Central Intelligence (2016)

Résumé : Un comptable est projeté malgré lui dans l’univers de l’espionnage international après avoir repris contact avec un ancien ami par Facebook.

Critique : 

Kevin Hart (Ride Along) est le dernier humoriste afro-américain à prendre d’assaut Hollywood, en marchant sur les traces sur les traces de grands noms Richard Pryor, Eddie Murphy et Chris Rock, avec son genre précis de blagues et d’expressions faciales. Ceci étant dit, il était évident qu’un jour ou l’autre Hollywood allait sortir Kevin Hart de sa zone de confort et qu’elle allait propulser l’acteur dans les bras d’un mastodonte d’Hollywood. Ce mastodonte est Dwayne Johnson, un acteur qui allait pouvoir offrir une opposition de poids à Kevin Hart, tant sur le plan comique que physique. Sauf qu’entre les deux hommes se trouvent dans Central Intelligence, un long-métrage de mauvaise qualité…

Calvin Joyner était l’étudiant le plus populaire de son école. Un jour, lors d’une cérémonie scolaire, il a l’opportunité d’aider un étudiant intimidé, qui fut projeté nu dans la même pièce que le reste de ses confrères qui trouvent hilarante cette blague. Vingt ans plus tard, en marge de la réunion des anciens étudiants, Joyner vit paisiblement la vie ennuyeuse d’un comptable dont le mariage bat de l’aile. Au même moment, un certain Bob Stone le contacte via Facebook. De fil en aiguille, Joyver découvrira que Stone est l’étudiant qu’il a aidé vingt ans plus tôt, un étudiant qui est devenu avec les années obsédé par Joyver et qui est aujourd’hui un agent renégat de la CIA ayant besoin des compétences de Joyver pour rétablir justice et venger la mort de son partenaire.

En toute sincérité, Central Intelligence était un long-métrage assez attendu et jusqu’aux premières minutes du film, nous avions beaucoup d’espoir envers ce divertissement. Mais après ces quelques instants de gloire se déroulant dans le passé de nos protagonistes, Central Intelligence ne fait que tomber dans un vide sans fond qui retire tout plaisir du long-métrage, qui se retrouve alors coincé entre son aspect comique, ses scènes d’action et les messages sociaux qu’il souhaite approfondir.

Il en découle une intrigue extrêmement prévisible qui ne parvient jamais à surprendre réellement. Central Intelligence se contente de copier les films appartenant à son sous-genre, les films de type «buddy cop» avec un personnage sur-qualifié et un traître à l’horizon (16 Blocks, The HeatThe In-Laws, I, Spy, RIPD). Il ne se force même pas à changer quelques éléments de ces films, histoire de générer une véritable surprise et une volonté de divertissement. En fait, Central Intelligence cherche surtout à toucher les adolescents et les spectateurs du dimanche qui rient encore et toujours des blagues à connotation douteuse et des personnages à la sexualité variable. Même que nous pouvons dire qu’à chaque fois que les nombreux scénaristes du long-métrage semblaient manquer d’idées, ils ont simplement choisi de nous lancer ce genre d’humour, que ce soit en montrant les fesses du personnage de Dwayne Johnson, en laissant ce dernier jouer avec une corde entre les cuisses, comme si cette dernière représentait son organe sexuel, ou en proposant un câlin louche entre les deux personnages principaux.

Et c’est sur ces derniers que le Central Intelligence compte racheter ses fautes en vain. Aucun des deux hommes n’a l’étoffe nécessaire pour porter le long-métrage sur ses épaules. Le personnage de Kevin Hart n’est qu’une vulgaire copie des précédents personnages de l’acteurs, mais en plus ennuyeux car cette fois-ci, il n’est pas le moteur comique de l’intrigue. Central Intelligence laisse malheureusement ce rôle à Dwayne Johnson. Malgré la volonté des scénaristes pour créer un personnage si doué dans son métier qu’il en découle un être socialement dysfonctionnel, nous avons entre les mains un personnage insupportable qui est plus énervant qu’autre chose. Chacune des apparitions de Dwayne Johnson nous fait tourner de l’œil en guise de désespoir. À la longue, nous avons simplement envie de huer après ce personnage, ce qui est assez paradoxal si l’on pense au message anti-intimidation et anti-rejet du film.

