Mythica: The Godslayer (2016)

Même en évitant de visionner des mauvais films en ce début d’année, nous n’avons pu échapper à Mythica: The Godslayer…

Critique

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Résumé : Tandis que la légion de zombies du roi liche ravage le monde, Marek, une sorcière maudite, embarque dans une quête pour obtenir une arme des dieux, avec l’aide de Dagen, un demi-elfe. Mais lorsqu’elle rejoint son ennemi juré dans un geste désespéré pour sauver le monde, elle doit retrouver la bonté en elle avant que ses amis soient tous morts et afin de tuer le roi liche avant que les Dieux ne soient détruits et que le monde soit réduit en esclavage.

Critique :

Ayant écrit des centaines de critiques sur de nombreux sites, j’ai souvent été confronté à des textes difficiles à rédiger. Et bien, Mythica: The Godslayer fut possiblement l’article le plus ardu à concevoir pour la simple raison que mon visionnement du film fut tout aussi, sinon plus, pénible que l’écriture de la critique dudit film. Mais avant de tirer à canons chargés sur Mythica: The Godslayer, je dois tout de même apporter une nuance : Je suis un grand amateur de la saga Mythica. Vous pouvez même relire mes avis des quatre précédents volets, où vous pourriez constater que les trois premiers chapitres de Mythica sont de solides divertissements. Certes, Mythica 4 fut une grande déception, dans la mesure où l’intégralité de son scénario reposait sur une mini-fourgonnette «camouflée» en «char médiéval» dans un univers soudainement steampunk. Ce fut d’ailleurs peut-être un élément qui fut remarqué par les scénaristes / créateurs de la saga puisque le chariot disparaît dès l’une des premières scènes du iflm. Malheureusement la suite n’est aucunement agréable…

Alors qu’on nous promettait un dernier volet exemplaire à la populaire franchise, on nous a, à la place, servi un coma scénaristique soporifique et endormant. Pourtant, ce cinquième Mythica débutait sur une certaine forme de promesse avec les premières secondes se déroulant à la fin d’une bataille entre l’armée de Thane et celle de Szorlok, où nous voyons une maîtrise technique certaine du réalisateur John Lyde et où nous voyons ce Szorlok, le grand méchant de la saga, hurler un monologue à la Lune avant de pousser un cri machiavélique, tout en chevauchant un dragon que l’on ne verra plus pour le reste du film. À quelque part, j’aurais du me rendre compte que l’introduction de Szorlok serait à me préparer au foutoir que sera le reste de Mythica: The Godslayer.

D’entrée de jeu, le reste de la première heure du long-métrage nous donne le sentiment que nous voyons une version allongée de ce qui aurait pu être résumé en une bonne quinzaine de minutes par un montage compétent.  Durant ce laps de temps, nous avons l’impression d’entrer dans un sable mouvant, où les scénaristes ne font que des choix discutables. D’abord, nous avons le droit à deux longues expositions détaillées des passés de deux de nos héros, Marek et Dagen. Était-ce utile d’obtenir un bon vingt minutes d’exposition sur l’enfance de ces deux personnages principaux? Oui, c’est évident, mais ce fut une erreur monumentale d’inclure ces longues séquences durant le DERNIER volet de la franchise, à quelques minutes d’intervalle l’une de l’autre. Depuis quatre volets, nous avons appris à connaître ces personnes en long et en large, ce qui rend ce point scénaristique totalement inutile, surtout que cette exploration des personnalités de nos héros n’a aucun effet sur le déroulement de l’intrigue.

Même chose pour la «non-intrigue» sur Marek concernant sa possible trahison envers Szorlok. L’intention était louable, mais dès les premiers instants, nous savons que cela n’aura jamais lieu car la saga n’a pas une écriture suffisamment solide et audacieuse pour se lancer dans cette démarche et puisque nous sommes dans le dernier volet de la franchise et qu’au rythme où se déroule Mythica: The Godslayer, cette intrigue manquera de temps pour se développer. Et effectivement, Mythica 5 n’a pas le temps de développer correctement cette sous-intrigue qui devient ainsi une énorme perte de temps et un boulet à conclusion des aventures de nos héros. Et comme si ce n’était pas assez, il me faut continuer à descendre Mythica: The Godslayer à cause de trois énormes défauts scénaristiques (et techniques). Et oui, le scénario de Mythica 5 est à ce point mauvais…

