Guardians of the Galaxy Vol. 2 (2017)

C’est en étant une réussite en demie-teinte que Guardians of the Galaxy Vol. 2 tente de conquérir notre cœur.

Critique

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Résumé : Les Gardiens doivent se battre de demeurer une famille alors qu’ils résolvent le mystère de la famille de Peter Quill…

Critique :

Si la formule Marvel recycle les mêmes thèmes et les mêmes artifices, nous avons pu remercier James Gunn en 2014 pour Guardians of the Galaxy; un film de science-fiction spatial qui tentait, enfin, de faire autre chose qu’un simple film de superhéros. Hélas, une suite fut rapidement prévue et Gunn a tenté de faire ce nouveau film avec un objectif en tête : reproduire la magie du premier film. Malheureusement, si nous avons devant les yeux un délice visuel, le scénario de Guardians of the Galaxy Vol. 2 rate totalement la cible…

Durant les années 80, un extraterrestre vit sur Terre où il tombe amoureux d’une jeune terrienne qu’il met enceinte avant de lui montrer une étrange plante. De retour en 2014, les Guardiens de la Galaxie sont engagés par une dirigeante du peuple Sovereign afin de défendre leur planète contre un monstre spatial. Après leur victoire, les Gardiens profitent de leur butin jusqu’au moment où les Sovereigns prennent d’assaut leur vaisseau. À l’aube de la mort, ils seront sauvés par Ego, un mystérieux extraterrestre qui se dit être le père de Peter Quill…

Hélas, l’introduction de ce texte n’était pas une vaine tentative pour attirer votre coup d’oeil. D’un point de vue personnel, le scénario de James Gunn est d’un manque cruel d’originalité. Le premier volet de cette franchise parvenait à créer un voyage cosmique perpétuel où nos héros voyageaient d’une planète à l’autre afin de sauver l’univers d’une menace réelle et tangible. Guardians of the Galaxy Vol. 2 décide d’aller dans un axe complètement opposé en étant un divertissement statique et vide de contenu.

Il suffit de faire une analyse sommaire de la structure narrative pour réaliser que Guardians of the Galaxy Vol. 2 ne fait que du remplissage en continu. La vaste majorité de l’intrigue se déroule sur une planète où la moitié de nos héros attendent patiemment la séquence d’action finale en ayant quelques dialogues et en s’émerveillant des beautés naturelles. L’autre moitié du groupe est coincé dans une quête annexe qui n’a aucune importance sur le dénouement final. Pire encore, l’importance la seule chose qui en découle de ces scènes mettant en vedette Rocket, Groot et Yondu est totalement ruinée par l’exécution de ces moments, alors que le choix que doit faire un personnage devient alors un choix imposé et non libre. En séparant le groupe, Gunn s’est coincé dans un vide rempli d’ennui mortel dont il ne peut se défaire que lorsque nos héros se regroupent pour la scène d’action finale, alors que le scénario semble enfin se mettre en route.

Quitte à parler des points négatifs du long-métrage, l’humour de Guardians of the Galaxy Vol. 2 ne fonctionne que très rarement. La majorité des blagues semblent forcées avec des moments de dérapages qui n’ont tout simplement pas leur place dans le contexte des scènes. Comme cette longue blague sur la taille des excréments de nos protagonistes durant une scène d’action ou cette séquence, où durant un moment chargé en émotions où le spectateur pleure à chaudes larmes, Gunn nous lance à la figure deux icônes des années 80 histoire de nous faire marrer. Cela revient un peu à comparer Gunn à cet oncle pervers qui nous livre une blague sur les seins de notre mère durant les funérailles de cette dernière. Nous pourrions presque dire que c’est par cet humour que Gunn a tenté de contourner le vide de son scénario en nous lançant ces dialogues superficiels. En comparaison, Gunn se servait de cet humour dans le premier volet de sa franchise pour avancer l’histoire et pour étoffer les personnalités de ses Gardiens.

Heureusement, Gunn réussit quelques bonnes choses dans son Guardians of the Galaxy Vol. 2. D’entrée de jeu, le générique d’ouverture est spectaculaire en étant possiblement l’un des meilleurs génériques de l’histoire d’Hollywood. Sans le spoiler, disons simplement qu’il met en évidence ce bon vieux Groot… Ensuite, le personnage de Mantis est un pur bonbon à l’écran alors que toutes ses scènes avec Drax sont les moments forts de ce long-métrage et ceux qui font réellement rires aux larmes. Sinon, le personnage d’Ego apporte un peu de fraîcheur au long-métrage, même si Gunn a des difficultés à bien utiliser le père de Quill à bon escient.

De plus, sur le plan visuel, Gunn se surpasse et excelle sur tous les niveaux en livrant l’un des plus beaux films de l’année. Le réalisateur nous offre une véritable poésie visuelle alors que chaque plan est tout simplement majestueux. De plus, le réalisateur a plusieurs trouvailles visuelles et des cartes cachées dans sa manche (comme un hommage possiblement involontaire à The Hollow Man…) qui font de ce Guardians of the Galaxy Vol. 2 un divertissement visuellement riche. De plus, il y a quelques moments de violence inhabituellement graphique pour une production de MarvelGuaridians of the Galaxy Vol. 2 ne déçoit pas sur le plan sonore avec une trame sonore aussi riche que son aîné, bien que les chansons populaires choisies semblent toucher un public plus restreint que précédemment.

Au niveau de la distribution, tous les Gardiens continuent à offrir d’excellentes performances, surtout Michael Rooker (The Walking Dead) qui a plusieurs bons moments. Kurt Russell (The Thing) livre une classe de maître en jouant Ego, avec une interprétation parfaite du personnage mythique de Marvel. Néanmoins la Québécoise Pom Klementieff (Oldboy) lui vole la vedette en jouant la compagne / assistante d’Ego avec une performance mémorable. Elizabeth Debicki (The Greak Gatsby) est malheureusement assez fade en tant que prêtresse des Sovereigns alors que l’actrice représente la seule ombre au tableau. Crédité au générique, Sylvester Stallone (Rocky) n’est malheureusement présent que pour une minute tout au plus dans un rôle très secondaire. À titre de comparaison, Guardians of the Galaxy Vol.2 regorge d’acteurs tout aussi cultes et certains, comme Ben Browder (vedette des séries de SF Farscape et Stargate SG1), passent plus de temps à l’écran sans être crédités sur l’affiche principale du film, comme ce fut le cas avec Stallone.

Guardians of the Galaxy Vol. 2 est un pur délice sur le plan visuel, alors que chaque plan est plus magnifique que celui qui le précédait. Malheureusement, son vide scénaristique, son manque d’ambition et quelques éléments écartés de cette critique, pour ne rien dévoiler de majeur, ne permettent pas d’égaler son aîné, ni même d’arriver à la cheville de la majorité des productions de Marvel. Avec un troisième chapitre en préproduction, espérons que James Gunn puisse corriger le tir avant qu’il ne soit trop tard.


Réalisation : James Gunn

Scénario : James Gunn

Avec : Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Vin Diesel, Bradley Cooper, Michael Rooker, Karen Gillan, Pom Klementieff, Kurt Russell, Elizabeth Debicki, Ben Browder, Sylvester Stallone

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