Contract to Kill (2016)

Résumé : Harmon est un agent de la CIA et de la DEA qui, avec l’aide de son équipe, tentera de dissoudre une éventuelle alliance entre un mouvement terroriste et un puissant cartel de la drogue.

Critique :

Depuis des lustres, la filmographie de Steven Seagal (Under Siege) se dirige vers une pente descendante. C’est un fait que nous répétons au début de chacune de nos critiques de ses longs-métrages, histoire que les admirateurs du populaire acteur n’aient pas des attentes élevées en lisant l’un de nos textes. Puisque nous voulons éviter une certaine forme de redondance, il est grand temps que l’acteur se mette à faire des divertissements de bonne facture. Mais en attendant, nous avons un Contact to Kill à critiquer…

John Harmon est un ancien agent de la DEA et de la CIA. Lorsqu’une organisation terroriste tente de conclure une entente avec un cartel de la drogue pour que ces derniers fassent entrer des terroristes aux USA, Harmon est contacté par une vieille connaissance qui lui demande de sortir de sa retraite pour une dernière mission. Harmon accepte et monte une équipe afin d’assister à une rencontre entre les deux groupes à Istanbul, sans se douter du guêpier qu’il l’attend.

De façon assez générale, nous ressortons de Contract to Kill relativement satisfaits. Évidemment, le long-métrage a plusieurs défauts, mais il parvient à élever la filmographie récente de Seagal d’un cran. C’est une surprise énorme, surtout que Contract to Kill réunit pour une nouvelle fois le duo Seagal / Waxman, un duo capable du meilleur comme du pire. Il suffit de se rappeler de la sortie récente au Québec d’End of a Gun, qui fut probablement la pire collaboration entre les deux hommes. La surprise est d’autant plus énorme que le scénario du film n’est pas si bon que cela.

Contract to Kill débute avec une prémisse assez inédite dans le sens où, pour l’une des rares fois dans l’histoire récente du cinéma, nous avons un long-métrage qui s’attaque à la complexité du climat politique des États-Unis en se focalisant sur les relations entre les barons de la drogue et les organisations terroristes. Bien qu’il est impossible de prouver ou de noter des liens véridiques entre ces deux mouvements, le fait que Keoni Waxman (Hunt to Kill) ait pensé à exploiter cette possibilité demeure du génie, car nous avons ici une « composition maléfique » pleinement originale dans le monde du cinéma d’action. Néanmoins, cela n’empêche pas le réalisateur et scénariste d’offrir deux antagonistes assez caricaturaux alors que l’un débute littéralement en tuant des gens, sans aucune raison, durant le générique d’ouverture, et que l’autre se tient bien campé dans ses mentalités terroristes. Contract to Kill essaie bien de jouer avec cette idée en introduisant un aspect politique un peu plus tard dans son récit, mais il reste que l’on ne peut qu’éclater de rire face à ces deux criminels.

Malheureusement, le reste du scénario n’est guère supérieur. Dans sa structure globale, nous pouvons résumer Contract to Kill à un long épisode d’une copie médiocre de Mission: Impossible mettant en vedette le héros indestructible patriotique, l’asiatique expert en technologies et la belle femme inutile. Et lorsque ces personnages parlent, cela devient presque insupportable, à un point tel que les conversations entre les personnages n’ont que peu de sens, nous forçant à éteindre notre cerveau et à suivre le fil de l’intrigue sans trop nous poser de questions, pour ne pas remarquer les incohérences. Notons néanmoins que ces incohérences sont parfois assez comiques si l’on prend le temps de les noter, comme une longue scène d’interrogatoire où le personnage de Seagal questionne un terroriste et que ce dernier est capable de poser les questions et de répondre auxdites questions, sans laisser l’opportunité au terroriste de s’expliquer. Il y a bien quelques revirements de situation durant la seconde moitié qui viennent pimenter le tout, histoire d’insinuer un peu d’énergie au long-métrage de Waxman.

Oui, car s’il y a une chose que le cinéaste est incapable de faire c’est d’instaurer une énergie dans son propre long-métrage. La première moitié de Contract to Kill souffre grandement de ce laxisme alors qu’il est presque impossible de ne pas s’endormir devant la lenteur ce qu’est finalement un petit thriller d’action qui tente jouer dans la cour des grands. Une ambition qui est assez louable même si elle apporte son lot de problèmes hilarants comme une séquence où Waxman tente de copier Sicario de Denis Villeneuve en plaçant Seagal devant un écran vert, forçant l’acteur à tirer dans le noir vers des lumières émises par les armes de ses ennemis, un moment qui se révèle être digne des pires nanars turcs.

Heureusement par la suite, Contract to Kill se calme et nous offre d’excellents moments d’action. Malgré des moyens limités, Waxman offre quelques scènes de combats divertissants, à défaut d’être pleinement réussis (à cause du montage parfois juste de ces séquences) et parvient même à offrir les meilleurs duels de Steven Seagal depuis des années. L’acteur est pleinement investi durant ces moments, détruisant tout sur son passage, sans abuser de la magie du cinéma ou de sa doublure. Contract to Kill nous offre même une bonne leçon, histoire nous rappeler à tous que l’acteur est possiblement l’un des meilleurs combattants d’aïkido au monde. Pour le reste, Keoni Waxman effectue une performance assez moyenne à la réalisation. Comme mentionné ci-haut, le réalisateur est incapable d’instaurer un véritable rythme à sa pellicule, et, aucunement aidé par les faibles moyens du film, toute tentative d’utiliser des effets spéciaux devient risible voire même inutile, spécialement lors des nombreuses scènes horribles centrées sur un drone commercial.

La distribution de Contract to Kill parvient néanmoins à sauver la mise jusqu’à un certain point. En plus d’exceller durant les scènes de combat, Steven Seagal offre une bonne performance, à un point tel que nous pourrions dire que Contract to Kill est le meilleur Seagal depuis des années, si l’on exclut ses murmures qui rendent ses dialogues parfois inaudibles, bien sûr… Russell Wong (Romeo Must Die) a également une bonne présence à l’écran, en plus de participer à quelques bonnes scènes de combat. Jemma Dallender(I Spit on Your Grave 2) est définitivement la meilleure du trio, alors que l’actrice est assez lumineuse à l’écran. C’est d’autant plus dommage qu’elle fut choisie pour interpréter un personnage dans la trentaine, une erreur puisque l’actrice est clairement plus jeune, dans une vingtaine clairement visible. Mais ce qui rend furax, c’est que l’actrice, qui a presque l’âge de l’auteur de ces lignes, a une scène « érotique explicite » avec Seagal où ce dernier ne fait que pétrir et malaxer les seins de l’actrice sans aucune pudeur, une longue scène de nudité que Waxman aurait pu couper durant le montage, une scène de nudité qui va, sans le moindre doute, provoquer un profond malaise et dégoût chez le spectateur qui visionne Contract to Kill, une scène qui défit toutes les normes instaurées par ce cliché qui ponctue la filmographie de l’acteur. Notons brièvement pour conclure que Mircea Drambareanu et que Sergiu Costache remplissent adéquatement les rôles des méchants de service.

Même si nous avons centré notre critique sur les défauts de Contract to Kill, il ne faut pas vous méprendre. Ce film est assez divertissant, dans la mesure où vous êtes capable de surmonter les énormes défauts de cette production et où vous êtes capables de survivre à la première moitié soporifique de l’oeuvre. Contract to Kill n’est pas un grand film, mais les performances soutenues de ses interprètes et les bonnes scènes d’action permettent de nous garder investis dans l’intrigue et de sortir divertis et heureux de cette production. Espérons juste que Steven Seagal puisse continuer sur sa lancée afin de réconcilier l’acteur avec ces admirateurs.


Réalisation : Keoni Waxman

Scénario : Keoni Waxman

Avec : Steven Seagal, Russell Wong, Jemma Dallender, Mircea Drambareanu, Sergiu Costache, Ghassan Bouz

A propos de Michaël Michaud 510 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.