Independence Day (1996)

Résumé : Les extraterrestres débarquent sur Terre afin d’envahir et de détruite notre planète. Face à une technologie supérieure, la meilleure arme de la race humaine est sa volonté de survivre.

Critique : 

Si Jaws fut l’inventeur du film estival, Independence Day fut le géniteur du cinéma estival moderne, mais, il fut surtout l’inventeur du cinéma catastrophe moderne. Certes, il y a eu des Earthquake ou des Airport qui ont précédé Independence Day, mais lorsque nous regardons les nanars conçus par les Syfy de ce monde, nous voyons la marque de ce classique de Roland Emmerich. Nous y revoyons constamment les reprises des concepts et des moments forts de ce film de 1996. Et alors que nous célébrons le vingtième anniversaire de ce long-métrage, et qu’une suite est actuellement en salles, il est maintenant temps d’offrir à ce film la critique qu’il mérite…

Des scientifiques découvrent l’arrivée prochaine des extraterrestres sur Terre. Tandis que le gouvernement des États-Unis se prépare à réagir, un réparateur de câble télévisuel de New York, un pilote de l’air de Los Angeles et un épandeur agricole alcoolique seront propulsés dans le désastre planétaire qui est sur le point de se produire. En effet, ces créatures ne sont pas venues en paix et le futur de l’humanité reposera sur cette poignée d’hommes, qui feront tout pour surpasser notre désavantage technologique et pour sauver la race humaine de l’extinction…

Même si Independence Day n’est le film le plus visionné de ma jeune existence (Les sagas Lethal Weapon et Rambo méritent cette distinction…), il reste que ce long-métrage fut l’une de mes premières acquisitions en VHS, une de mes premières acquisitions en DVD et, vous l’aurez deviné, une de mes premières acquisitions en Blu-ray. Non pas que nous avons entre les mains le plus grand long-métrage de l’histoire du cinéma américain, mais nous avons ici un film estival parfait avec de l’émotion, du rire et de l’action.

Les trois aspects du film se mélangent parfaitement grâce aux subtilités du scénario qui parvient à utiliser des personnages stéréotypés sans que cela soit offensant ou dérangeant. Nous pouvons même pousser l’audace en affirmant que ces stéréotypes proposent une bouffée de fraîcheur au cinéma catastrophe dans la mesure où Independence Day reprend essentiellement des thèmes et des personnages initialement vus dans le cinéma des années 50 à 70, un cinéma qui est facilement oublié par les cinéphiles de ce jour. Cela se voit notamment avec le personnage de Steven Hiller qui est l’archétype parfait du soldat patriotique qui rêve d’aller dans l’espace, et qui aura par la force des choses, la possibilité de réaliser son rêve. Certes, cette nostalgie assumée apporte beaucoup de prévisibilité à Independence Day. Puisque nous connaissons parfaitement les stéréotypes qui constituent ces personnages, nous savons d’avance leurs réactions face aux événements du film. Pire encore, la structure narrative du long-métrage est d’autant plus prévisible qu’elle ne contient aucunes surprises.

Bien sur, la quantité imposante de personnages importants aide à camoufler cet aspect. Néanmoins, cela pose un autre problème puisqu’Independence Day peine à demeurer constant en terme d’intensité à cause de ce nombre de personnages, un nombre qui aurait été plus approprié pour une mini-série ou quelque chose du même genre. C’est surtout le deuxième acte du long-métrage qui en souffre alors que le film s’arrête momentanément pour permettre à tous ces personnes d’apparaître à l’écran et de rattraper l’intrigue principale d’Independence Day. Mais, ce qu’il y a de plus dramatique, c’est que plusieurs de ces êtres auraient facilement pu être retirés du montage final, comme tout l’arc narratif de la Première Dame des États-Unis qui est absolument inutile dans la mesure où son personnage n’est présent que pour mourir, ce qui permet par la même occasion de justifier la copine du capitaine Steven Hiller, une danseuse nue qui reste habillée durant son travail, afin de ne pas brusquer les spectateurs du film.

Heureusement, cela n’empêche pas d’apprécier le long-métrage à sa juste valeur. Après-tout, Independence Day est un film d’action divertissant et décomplexé et il remplit ce rôle parfaitement. Les trente premières minutes du film sont encore aujourd’hui considérées par plusieurs, dont moi-même, comme étant l’une des meilleures séquences d’introduction de tous les temps. L’arrivée des extraterrestres sur Terre représente un moment extrêmement fluide et organique du long-métrage, qui s’étire parfaitement jusqu’au moment où le personnage de Will Smith prend son journal et lève les yeux vers le ciel pour y découvrir un énorme vaisseau extraterrestre. Il est impossible de nier le fait qu’Independence Day a une gestion de la tension exemplaire qui nous fait sentir au fil des minutes qui passent que l’humanité est de plus en plus en danger et que la race humaine pourrait bientôt être exterminée.

