Mythica: A Quest for Heroes (2015)

Nous analysons en détail le premier volet de la saga cinématographique Mythica avec cette critique…

Critique

Écrit par

Résumé : Sous les conseils de Gojun Pye, un ami et magicien, une jeune esclave décide de s’affranchir de force et s’embarque dans une aventure épique en aidant une jeune prêtresse…

Critique : 

Il y a toujours un risque à parler d’un long-métrage ayant fait l’objet d’une compagnie sur Kickstarter, Indiegogo, et toute autre plateforme de socio-financement. Si, après réception du produit, on découvre que ce film est mauvais, on éprouve une certaine honte, puisque l’on a surévalué le potentiel du produit final, on éprouve de la compassion envers les artisans qui ont travaillé si fort sur ce film et notre orgueil en prend un coup puisque l’on avoue «publiquement» que l’on vient de payer 25 dollars (ou plus) un navet… Heureusement, ce n’est pas le cas avec Mythica: A Quest for Heroes, un long-métrage qui a connu une campagne Kickstarter et qui est fort sympathique.

Premier volet d’une trilogie,  Mythica: A Quest for Heroes, suit le périple de trois aventuriers, un guerrier, un voleur et une apprentie magicienne, qui aident une jeune prêtresse à sauver sa sœur, kidnappée par un ogre. Sur cette prémisse un peu simple, le scénario offre une histoire très agréable, avec plusieurs pointes d’humour et de subtilités touchant surtout les personnages, qui malgré quelques clichés,  parviennent à rendre ce monde encore plus crédible. C’est d’autant plus remarquable, puisqu’avec ce long-métrage, nous sommes dans un monde médiéval, 100% original, vivant avec ses propres codes et sa propre mythologie.

Cependant, le scénario de Mythica: A Quest for Heroes a deux énormes problèmes. D’abord, il n’y a aucun antagoniste, aucune menace. Certes, il y a un ogre, mais il ne représente en aucun moment une menace réelle. Le seul antagoniste apparaît un court instant dans la première scène du film et il a un caméo de deux secondes plus tard dans le récit. Pendant plus de 75 minutes, nos héros combattent des soldats, des orcs et même un «pimp» (Oui, je sais…), mais aucun méchant, puisque même l’ogre doit travailler pour quelqu’un, ce qui m’amène à mon second point négatif, le scénario divertit pour 90 minutes et 90 minutes seulement.

Puisque dès que l’on commence à réfléchir sur les événements qui se produisent dans ce film, on remarque rapidement les limitations du scénario qui aurait nécessité plus de temps et de révision pour maintenir une cohérence durable pendant l’heure et demie du long-métrage. Par-exemple, le plan du méchant, celui dont la présence à l’écran ne dépasse pas la minute, est ridiculement ridicule. Le méchant veut un objet magique bien précis. Pour y arriver, il laisse un ogre kidnapper la demoiselle, ce qui est d’autant plus stupide puisque cela signifie que l’ogre est «l’homme de main» du méchant,  et que ce méchant a jugé bon d’utiliser les compétences d’un être peu intelligent et cannibale pour interroger une demoiselle à coups de grognements. Quel plan de génie…

À la réalisation, Anne K. Black (Dawn of the Dragonslayer) fait un excellent travail en tenant compte du budget qui était à sa disposition. Malgré un travail assez conventionnel, elle parvient à nous offrir une caméra qui est plus jolie et généreuse que la réalité. À aucun moment le film semble avoir un faible budget, la caméra est jolie, tout comme les costumes, les décors, [etc], rendant ainsi le long-métrage plus épique, plus véridique. Aussi, il me faut admettre qu’au niveau de l’action, nous sommes plutôt gâtés par le talent de Black qui offre quelques scènes de combat plus excitantes, bien que courtes.

