Daylight’s End (2016)

Résumé : Des années après une mystérieuse épidémie ayant dévasté la planète et transformé la majorité de l’humanité en créatures mangeuses de chair, un homme en quête de vengeance tombe sur une bande de survivants dans une station de police ayant besoin de son aide pour survivre et pour s’enfuir vers un mystérieux sanctuaire.

Critique :

Et bien, s’il y a une chose que Paul W. S. Anderson nous a bien prouvé avec sa saga Resident Evil, c’est qu’il est difficile de faire un bon film d’action horrifique avec des zombies. Et pourtant, il est très facile de trouver des perles rares dans ce sous-genre cinématographique qui gagne de plus en plus en popularité depuis l’arrivée de The Walking Dead à la télévision. Et bien, c’est en voulant trouver un remède à la saga Resident Evil que nous avons visionné Daylight’s End, un film d’action indépendant capable de faire de grandes choses avec un budget très mince…

Tandis que l’apocalypse décime les États-Unis, un homme nommé Rourke traverse le pays en quête de vengeance. Dans une ville texane, il tombe sur une jeune femme en détresse qu’il décide de sauver. En guise de remerciement, cette dernière le ramène à son refuge, où un groupe de survivants résiste à chaque nuit à une horde de zombie très organisée et intelligente. À bout de souffle, ce groupe voit une chance de survie en un avion situé à quelques heures de route. Néanmoins, pour y arriver, il faudra se débarrasser de ces morts-vivants qui habitent un hôtel abandonné à quelques coins de rue de leur campement. En échange de ravitaillement, Rourke accepte d’y mener une mission-suicide, afin de tuer toutes ces créatures, sans se douter que celle responsable de son malheur pourrait bien l’y attendre…

Le destin de ce long-métrage mérite de mettre notre critique entre parenthèses. En effet, avant de parler concrètement de Daylight’s End, il nous faut vous confier qu’avec ce long-métrage, il ne faut pas vous fier aux apparences. Depuis sa sortie aux États-Unis et sa tournée fructueuse dans quelques festivals, le long-métrage est rapidement passé aux oubliettes. Car malgré des critiques positives et élogieuses sur des grosses pointures du net (Bloody-Disgusting, Flickering Myth, Joblo…), le long-métrage n’a reçu aucun avis véritable sur la référence américaine Rotten Tomatoes, n’est pas réellement présent sur des films francophones comme Allociné et il obtient un accueil assez froid de la part des spectateurs en général. Aimé par les uns, « détesté » et oublié par les autres, Daylight’s End sait diviser son public.

Et bien, s’il n’en tenait qu’à nous, Daylight’s End aurait probablement été l’un des meilleurs films de 2016. Concrètement, le long-métrage effectue un sans-faute ou presque avec une histoire relativement simple. Même que nous pourrions dire que le plus grand défaut de Daylight’s End pourrait se trouver dans ce manque d’originalité que Chad Law (The Hit List) nous impose en quelque sorte en s’inspirant largement de Mad Max 2: The Road Warrior. Les deux divertissements sont très similaires avec des traits communs qu’il est impossible de ne pas nier. Avec une base solide et éprouvée, comme les nombreux clones de The Road Warrior nous l’ont démontré par le passé, Chad Law parvient à concevoir une histoire intéressante grâce à des personnages clés familiers et bien établis. Avec quelques flashbacks bien placés, nous gagnons beaucoup d’intérêt pour l’épopée de Rourke et sa quête de vengeance assez crédible.

Bien qu’il soit assez ridicule de penser qu’un homme puisse traquer un zombie aux quatre coins des États-Unis, il reste que cette prémisse nous est présentée de façon crédible avec un antagoniste qui a une bonne présence à l’écran. Même chose pour le groupe de survivants, pour qui nous avons beaucoup d’affection. Évidemment, il a fallu beaucoup de temps à Daylight’s End pour mettre en œuvre la présentation de ces personnages, puisqu’avec une bonne dizaine de survivants importants à explorer, le long-métrage parvient à attendre rapidement sa durée de 105 minutes (Presque deux heures…). Certes, le long-métrage étire un peu son intrigue en agissant ainsi, mais il s’arrête assez rapidement, avant que cela ne devienne long et pénible.

