Diamond Cartel (2017)

Résumé : Mussa fait un accord pour acheter un diamant précieux du chef des Triades, Mr. Lo; pour ensuite se faire voler par Aliya et Ruslan, deux anciens amoureux travaillant pour ces deux hommes. Tandis que l’homme de main de Mussa et de Lo et ancien amoureux d’Aliya devient impliquer dans cette histoire, le tout se transforme rapidement en triangle amoureux…

Critique :

Il n’y a qu’une façon de décrire Diamond Cartel. Habituellement, la catégorie de mauvais films que l’on appelle «nanar» parviennent à être divertissants en devenant tellement horribles qu’il est possible de tirer une certaine forme de divertissement en voyant le long-métrage au second degré. Et bien, Diamond Cartel est si mauvais qu’il devient un mauvais film qui divertit en étant encore plus mauvais et en ne divertissant pas. Un peu comme si nous étions devant un artiste qui reproduit des toiles de Picasso avec des excréments et que nous devions méditer sur le sens de la vie devant cette peinture, nous avons été forcés d’analyser ce film au millième degré pour faire cette critique.

Diamond Cartel sera possiblement l’expérience cinématographique la plus étrange de 2017. Tourné en 2011, le long-métrage débarque au Canada après des années de postproduction et de redoublage des acteurs. L’histoire n’a pas de sens alors que nous suivons des amoureux qui se retrouvent après une série d’événements horribles et qui devront fuir ensemble vers quelque part avec 30 millions de dollars et un diamant.

Ce court résumé cache le fait que nous sommes devant une espèce de version de Roméo & Juliet sous la cocaïne, ayant deux clans rivaux et des amoureux qui ne peuvent s’aimer. Ce voyage nous emmène à des endroits étranges où deux amants sont semblants de tenter de se suicider du haut d’un édifice pour déclarer leur amour, où nous sommes constamment bombardés de flashbacks sur l’amour de ces deux êtres, destinés à s’aimer depuis qu’ils portent des couches et où Cary-Hiroyuki Tagawa (Mortal Kombat) interprète un caïd de la drogue ayant un homme nu et enchaîné dans une cage pour des raisons obscures… Et le fait que les dialogues, délivrés par des acteurs pornos doublant la majorité des acteurs, n’ont aucun sens n’aide pas notre situation. Nous avançons à l’aveugle durant les 90 minutes de Diamond Cartel. Les scènes se suivent, se ressemblent et n’ont aucun sens. Durant quelques quinzaines de minutes, il est même possible de perdre le fil narratif de Diamond Cartel; tellement que le scénario est confus et étrange.

Et pourtant, le long-métrage a clairement des moyens financiers importants, comme le démontrent des décors impressionnants. Salamat Mukhammed-Ali a une vision du cinéma si tordue qu’il est impossible de comprendre sa démarche et de comprendre son incapacité à faire ne serait-ce qu’un mauvais film avec l’argent mis à sa disposition. Le seul fait de filmer une scène de dialogues semble être un exploit impossible pour cet homme. Une scène mémorable où le personnage d’Assante est doublé, durant un monologue intense, par de la musique électronique devrait vous convaincre de ce fait. C’est tout juste si le cinéaste est capable de placer une caméra devant ses yeux…

Au niveau de la distribution, la majorité des acteurs livrent de mauvaises performances, même Peter O’Toole (Lawrence of Arabia) qui semble être sur le point de mourir durant la minute où il traverse l’écran. Armand Assante (Judge Dredd) est le meilleur acteur de cette production en jouant un cinglé si cinglé, qu’il serait impossible à un Nicolas Cage de reproduire le même exploit. Il y a également un cheval qui vole la vedette en étant le formidable interprète d’un rôle de composition où il doit réagir devant une tuerie. Pour ceux qui tenteront de visionner Diamond Cartel, nous vous conseillons de suivre attentivement pour trouver cet étalon…

Étrangement, et malgré une note globale de 3.1 / 10, Diamond Cartel obtient à ce jour une note parfaite chez les femmes de 30 à 44 ans. Si Diamond Cartel semble parvenir à émoustiller les ovaires d’une certaine tranche de la population, le long-métrage se révèle être un calvaire pour tout cinéphile qui se respecte. Néanmoins, nous recommandons tout de même un visionnement du film, ne serait-ce que pour vivre une expérience hors du commun…


Réalisation : Salamat Mukhammed-Ali

Scénario : Magamet Bachaev, Salamat Mukhammed-Ali, Dauren Mussa

Avec : Karlygash Mukhamedzhanova, Armand Assante, Cary-Hiroyuki Tagawa, Peter O’Toole, Olivier Gruner, Tommy ‘Tiny’ Lister, Michael Madsen, Don Wilson, Bolo Yeung

A propos de Michaël Michaud 510 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.