Néanmoins, on peut sentir une certaine gêne de la part de la réalisatrice lorsque nos héros combattent le fameux ogre. Même en ayant des effets spéciaux assez jolis pour un film sortant directement en DVD/VOD (Ils manquent certes de finition, mais ils sont supérieurs à ceux présents dans certaines des grosses sorties DVD critiquées dernièrement sur Actionerd…), à aucun moment nous avons l’impression que l’ogre se bat «réellement» contre les acteurs. De plus, pour continuer à parler de la réalisation, il y a quelques scènes avec des divinités (Un hibou…), qui malgré leur puissance symbolique réelle envers les personnages féminins du récit, sont affreuses et, parfois pénibles à visionner.

Et puis il y a la trame sonore… D’entrée de jeu, il me faut admettre que la composition musicale de Nathaniel Drew est parfaite pour un film fantastique, me rappelant même quelques jeux-vidéos grâce à quelques tonalités ici et là. Et il me faut admettre aussi que dans la majorité du temps, les musiques donnent le ton et l’ambiance des scènes avec une certaine grâce. Sauf qu’il y a un certain pépin lorsque cette trame sonore enterre les dialogues empêchant ainsi notre pleine compréhension de ces dernières.

Au niveau du casting, nous sommes capable de séparer les acteurs en deux grandes catégories. Il y a les acteurs masculins qui sont fort sympathiques, avec un Adam Johnson (Vamp U) jouant le guerrier et Jake Stormoen (The Christmas Dragon) jouant un voleur. Johnson apporte un «je ne sais quoi» à son personnage, ce qui nous donne envie de passer une soirée avec son personnage, pour boire une bière, ou tout autre alcool, et pour l’entendre nous raconter des histoires de guerre et autres légendes locales. Pour sa part, Stormoen est assez intéressant et offre une performance plutôt crédible, malgré que son personnage disparaisse au beau milieu du long-métrage, pour revenir à temps pour le final…

Et il y a les actrices féminines Melanie Stone (Survivor) et Nicola Posener (Axed) qui offrent elles aussi des bonnes performances, sauf qu’à quelques moments nous pouvions sentir un certain manque d’expérience pour tenir des rôles principaux dans un long-métrage, engendrant ainsi un léger manque de confiance qui les forçaient à surjouer durant quelques scènes. Également, nous pouvons noter la présence fort agréable de Christopher Robin Miller (Return to Halloweentown) dans un rôle secondaire qui m’a grandement rappelé, de par le costume et l’interprétation de l’acteur, le personnage de Gimli dans la trilogie Lord of the Rings et le caméo de Kevin Sorbo (Hercules) pour une scène, même si le personnage est appelé à revenir dans les prochains volets de la trilogie.

Avant de conclure cette critique, il me faut revenir rapidement sur un point qui m’a grandement perturbé, ce film est le premier volet d’une trilogie. Et lorsque je dis cela, je le dis négativement puisque les 90 minutes de Mythica: A Quest for Heroes se dégustent comme une sorte de mise en contexte pour une possible histoire qui va possiblement venir dans un autre volet de la saga. Si Mythica: A Quest for Heroes était un roman, il serait le prologue précédant le premier chapitre du livre, ce qui est finalement un peu décevant.

En conclusion, Mythica: A Quest for Heroes est le premier volet d’une aventure épiquement fantastique. Ce long-métrage divertit, malgré son lot de défauts, grâce à de nombreuses qualités grandement supérieures et à ses artisans qui ont travaillé avec leur cœur, une chose de plus en plus rare dans le cinéma américain. N’hésitez pas et laissez-vous charmer par le monde de Mythica: A Quest for Heroes!!!


Réalisation : Anne K. Black

Scénario : Anne K. Black, Jason Faller, Kynan Griffin

Avec : Melanie Stone, Adam Johnson, Jake Stormoen, Nicola Posener, Christopher Robin Miller, Kevin Sorbo, Natalie Devine, Robert Jayne, Michael Flynn, Kee Chan

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