Premièrement, il faut s’offusquer des sorts réservés à Thane et à Teela. Même si la quête de Marek et de Thane doit, malheureusement, occuper une bonne partie du long-métrage, Mythica: The Godslayer semble oublier à la base qu’il doit conclure une franchise basée sur un quatuor de personnages. Voir une moitié du casting principal être relégué à des rôles presque de soutien équivaut à une version de The Lord of the Rings: The Return of the King où la moitié de la communauté de l’anneau aurait pris des vacances, quelque part sur une île déserte… Parlant de Lord of the Rings, il faut revenir à l’intrigue globale de Mythica 5 qui reprend brièvement l’intrigue de son ainé. Pour faire simple, Marek et Dagen doivent parcourir des milliers (?) de kilomètres afin de pénétrer dans un endroit mythique et infranchissable, pour y récupérer un marteau pour, finalement, détruire une source de pouvoir immense. Dans les deux médias, nous devons assister à une longue et pénible marche pour nos héros en pleine nature, avec de nombreux ennemis aux trousses.

Le hic, c’est que contrairement à The Lords of the Rings, le voyage de nos héros est à l’image du reste du film, ennuyeux et d’une lenteur excessive, malgré les nombreuses embuches subies par Marek et Dagen. Et évidemment,  il y a un énorme obstacle à affronter afin d’entrer dans ce lieu appelé «Underworld», puisqu’il n’y pas d’entrée balisée pour pénétrer dans ce lieu. Je ne vais pas vous dévoiler la façon dont nos héros vont entrer dans ce lieu, ni le processus pour découvrir la fameuse porte d’entrée, mais je vais simplement dire que la simple mention du mot «Underworld» nous permet d’avoir une bonne heure d’avance sur nos héros qui ont des difficultés à découvrir la porte d’entrée d«Underworld» et qui tournent en rond avant de pénétrer dans ce lieu (La façon pour y accéder est si évidente que cela en est presque insultant…) et dire que le concept même d’«Underworld» apporte quelques incohérences avec un chapitre précédent où nous héros font «accidentellement» les étapes nécessaires pour entrer dans ce lieu, sans nécessairement y pénétrer.

De plus, tout l’«Underworld» ce limite grossièrement à d’horribles effets spéciaux, où un personnage doit courir devant un écran vert, et à un caméo de Kristian Nairn, qui permet de constater l’étendue limitée du jeu d’acteur de cet homme principalement connu pour la série Game of Thrones. Et finalement, il y a de nombreux problèmes dans le scénario qui démontre un léger manque de révision. Certaines séquences, non touchées par les nombreux pépins cités précédemment, manquent de fluidité scénaristique (Comme le moment «film horrifique de zombies» dans une guide de voleurs…) et apportent des incohérences amusantes (Le décompte avant l’arrivée de l’armée de Szorlok, au lieu de la résistance, qui passe de cinq à trois jours en une trentaine de secondes…).

Pour conclure sur une bonne note, il me faut vous souligner que John Lyde demeure compétent derrière une caméra (Espérons qu’il continue à faire des films d’action pour des décennies…) et que la majorité du casting continue à offrir de solides performances. Il y a également un excellent générique de fin qui apportera beaucoup de nostalgie aux fans de la franchise Mythica.

Pour ces fans, il me faut dire ceci : Non, je n’avais pas prévu de descendre ainsi Mythica: The Godslayer. C’est juste que les scénaristes du film, qui ont connu beaucoup de succès par le passé et qui sont très compétents dans leur domaine, ont simplement fait les plus mauvais choix pour les meilleures raisons du monde. Les seuls moments où j’ai réellement été diverti par Mythica: The Godslayer, ce fut durant le caméo de Kevin Sorbo et durant le montage du générique de film. Pour ma part, la franchise Mythica s’est réellement conclue durant le troisième chapitre, Mythica: The Necromancer. Le quatrième chapitre représente une sorte d’épilogue et Mythica: The Godslayer sera un navet que je reverrais probablement pour jamais de ma vie…


Réalisation : John Lyde

Scénario : Jason Faller, Kynan Griffin

Avec : Melanie Stone, Jake Stormoen, Matthew Mercer, Adam Johnson, Nicola Posener, Christopher Robin Miller, Kristian Nairn, Kevin Sorbo

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