Mais, c’est sur le plan technique, Daylight’s End se démarque. Le long-métrage débute en lion avec une séquence d’ouverture vachement sympathique avec notre héros principal qui s’attaque à une femme zombie se cachant dans un congélateur. Ce moment marque le ton du reste de l’œuvre où des scènes d’action nerveuses et stylisées seront proposées au spectateur. Effectivement, le réalisateur parvient, avec les moyens du bord, à offrir plusieurs moments d’action qui n’ont rien à envier à ce qu’offre actuellement Hollywood. La séquence dans l’hôtel est à glacer le sang avec quelques images chocs et une bonne gestion des sursauts liés aux moments horrifiques, et les quelques reprises où les zombies envahissent le refuge des survivants permet d’avoir de bonnes séquences en huis-clos. Néanmoins, l’affrontement final laisse un peu à désirer dans la mesure où le duel entre Rourke et le zombie alpha est assez expéditif avec une exécution précoce, possiblement causée par les deux millions du budget de Daylight’s End.

Également, il me faut mentionner que toute l’argent de ce budget transparait avec des décors assez gigantesques pour ce genre de production. Mieux encore, nous avons le droit de visionner une ville de Dallas où les principales artères commerciales sont réellement désertes, à l’exception des habituels détritus et carcasses présents dans les mondes post-apocalyptiques. Malheureusement, les moyens financiers de ce projet sont parfois visibles avec du sang et des explosions numériques parfois douteuses et avec une direction photographique incapable de camoufler la clarté du jour, lorsque l’intrigue se déroule tard le soir ou tôt le matin. De plus, nous devons noter l’excellente trame sonore de Johnny Strong (The Fast and the Furious) qui possède une ambiance efficace et des notes fortes encadrant bien les émotions des personnages et les moments de tension.

Interprétant également le rôle titre de l’œuvre, Johnny Strong offre une performance forte et juste, lui qui a disparu d’Hollywood pendant plusieurs années après le succès de The Fast and the Furious. Lui donnant la réplique, le mannequin Chelsea Edmundson (Isolation) a également une bonne présence à l’écran, avec une interprétation convaincante. En tant que survivants principaux du refuge, Lance Henriksen (Aliens)Hakeem Kae-Kazim (Hotel Rwanda) et Louis Mandylor (The Quest) font de l’excellent travail et apportent beaucoup de crédibilité à Daylight’s End. Malheureusement, la présence de l’ancien combattant de l’UFC, Krzysztof Soszynski, déçoit un peu, dans la mesure où le pauvre passe son temps à grogner avec une couverture sur la tête, en étant le zombie alpha, le grand méchant du film et où il n’est que peu présent dans les scènes d’action. Notons que Chris Kerson (True Detective), Gary Cairns (Hero Wanted) et que Sonny Puzikas (Sinners & Saints) sont également présents au générique.

William Kaufman est possiblement l’un des réalisateurs les plus ambitieux du cinéma américain. Si cette ambition peut parfois être problématique lorsque le réalisateur est coincé dans les roues d’un grand studio américain, comme avec Jarhead 3: The Siege (Critique ici), elle peut se révéler être une puissante source de divertissement lorsque Kaufman patauge dans les eaux du cinéma indépendant. Certes, Daylight’s End n’est pas parfait, mais il est suffisamment compétent et efficace pour l’être l’un des meilleurs films critiqués sur le site. Et, si vous ne l’avez pas déjà deviné, Daylight’s End sera une recommandation incontestée de notre part, malgré ce que le public en général puisse en penser…

En résumé : Ceux qui veulent une alternative à Resident Evil seront comblés, ceux qui sont tentés par un film d’action horrifique seront satisfaits et ceux qui recherchent des clones de Mad Max 2 seront ravis…


Réalisation : William Kaufman

Scénario : Chad Law

Avec : Johnny Strong, Chelsea Edmundson, Lance Henriksen, Louis Mandylor, Hakeem Kae-Kazim, Krzysztof Soszynski, Chris Kerson, Gary Cairns, Mark Hanson, Sonny Puzikas

Daylight's End (2016)
4.3
Envoi
User Review
3 (1 vote)
A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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