Ride Along (2014)

Résumé : Ben, un gardien de sécurité, doit obtenir le respect du frère de sa petite-amie, un policier nommé James. Pour ce faire, Ben accompagne James dans une patrouille journalière d’Atlanta.

Critique :

Ride Along faisait partie de cette liste de films que nous n’avons pas le temps de visionner lors de sa sortie, mais que voulons absolument visionner une fois dans notre vie. Certes, Ride Along n’était peut-être pas le meilleur candidat pour une liste de ce genre, mais il faut rendre à César ce qui appartient à César : les bandes-annonces de ce film de 2014 promettaient un divertissement très comique. Malheureusement, Ride Along ne méritait pas une place sur cette liste…

Ben, un gardien de sécurité d’une école secondaire de la rue, tente avec vigueur d’entrer dans l’académie de police. Son voeu sera exaucé, mais Ben aura une énorme étape à franchir. Il devra être accepté par James, son beau-frère policier qui n’approuve pas la relation avec sa sœur. James accepte de donner une chance à Ben, à condition de survivre à une journée dans les rues d’Atlanta avec lui.

Il faut dire que malgré son succès planétaire, Ride Along connut une sortie assez étrange au Québec, où il fut traité comme un DTV de seconde zone, avec une version anglaise s’accompagnant de sous-titres assez approximatifs. Pour les pessimistes dans la salle, il était clair de cette façon de distribuer Ride Along laissait présager qu’un mauvais divertissement allait nous tomber dessus. Et bien, vous n’avez pas tort puisque Ride Along est une grosse déception du début jusqu’à la fin.

Le long-métrage a de nombreux problèmes qui apparaissent dès le générique d’ouverture. Ride Along n’est qu’une série de numéros d’humour tentant de constituer une histoire globale. Certes, la plupart des comédies américaines fonctionnent sur ce moule, mais ces dernières font au moins l’effort de tenter de raconter une véritable histoire. Ici, Ride Along donne l’impression d’oublier ce qui constitue l’arc narratif principal de nos héros : réussir à capturer Omar, un criminel dont nous ne connaissons pas l’identité. À de multiples occasions, nous venons à oublier que le périple de James constitue à capturer ce dangereux bandit, à cause des nombreuses bouffonneries que l’autre personnage central fait.

À cause de cela, nous avons l’impression d’alterner constamment entre deux films : un sérieux avec Ice Cube et un comique avec Kevin Hart. Néanmoins, handicapé par une histoire assez clichée, l’humoriste est incapable de soutirer le moindre rire, nous forçant à endurer un somnifère de deux heures. Même si les deux acteurs sont constamment ensemble, le scénario de Ride Along les place dans des films différents, ce qui ne permet pas à Hart à utiliser son plein potentiel comique puisqu’il n’y a personne pour lui donner la réplique, sauf lui-même. Ce problème est d’autant plus visible lorsque nous arrivons à la meilleure scène du film, dans un entrepôt où Kevin Hart effectue un long monologue devant plusieurs criminels.

Et même en faisant obstruction de ce point, il est impossible de ne pas nier les dialogues assez mauvais de l’ensemble de l’oeuvre qui ne font qu’enchaîner une série de clichés; ce qui ne serait pas un problème en soit si Ride Along tentait activement de raconter une véritable histoire. Les deux personnages principaux obtiennent certes un meilleur équilibre en seconde moitié, mais il est déjà trop tard puisque nous venons de passer une heure à regarder notre montre en attendant d’être divertis. Ride Along tente également de nous surprendre avec un revirement de situation durant cette seconde moitié, mais c’est un revirement assez prévisible, surtout si l’on tient compte de la distribution du film…

Sur le plan technique, Tim Story ne semble plus être l’homme qu’il fut sur des grosses productions comme Fantastic Four. Le réalisateur ne fait pas un travail horrible, mais il ne semble plus être en contrôle de ses moyens. N’ayant pas encore visionné Ride Along 2, il m’est encore impossible de savoir si Story s’est amélioré depuis. Pour Ride Along, Story offre une caméra digne d’un cinéaste débutant dans le milieu, avec une caméra correcte sans plus. À chaque fois que Story tente de dynamiser sa pellicule, il en ressort des plans infects, comme lors d’une conversation nos deux héros où Story place la caméra à quelques centimètres de l’un des acteurs ou lors d’une mauvaise reprise d’une scène culte de Friday.

Bien que cela ne soit pas une excuse en soi, il faut noter que le budget de cette production fut relativement minime. Ride Along transpire la pauvreté dans la mesure où les décors semblent parfois provenir des restes d’une série télévisée d’une seconde zone. Mais le pire dans ce détail, c’est que Ride Along s’est entêté à faire de l’un des personnages principaux un pur geek. Un détail anodin qui devient comique lorsque ce dernier joue à un jeu vidéo, alors que la production n’avait pas les moyens de se payer un véritable jeu, se contentant d’une hideuse vidéo faite par des gens qui n’ont jamais touché à une console de salon de leur vie. De plus, nous pouvons presque détecter les scènes issues d’un second tournage puisque le coiffeur de Kevin Hart a clairement raté la coupe de cheveux de l’acteur, une impression qui vient renforcer le fait que nous visionnons deux films en même temps.

Parlant de ce dernier, il nous faut louanger Kevin Hart (Central Intelligence) qui tient le film sur ses épaules. Il n’est peut-être pas un grand acteur, au sens figuré comme au sens propre, mais il semble être le seul qui se force réellement à divertir le public. Face à lui, nous avons un Ice Cube (Friday) qui se contente de rester en retrait durant la majorité de ses scènes et de regarder les autres acteurs parler, en étant aussi excité que Donald Trump devant des immigrants illégaux. John Leguizamo (John Wick), Bruce McGill (Lincoln) et Bryan Callen (Warrior) sont également de la partie dans des rôles secondaires sans saveur. De plus, notons que Laurence Fishburne (The Matrix) traverse l’écran pour deux scènes.

Il est assez étonnant que Ride Along ait connu un certain succès en 2014, avec plus de 150 millions de dollars au box-office. Au mieux, nous pouvons qualifier ce long-métrage comme étant un DTV de luxe avec des vedettes de cinéma de seconde zone. Dans le pire des cas, nous pouvons qualifier Ride Along de comédie ennuyeuse incapable de décider si elle veut faire rire ou si elle veut être une compilation de sketchs. Il est d’autant plus surprenant que Ride Along eut une suite en 2016, une suite qui aura éventuellement une critique sur notre site…


Réalisation : Tim Story

Scénario : Greg Coolidge, Jason Mantzoukas, Phil Hay, Matt Manfredi

Avec : Ice Cube, Kevin Hart, John Leguizamo, Bruce McGill, Tika Sumpter, Bryan Callen, Laurence Fishburne, Dragos Bucur, Gary Owen

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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