavill, Ben Affleck, Gal Gadot, Amy Adams, Diane Lane, Jesse Eisenberg, Jeremy Irons, Holly Hunter, Laurence Fishburne, Ray Fisher, Jason Momoa, Ezra Miller

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