Pourtant, c’est le moindre des soucis de Central Intelligence, car le film n’est aucunement drôle. À moins d’être un adolescent refoulé, les seuls véritables moments comiques se trouvent dans le caméo d’une actrice célèbre et dans les faux-raccords présents durant le générique de fin. Le vilain de Central Intelligence est aussi un aspect problématique du film dans la mesure où son apparition est plus digne d’un caméo, ce qui retire toute forme de développement ou de menace réelle, et que la production a engagé un acteur trop connu pour jouer ce rôle; ce qui fait que dès la première de ses deux scènes, nous savons d’avance qu’il reviendra plus tard, dans un revirement de situation aucunement spectaculaire, pour être l’ennemi de nos héros…

Sur le plan technique, Central Intelligence est également à la ramasse dans la mesure où Rawson Marshall Thurber (We’re the Millers) n’est pas un cinéaste spécialisé dans le monde de l’action. En fait à ce niveau, nous avons ici un long-métrage brouillon où les seules scènes d’action réussies sont une micro-poursuite dans un stationnement sous-terrain ou le court instant où Dwayne Johnson agrippe l’arme d’un ennemi avant de le tabasser. Le montage est aussi un pépin technique, en étant paresseux et dispersé, à un point tel que les scènes de dialogues donnent l’impression qu’être artificiels, avec aucuns dialogues véritables entre les acteurs.

Heureusement, Central Intelligence ne lésine pas en guise d’effets spéciaux, avec une version «jeune » de Dwayne Johnson relativement crédible et de nombreux litres de sang utilisés pour les quelques morts d’Aaron Paul. Et si l’on ajoute un peu de nudité et un personnage dont l’œsophage est littéralement arraché, nous serions presque surpris de constater le classement 13 ans et plus du long-métrage aux États-Unis. Sautons finalement du coq à l’âne pour dire que la trame sonore de Ludwig Göransson (Creed) et de Theodore Shapiro (Ghostbusters) est assez oubliable, voire même inutile dans la mesure où Central Intelligence se paie le luxe d’avoir quelques chansons populaires à son registre qui s’agencent bien avec les propos du film.

Pour ce qui est des acteurs, nous pouvons dire que Dwayne Johnson (Furious 6) et que Kevin Hart (Ride Along) livrent des performances spectaculaires, avec une chimie incroyable à l’écran. En toute sincérité, ils sont la seule raison pouvant justifier un visionnement de Central Intelligence. Amy Ryan (Gone Baby Gone) est également présente, dans une performance assez effacée où cette dernière joue l’agente de la CIA aux trousses de nos héros. Finalement, Aaron Paul (Breaking Bad) et Jason Bateman (Horrible Bosses) ont des caméos, alors que le premier interprète le partenaire décédé de Bob Stone, qui meurt à de multiples reprises via des flashbacks, et que le second joue un banquier surprenant.

En jouant de paresse, Central Intelligence est une perte de temps qui ne mérite pas votre attention, surtout si vous pensez le visionner sur un grand écran. Malgré les performances de Dwayne Johnson et de Kevin Hart, le long-métrage ne peut être sauvé de sa médiocrité qui plonge le spectateur dans un important trou noir cinématographique. Espérons seulement que Central Intelligence était un passage obligé pour les deux acteurs, avant leur prochaine collaboration sur le remake de Jumanji.


Réalisation : Rawson Marshall Thurber

Scénario : Ike Barinholtz, David Stassen, Peter Steinfeld, Rawson Marshall Thurber

Avec : Dwayne Johnson, Kevin Hart, Aaron Paul, Amy Ryan, Brett Azar, Megan Park, Ryan Hansen, Danielle Nicolet, Jason Bateman

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