Deepwater Horizon (2016)

Deepwater Horizon offre une expérience cinématographique bouleversante et époustouflante. Et il est possiblement l’un des bons films de 2016…

Critique

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Résumé : L’histoire derrière la plateforme pétrolière Deepwater Horizon, qui a explosé en 2010 et qui a créé la pire catastrophe pétrolière de l’histoire des États-Unis.

Critique : 

Par sa nature même, le cinéma catastrophe est un genre assez complexe à adapter de par sa nature. Tout les longs-métrages de ce sous-genre suivent grossièrement la même formule, en mettant de l’avant une première moitié axée sur les principaux protagonistes de l’intrigue, avant de déchaîner les éléments destructeurs. Cela crée des histoires dont l’assemblage reste assez prévisible et redondante. Heureusement pour nous, Deepwater Horizon avait une carte cachée dans sa manche, car contrairement aux désastres fictifs relatant une facette fictive de l’apocalypse, le long-métrage nous relate un fait vécu ayant transformé la planète en 2010.

Mike Williams profite des derniers moments de son congé avec sa famille avant de retourner sur la plateforme pétrolière Deepwater Horizon, où il occupe le poste d’ingénieur. Sur le transport le menant à son travail, il retrouve deux compagnons de travail, son superviseur Mr. Jimmy et Andrea Fleytas, navigatrice de la plateforme. Il découvre également que deux représentants de BP sont aussi du voyage pour forcer l’équipe à rattraper leur retard de toute urgence et à débuter dans les heures qui suivent l’exploitation pétrolière. Mais Mike était loin de se douter de la catastrophe qui allait en découler.

Même en ayant entre les mains un fait vécu et horrible, Peter Berg fut incapable de faire de Deepwater Horizon un film catastrophe totalement original. Au moins, nous pouvons nous consoler avec l’angle unique utilisé par ce film. Car, au lieu de créer des personnages typiques qui devront affronter un événement spectaculaire, le réalisateur nous offre ici de véritables êtres humains qui doivent combattre un problème qu’ils ont eux-mêmes créé. C’est un point sur lequel Peter Berg semble beaucoup insister, surtout dans l’introduction de Deepwater Horizon où le réalisateur tente de faire une dénonciation subtile de notre dépendance au pétrole. Comme s’il voulait nous faire comprendre que la mort de ces hommes est de notre faute, nous qui remplissons nos camions et nos avions polluant.

Également, Deepwater Horizon fait un excellent boulot pour vulgariser l’industrie pétrolière et l’accident en tant que tel. Le tout est si simplifié qu’une gamine est capable de résumer cette catastrophe dans un vulgaire travail scolaire, grâce à une scène diablement efficace est prémonitoire. Et, il faut également remercier le long-métrage qui se concentre essentiellement sur l’événement. Il aurait été si facile de raconter l’histoire des dirigeants en complets et cravates qui parlent en long et en large sur les raisons de l’accident et qui tente de trouver le coupable via une vulgaire commission d’enquête. Et pourtant le long-métrage nous joue un petit tour en ce domaine en introduisant son propos par la recréation de la véritable commission enquêtant sur cet événement.

Par-contre, tout n’est pas rose car Deepwater Horizon souffre d’un problème assez important. Ses personnages passent leur temps à disparaître pendant de longues périodes. Nous parlons ici surtout de ceux interprétés par Dylan O’Brien et John Malkovich qui sont assez secondaires à l’histoire. Entre le début de la catastrophe et les derniers instants du long-métrage, ces derniers sont absents pendant une bonne vingtaine de minutes. Et lorsqu’ils sont réintroduits dans le désastre de la plateforme pétrolière, nous sommes tellement concentrés par les images qui défilent devant nos yeux, que nous oublions complètement leur présence et leur raison d’être dans Deepwater Horizon. De plus, il aurait été sympathique que le long-métrage élabore un peu plus sur la présence de BP, ainsi que sur les raisons qui font que ce puis était extrêmement difficile à forer et que la plateforme tombait en ruine. Et, il y a aussi toute l’histoire du ciment expérimental qui traîne un peu en longueur et qui apporte une légère confusion.

Heureusement, c’est sur le plan technique que Deepwater Horizon brille le plus. Peter Berg (Lone Survivor) a misé sur une mise en scène très réaliste et très généreuse en émotions et en explosions. Dès que l’événement arrive, le réalisateur repousse les limites du septième art avec un spectacle si fort que quelques minutes supplémentaires auraient nui au film. Peter Berg nous offre un spectacle si puissant, qu’il nous est impossible de détourner du regard l’écran. Et le fait qu’il utilise des effets pratiques et une plateforme pétrolière aussi véridique que possible aide également cette impression. Deepwater Horizon est définitivement une expérience cinématographique à vivre au cinéma, idéalement en IMAX.

Aussi, nous pouvons sentir le respect du réalisateur envers les hommes et la femme qui ont traversé cet enfer. Il y a dans ses images un désir profond de raconter la réalité et de ne pas tenter d’offrir du spectaculaire, même si les faits en soi semblent irréels, Nous avons même le droit à un puissant hommage aux victimes et aux survivants de l’incident en guise de pré-générique de fin. Le seul reproche que l’on puisse faire au réalisateur, c’est le fait qu’il est parfois impossible de visionner ce que le réalisateur tourne, la faute à une caméra trop branlante. Notons également la trame sonore de Steve Jablonsky (La saga Transformers) qui crée une atmosphère oppressante, tirée aux couteaux. Jablonsky parvient à apporter une énergie supplémentaire au long-métrage, en signant l’une des meilleures compositions de sa carrière.

Dans le rôle titre, nous pouvons aussi retrouver un Mark Wahlberg (Lone Survivor) en grande forme. L’acteur nous livre une performance assez bouleversante, digne d’acteurs plus réputés. Même chose pour Gina Rodriguez (Jane the Virgin) qui a beaucoup d’assurance à l’écran. De plus, ils sont entourés par des Kurt Russell (The Thing) et John Malkovich (Burn After Reading) qui supportent parfaitement ce jeune duo. Dylan O’Brien (The Maze Runner), Kate Hudson (Almost Famous) et Ethan Suplee (American History X) sont également de la partie dans des rôles secondaires mais cruciaux. Le réalisateur de Deepwater Horizon, Peter Berg, s’offre également un petit caméo sur la plateforme pétrolière.

Deepwater Horizon propose l’un des meilleurs spectacles de l’année. Ce long-métrage n’a pas peur de dépasser les limites du septième art en offrant au cinéma catastrophe un représentant dont le réalisme impressionne. Peter Berg a voulu marquer les esprits avec ce film. Il a tenté de nous conscientiser sur notre consommation d’essence avec des images si violentes qu’elles risquent de donner des cauchemars aux cœurs sensibles et aux petits enfants. Il ne reste qu’à espérer que les éventuels  désastres hollywoodiens sauront s’inspirer de Deepwater Horizon


Réalisation : Peter Berg

Scénario : Matthew Michael Carnahan, J.C. Chandor, Matthew Sand

Avec : Mark Wahlberg, Dylan O’Brien, Kurt Russell, Kate Hudson, John Malkovich, Gina Rodriguez, Ethan Suplee, Douglas M. Griffin

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