Snow White and the Huntsman (2012)

Résumé : Dans relecture du conte de fée, un chasseur doit retrouver Blanche Neige pour la ramener à son exécution mais il décide de devenir son protecteur et son mentor dans sa victoire contre une méchante reine.

Critique : 

Il faut une certaine audace pour faire du conte Blanche-Neige et les Sept Nains un film d’action compétent. Et c’est pourtant ce que le réalisateur Rupert Sanders a tenté de faire en 2012 avec Snow White and the Huntsman, un long-métrage qui a connu à l’époque un accueil assez froid de la part du public et de la critique en général…

Peu de temps après la mort de son épouse, un roi trouve une femme sur un champ de bataille et décide de la marier immédiatement, sans se douter que cette dernière a l’intention de tuer le roi dès leur nuit de noces. Des années plus tard, alors que le peuple se meurt face à la tyrannie de la reine, la fille du roi, enfermée dans une tour du château, parvient enfin à s’évader et à disparaître dans la forêt maléfique entourant le château. Ayant besoin du cœur de la belle pour ne plus vieillir et pour acquérir une jeunesse éternelle, la reine engage un chasseur pour retrouver la princesse en fuite…

Snow White and the Huntsman nous offre une relecture moderne d’un classique de Disney. Par le passé, ce genre d’adaptation rate souvent la cible; il ne suffit qu’à penser à Sydney White ou à Snow White: A Tale of Terror. Heureusement Snow White and the Huntsman n’est pas un navet, loin de là, mais ce n’est pas grâce à son scénario que le film parvient à attendre ce titre, puisque même avec de nombreux efforts, le texte du long-métrage ne fait que le minimum syndical pour générer une histoire crédible et logique.

En se basant sur l’univers graphique que son réalisateur lui apporte, le long-métrage parvient à créer un monde immersif qui propose quelque chose d’unique et de différent. Dans cette différence se trouve la principalement force du long-métrage, puisqu’après-tout, Snow White and the Huntsman propose une histoire que l’on connait par-cœur, avec une structure scénaristique qui rappelle étrangement Star Wars: Episode IV – A New Hope. Et c’est lorsque le long-métrage reste dans cet univers, comme lors de la séquence mettant en vedette un troll ou lorsque nos personnages rencontrent des fées, que le film fonctionne.

Mais puisque nous sommes en face d’une histoire cousue de fils blancs, le scénario comporte suffisamment d’incohérences et d’illogismes pour nous distraire à de multiples reprises. Cela est causé par un texte qui brise à de multiples reprises ses propres lois comme en faisant de son héroïne principale, une gamine qui a passé la majorité de sa vie dans une cellule, une féroce guerrière capable de diriger une armée. De plus, Snow White and the Huntsman se plante à de multiples reprises dans la gestion de ses personnages, notamment avec le triangle amoureux entre Blanche-Neige, le chasseur et William, qui semble totalement artificiel, dans une tentative désespérée de toucher les fans de la saga Twilight. Aussi, le film tente à de multiples reprises d’accorder de l’importance à des personnages ou à des événements anodins, comme le frère de la reine qui devient subitement le meurtrier de la femme du chasseur, sans que cela ne soit nécessaire ou approprié.

Mais si le scénario du long-métrage n’aide pas la cause du film, c’est surtout grâce à Rupert Sanders que Snow White and the Huntsman mérite son succès relatif. L’homme, qui obtenait ici sa première réalisation hollywoodienne, est parvenu sous la supervision du producteur Joe Roth (Alice in Wonderland, Oz the Great and PowerfulMaleficent, Peter Pan) à créer un univers exclusif qui offre quelque chose d’original à l’ensemble de l’oeuvre. Sanders fait avec le célèbre conte quelque chose d’unique et de majestueux, quelque chose qui est pratiquement parfait, alors que chaque plan du long-métrage est un pur délice à nos yeux. Et même des éléments qui semblent anodins, comme le fameux miroir de la reine maléfique, deviennent magiques sous les mains du réalisateur.

Il faut dire que le réalisateur est grandement aidé dans sa démarche par les effets spéciaux de Cedric Nicolas-Troyan, qui est également le second réalisateur de cette production, et par les costumes de Colleen Atwood (Arrow), qui supportent parfaitement le réalisateur dans sa démarche visuelle. Malheureusement, il reste que le film aurait pu avoir un montage plus serré, ce qui aurait grandement diminué les faiblesses scénaristiques du long-métrage… Pour sa part, la trame sonore de James Newton Howard (The Dark Knight) propose quelque chose de majestueux et d’unique qui capture à la perfection l’univers du long-métrage et qui parvient même à nous faire verser quelques larmes et à nous apporter quelques frissons lorsque cela est nécessaire.

Dans le rôle titre, Kristen Stewart (La saga Twilight) offre une performance honnête avec un jeu d’actrice qui s’accorde assez bien avec le ton du film. Ses prétendants amoureux demeurent la grande faiblesse du casting puisque Chris Hemsworth (Thor) ne parvient pas à générer l’intensité nécessaire pour rendre sa présence remarquable et que Sam Claflin (La franchise Hunger Games) est assez oubliable et mauvais dans le rôle de William. Dans le rôle de la méchante reine, Charlize Theron (Prometheus) offre une performance assez intéressante qui cadre parfaitement avec le délire visuel du long-métrage, tout comme Sam Spruell dans le rôle de son frère.

À cause d’une scénario assez lamentable, Snow White and the Huntsman ne parvient pas à atteindre son objectif et à être une adaptation spectaculaire du conte de Blanche-Neige. Cela n’empêche pas au film d’offrir un bon divertissement à son spectateur, tant que ce dernier ne recherche pas un film intellectuel ou logique à se mettre sous la dent. Mais avec la fin plutôt conclusive du long-métrage, nous avons déjà envie de voir ce que The Huntsman: Winter’s War dans sa tentative possiblement vaine d’offrir une suite compétente à Snow White and the Huntsman


Réalisation : Rupert Sanders

Scénario : Evan Daugherty, John Lee Hancock, Hossein Amini

Avec : Kristen Stewart, Chris Hemsworth, Charlize Theron, Sam Claflin, Sam Spruell, Ian McShane, Bob Hoskins, Ray Winstone, Nick Frost, Eddie Marsan, Toby Jones, Johnny Harris, Brian Gleeson, Vincent Regan

A propos de Michaël Michaud 448 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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