Supergirl – Saison 1 (2015-2016)

Résumé : Une jeune femme née sur Krypton décide de s’épanouir et de devenir une super-héroïne.

Critique : 

Cette saison, DC Comics a dominé la télévision américaine avec pas moins de sept séries télévisées. L’une de ces séries nous proposait la première adaptation sérieuse de la cousine de Superman, après le fiasco du Supergirl de 1980 et après son apparition dans la série télévisée Smallville. Sauf que l’héroïne de Krupton n’avait pas prévue être le prix de consolation d’un groupe de scénaristes qui mourraient d’envie de vous raconter l’épopée de Superman…

Envoyée sur Terre à l’âge de 13 ans, Kara Zor-El devait débarquer sur Terre en même temps que son cousin Kal-El afin de le protéger, mais elle resta coincée dans la Zone Fantôme. Après 24 années d’hibernation, elle parvient finalement à attendre la Terre, où elle découvrit son cousin combat le crime sous le pseudonyme de Superman. Maintenant connue sous le nom de Kara Danvers, la Kryptonienne révèle sa véritable identité au reste de la planète lorsqu’elle voit sa sœur adoptive être coincée dans un accident d’avion, en direct à la télévision. Adoptant le pseudonyme de Supergirl, Kara décide de suivre l’exemple de son cousin et de combattre le crime de National City, en compagnie de sa sœur, une agente secrète du DEOchargée de capturer les extraterrestres vivant sur Terre, de Winslow « Winn » Schott, Jr., fils d’un génie du mal, et de James Olsen, le meilleur ami de Superman.

D’entrée de jeu, nous devons vous avertir que cette critique risque de contenir quelques spoilers importants sur les treize premiers épisodes de la saison et quelques spoilers légers pour le reste de la série; rien qui peut vous gâcher votre visionnement de Supergirl, mais nous tenons à vous avertir par courtoisie. Ce n’est pas de notre faute, mais pour analyser en profondeur Supergirl, il nous faut découper en profondeur le scénario de la série qui semble être écrite par des bipolaires.

En effet, Supergirl tente d’apporter au public américain (Et accessoirement au public canadien, français, britannique…) un divertissement télévisuel crédible en mettant de l’avant un personnage féminin fort, sans pour autant tomber dans les clichés du tutu rose. Mais au sein même de l’histoire de la super-héroïne, nous pouvons sentir un profond déchirement au sein de la communauté de scénaristes qui écrivent cette série, à un point tel que nous pouvons clairement séparer la première saison de la série en deux. D’un côté nous avons un début de saison inégal qui sombre souvent dans la médiocrité et qui nous donne l’impression que les scénaristes avaient plutôt envie d’écrire une série télévisée sur Superman. De l’autre côté, après les treize épisodes commandés initialement par CBS, nous sommes devant une série plus maîtrisée et plus divertissante qui met trop d’ampleur sur un personnage inutile, inventé que pour remplir le reste de la saison, en attendant l’aboutissement du plan machiavélique de Non.

Supergirl nous raconte les origines de l’héroïne du même, nom qui après avoir assisté aux exploits de son cousin, décide de devenir également une super-héroïne lorsque la vie de sa sœur adoptive est menacée. Pour l’aider dans cette quête, la série forme deux équipes, une équipe dite «civile» avec James Olsen et Winslow « Winn » Schott Jr. et une équipe dite «militaire» avec sa sœur adoptive, Alex Danvers et son supérieur, Hawk Henshaw. De par la nature de la série, nous passons plus de temps avec les alliés civils de l’héroïne, avec lesquels elle développera un triangle amoureux qui donnera beaucoup de matière aux scénaristes et beaucoup de haine de notre part, surtout lorsque des romances «alternatives» seront introduites pour les deux hommes (Lucy Lane et Siobhan Smythe). Heureusement dans l’ensemble, la dynamique entre ces trois personnages est plutôt réussie, même si nous avons l’impression se visionner une version enfantine de Twilight.

Mais l’équipe «militaire» n’est pas en reste car c’est grâce à elle que la série avance, puisque Alex Danvers, ou la sœur adoptive de Supergirl, travaille au sein du DEO, un organisme gouvernemental chargé d’arrêter et d’emprisonner les extraterrestres venus sur Terre, au même moment que Supergirl s’est «évadée» de la Zone Fantôme. Ces deux équipes d’acolytes permet à la série d’apporter une petite rivalité bienvenue à la série, une rivalité qui symbolise la gauche politique face à la droite politique, le peuple face au gouvernement, la liberté de presse face aux secrets de l’armée. Cette rivalité est d’autant plus étonnante que le DEO est plutôt incompétent dans son approche préventive alors qu’une unité d’élite top secrète dirigée par un extraterrestre (Oui car dès les débuts de la série, nous apprenons qu’Hawk Henshaw est en réalité le célèbre Martian Manhunter…) se fait parfois battre à plate couture par un geek et par le meilleur ami de Superman…

Parler du DEO nous permet d’évoquer les nombreux défauts de Supergirl. Puisque cet organisme est chargé de surveiller les ennemis de l’héroïne, il nous faut parler de ces derniers. La série adopte le concept du méchant de la semaine avec un grand vilain par saison (Comme c’est le cas pour Arrow et The Flash…). Malheureusement, sur le plan scénaristique, la série ne fait rien pour rendre crédible ses vilains et pour créer un véritable moment de tension entre Supergirl et ses ennemis, à un point tel que nous avons l’impression d’assister à un vulgaire combat de pelouse entre des gamins cherchant à dépasser leur énergie. Certes, nous avons un Toyman et un Red Tornado qui nous ont donné de bona affrontements, mais à part ces deux personnages, nous oublions le reste des antagonistes de la série au fur et à mesure que les épisodes se terminent.

Et pour ce qui est de l’arc global de la saison, Supergirl touche presque la cible avec Astra, la tante de Supergirl qui s’est révélée être la meilleure adversaire que pouvait trouver l’héroïne, tant sur le plan physique qu’émotionnel, jusqu’au moment où cette dernière est laissée de côté par la série, pour se concentrer essentiellement sur son mari, Non (Que l’on connait surtout pour être le géant muet de Superman II.). Malheureusement, Supergirl ne laisse jamais de place à ce personnage, nous donnant l’impression que les scénaristes forcent le personnage de Non à faire un coucou aux deux épisodes, du fond de sa cave extraterrestre, avant de disparaître à jamais. Et lorsque la saison s’intéresse enfin à Non, dans les deux derniers épisodes, nous sommes en face d’un méchant dépassé par les événements et qui n’est même pas l’architecte de son propre plan…

D’ailleurs, un autre défaut de Supergirl se trouve dans la construction de ses personnages secondaires. Mis à part le personnage de Cat Grant, tous les personnages non-essentiels à l’intrigue sont médiocres. En effet, dans le meilleur des cas nous avons un Maxwell Lord qui est un clone de seconde zone de Lex Luthor. Dans le pire des cas, nous avons une Lucy Lane qui est insupportable et épuisante, surtout lorsque la série tente par tous les moyens de justifier sa présence. Mais Lucy n’est rien en comparaison de Siobhan Smythe, un personnage principal connu sous les traits de Silver Banshee, un personnage rendant les épisodes 14 à 18 légèrement insoutenables…

Pour conclure notre analyse du scénario de la série, il nous faut noter la lâcheté des scénaristes de la série qui bâclent à plusieurs occasions l’arc narratif de la série. Cela se ressent notamment avec le personnage de Superman, que la série fait tout pour accorder une présence à cet être mythique sans jamais nous le montrer, même si cela fait passer ce super-héros pour un abruti capable, avec une certaine absurdité, de «texter» en plein vol. Aussi, nous devons vous signifier qu’après une saison complète, nous n’avons aucune idée de l’étendue de l’empire médiatique de Cat Grant. Es-ce un journal papier, une chaîne de télévision, un magazine people, un blog, une émission de radio, toutes ces options? En plus, à aucun moment nous ne voyons un semblant de journalisme par Cat Grant ou ses employés, à l’exception de Jimmy Olsen qui prend quelques photos à l’occasion et pour le plaisir. Et à de multiples reprises, notamment dans le final de la saison, nous pouvons sentir que les scénaristes ne savent pas comment conclure leurs intrigues, en causant de multiples incohérences et des revirements de situations illogiques qui peuvent déranger et fâcher son spectateur, qu’il soit fan de DC Comics ou non.

Si la série est un vrai bordel sur le plan scénaristique, nous pouvons au moins saluer les prouesses techniques de Supergirl. Il faut dire que le fait d’avoir à la réalisation des cinéastes comme Lexi Alexander (Réalisatrice du premier Green Street Hooligans), Kevin Tancharoen (Réalisateur des séries Mortal Kombat) et Thor Freudenthal (Percy Jackson: Sea of Monsters) a grandement aidé la série sur ce point. Les effets spéciaux de la série sont parmi les meilleurs de l’industrie, nous donnant l’opportunité d’avoir quelques scènes d’action grandioses. Un peu moins dans la première moitié de saison alors que la série cherchait encore son rythme de croisière (Par cette remarque, nous ciblons surtout le premier combat entre Supergirl et Astra…). Aussi la série se permet quelques extravagances au niveau des décors et des maquillages, mais encore là notre avis sera mitigé puisque pour des conceptions d’extraterrestres réussies et une planète Mars magnifique dans l’épisode consacré  au passé de Martian Manhunter, nous avons également des perruques douteuses et une Krypton assez générique.

Pour ce qui de Supergirl en tant que tel, ses super-pouvoirs sont bien réalisés, surtout sa vision thermique qui l’emporte haut la main sur toutes les autres adaptations des héros de Krypton en termes de beauté, de puissance et du facteur «Wow!!». Et nous avons autant d’éloges à faire pour la version bizarro de Supergirl qui possède également un certain charme. Sur le plan musical, Blake Neely (Compositeur des séries Arrow, Blindspot, The Flash et Legends of Tomorrow) offre un thème assez générique à la série, qui n’hésite pas à utiliser des reprises de chansons populaires pour meubler ses épisodes. Heureusement, la chanson principale de la série est suffisamment mémorable pour nous donner un petit pincement au cœur lors du générique d’ouverture de chaque épisode.

Dans le rôle titre, Melissa Benoist (Glee) est délicieuse dans le rôle de Supergirl alors que son personnage emprunte la voie pavée par Christopher Reeve dans les années 70 et 80. David Harewood (Homeland) et Calista Flockhart (Ally McBeal) ont également de bonnes présences à l’écran, volant toutes les scènes où leurs personnages apparaissent. