Cyborg X (2016)

Il ne faut pas douter du fait que Cyborg X est assez mauvais…

Critique

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Résumé : Après que X-Corp, un fabriquant d’armes radicales, est sous l’emprise du Cyber Virus, un groupe de survivants combat pour sauver l’humanité d’une armée de machines contrôlées par le Virus.

Critique : 

Mis à part la franchise Mythica, il est assez rare que l’on visionne et que l’on critique des longs-métrages issus du socio-financement. En fait, en excluant Mythica, seuls nos critiques de Samurai Cop 2  et de Survivor trahissent ce fait. Et bien, aujourd’hui nous avons un nouveau film financé par Kickstarter pour vous et il s’agit de Cyborg X. Et bien, après une quinzaine de mois de retard, nous avons enfin entre les mains une copie de Cyborg X; un nanar avec une histoire digne du cinéma bourrin des années 80…

En 2017, une intelligence artificielle libérée accidentellement d’une société hautement technologique parvient à prendre d’assaut la planète et à tuer 99% de sa population grâce à des cyborgs mi-humains, mi-machines et grâce à une horde de drones mortels. Un an plus tard, une poignée de résistants dans le milieu de nulle part résiste au mieux de leurs capacités à l’envahisseur, jusqu’au jour où ils tombent sur Jack Kilmore, le dirigeant de X-Corp, la société responsable de l’extermination de l’humanité. Sauvant Kilmore des griffes de ses machines, la résistance mettra au point un plan permettant de sauver l’humanité et de mettre fin à l’apocalypse!!!

Et bien, pour avoir le bon état d’esprit pour lire et apprécier cette critique, imaginez que les scénaristes de Commando, de Terminator: Salvation et d’Oblivion sont dans une orgie créative où ils tentent d’écrire le scénario de leur prochain film, tout en fumant beaucoup d’herbe. Et, nous ne parlons pas de persil ou d’herbes médicales, nous parlons bien évidemment de marijuana. Cyborg X serait probablement le long-métrage engendré par cette petite fête hollywoodienne alors que l’ensemble de son intrigue tente de fusionner les meilleurs éléments des deux films de science-fiction mentionnés ci-haut, tout en y ajoutant une quantité importante de folie bourrine, digne d’un Arnold Schwarzenegger.

Concrètement, Cyborg X n’est qu’un ramassis de séquences empruntées à des longs-métrages bien plus compétents. Pire encore, il  semblerait que K. King soit le plus grand fan de Terminator: Salvation puisqu’avec du recul, Cyborg X et ce volet de la franchise ont sensiblement le même scénario. Mais si vous pensez que cela est un signe de paresse de la part du cinéaste, attendez de voir les personnages ouvrir leur bouche et vous livrer la pire concentration de clichés de l’histoire du cinéma. Sincèrement, le scénariste / réalisateur a tout simplement assemblé les pires dialogues hollywoodiens pour tenter de faire une histoire cohérente avec ces outils. Ce qui fait que nous avons entre les mains un ramassis de «Copy that» de «Top secret shit», de «You’re taking about suicide» ou de «That’s an order!»…

Au moins, si cela ne donne pas à Cyborg X une histoire compétente ou logique, cela a au moins le mérite de divertir. En fait, il faut voir Cyborg X comme un mauvais nanar américain réalisé de façon compétente. Le film n’est qu’un prétexte à offrir des scènes d’action compétentes, en remplissant le tout avec des personnages clichés et détestables, des situations ridicules et des revirements de situation si étranges qu’ils sont la preuve vivante K. King était possiblement sous l’influence de quelques substances durant l’écriture du scénario. Si vous voulez une preuve de ce que nous avançons il nous faut simplement mentionner des séquences comme celle où un personnage se fait brutalement décapiter en deux en évitant une grenade (Oui, c’est une chute de deux mètres qui a décapité ce pauvre homme et non la grenade en elle-même…) et qu’il se réveille des heures plus tard comme si rien n’était arrivé, prêt à combattre d’autres cyborgs.

Heureusement, Cyborg X se rattrape un peu sur le plan technique. D’abord, il nous faut parler des effets spéciaux du long-métrage. Lorsque le réalisateur se concentre sur les effets pratiques, le film se débouille assez bien avec des effets plutôt crédibles et sanglants. Même qu’il parvient à rivaliser avec les hauts standards hollywoodiens grâce à des moments assez choquants. Et même les créatures cybernétiques sont assez géniales avec un design assumé rappelant grandement ceux des robots futuristes de la saga Terminator, dans une certaine mesure. Malheureusement, quand Cyborg X se décide à nous présenter des effets numériques, nous sommes face à des effets assez hideux ruinant jusqu’à un certain point le peu de magie que le long-métrage parvient à générer. Surtout que l’autre menace du long-métrage est constitué de drones volants, dont le design s’inspire d‘Oblivion. Et il est inutile de mentionner que ces derniers sont tous générés par des effets numériques hideux…

Néanmoins, K. King (Zombie Hunter) se révèle être un réalisateur plutôt compétent, capable de faire beaucoup avec un faible budget. Le réalisateur parvient à offrir une véritable valeur ajoutée à son long-métrage. Ses plans de caméra sont efficaces et dignes d’un réalisateur de plus haut calibre. Néanmoins, K. King semble avoir une obsession pour les courbes féminines, une fascination qu’il met en pratique en habillant toutes les actrices du long-métrage en petite tenue et en faisant beaucoup de gros plans sur les courbes de ses demoiselles. Si Cyborg X avait un peu de nudité, cela en ferait presque une pâle copie du cinéma du cinéaste culte Andy Sidaris

Aussi, il nous faut noter l’excellent travail de Stelios Xanthos qui offre une belle direction photographique. Xanthos parvient à donner une imagerie particulière au long-métrage, permettant ainsi au réalisateur de déployer toute la beauté des paysages de l’Utah. Christopher Doucet (Romeo & Juliet) offre également une trame sonore assez plaisante, même si à de nombreux moments nous pouvons ressentir l’influence d’Oblivion dans sa composition. Rien de très dramatique, bien que cela peu déranger à certains moments, où le plagiat est plus évidant.

Pour ce qui est des acteurs, Cyborg X est en demie-teinte. Dans le rôle titre, Eve Mauro (Mythica: The Iron Crown) est assez horrible, tandis qu’elle se contente de reproduire les mêmes expressions faciales durant 90 minutes, et ce avec le charisme d’un mollusque. Heureusement, c’est Rocky Myers (Mythica: The Darkspore) et Jake Stormoen (La franchise Mythica) qui lui donnent la réplique et les deux hommes sont excellents. Par-contre, ils prennent le contenu du long-métrage trop sérieusement, créant un décalage parfois important entre Cyborg X et ce duo d’acteurs. Adam Johnson (La franchise Mythica) et Danny Trejo (From Dusk Till Dawn) sont également présents dans des rôles de soutien. Et les deux hommes sont pleinement conscients de l’absurdité du scénario, tandis qu’ils forment un duo de personnages plus grands que nature, avec des performances hilarantes et jouissives.

Il ne faut pas douter du fait que Cyborg X est assez mauvais. Mais son scénario merdique permet de retirer une certaine forme de plaisir de ce long-métrage, même si le reste des éléments de sa production sont assez solides, surtout pour un film à petit budget (Approximativement un million de dollars…). Mais bon, fallait-t’il s’attendre à quelque chose de plus divertissant d’un film misant essentiellement sur les déserts d’Utah, sur le physique de ses actrices, sur des cyborgs armés de scies rondes et sur le talent d’acteur de Danny Trejo. Et, avec un nombre important d’acteurs de la saga Mythica présents à son générique, Cyborg X nous permet de patienter un peu entre deux volets de la populaire franchise fantastique.


Réalisation : K. King

Scénario : K. King

Avec : Eve Mauro, Rocky Myers, Jake Stormoen, Danny Trejo, Adam Johnson, Angie Papanikolas, Paul Hunt, Aubrey Reynolds, Danny James

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