Roland Emmerich (The Day After Tomorrow) est certainement la cause de cette tension. Fier du succès de Stargate, le réalisateur prouve une maîtrise technique hors du commun, comme si les astres hollywoodiens s’étaient enlignés pour permettre au réalisateur de connaître sa meilleure réalisation à ce jour. Le cinéaste a tout simplement créé un spectacle parfait, avec des scènes d’action extrêmement dynamiques, qui résistent encore aujourd’hui à l’épreuve au temps. Il faut dire qu’Emmerich a choisi d’utiliser beaucoup de miniatures pour illustrer l’action de son long-métrage, des miniatures qui furent conçues avec minutie et précision, donnant une illusion parfaite (Bien que visible pour le fin connaisseur.).Certes, quelques scènes sont horriblement vieillies comme le fameux moment où un chien parvient à fuir le mur de flammes qui s’apprêtaient à le tuer. Également, Independence Day souffre d’un montage parfois vieillot dans la mesure où nous pouvons y trouver de nombreux changements de scènes brusques avec un bruit assourdissant et des images fortes. Cela crée des coupures drastiques qui rappellent étrangement les mauvais téléfilms américains que l’on peut parfois voir au milieu de l’après-midi à la télévision.

La musique d’Independence Day pose également un problème dans la mesure où la trame sonore de David Arnold (Stargate) est à la fois mémorable et oubliable. En revisionnant le long-métrage, les notes du compositeur résonnent en nous, commémorant de nombreux souvenirs par la même occasion. La trame sonore du long-métrage est mémorable au même titre que celle de Star Wars ou de Superman; ce qui est bien normal car après-tout, David Arnold semble s’inspirer des John Williams et des Jerry Goldsmith de ce monde. Sauf que l’on peut sentir une certaine paresse chez Anrold. En effet, la trame sonore d’independance Day est peu originale, s’inspirant grandement des travaux précédents (Comme Stargate) ou à venir (Comme Godzilla) du compositeur, apportant par le fait même un aspect générique à son œuvre qui peut choquer quelques spectateurs…

Pour ce qui est des acteurs, Independence Day se permet un casting assez surprenant. Chacun des acteurs présents dans ce long-métrage ne parvient pas à nous offrir le meilleur rôle de sa vie; mais ils réussissent tous à être crédibles et mémorables dans leurs rôles respectifs. Surtout Will Smith (Men in Black), Bill Pullman (Lost Highway) et Jeff Goldblum (Jurassic Park) qui forment le noyau essentiel à la cohésion de l’histoire et qui sont capables de rendre leurs personnages plus grands que nature. Notons finalement, qu’il est possible de voir Tracey Walker (Batman), Erick Avari (Stargate), Thorn Barry (La franchise Fast & Furious) et Jay Acovone (Stargate SG-1) traverser l’écran si vous êtes suffisamment attentifs.

Bien qi’il ne soit pas le film du siècle, Independence Day est possiblement le Godfather du cinéma estival, en devenant par le fait même l’exemple à suivre, le rival à battre pour les films estivaux à venir, deux distinctions qui manquent malheureusement à Jaws, l’inventeur du film estival. Certes, le long-métrage de Roland Emmerich n’est pas parfait, mais, malgré des défauts assez imposants, le film procure définitivement une immense joie et un sentiment incroyable de nostalgie aux spectateurs qui le visionnent. Il est juste dommage que l’héritage de ce film soit entaché par le déchet que fut Independence Day: Resurgence. Mais cela, c’est une autre histoire…


Réalisation : Roland Emmerich

Scénario : Dean Devlin, Roland Emmerich

Avec : Will Smith, Bill Pullman, Jeff Goldblum, Mary McDonnell, Judd Hirsch, Robert Loggia, Randy Quaid, Margaret Colin, Vivica A. Fox, James Rebhorn, Harvey Fierstein, Adam Baldwin, Brent Spiner, James Duval, Lisa Jakub, Giuseppe Andrews, Ross Bagley, Bill Smitrovich, Mae Whitman, Harry Connick Jr.

A propos de Michaël Michaud 448 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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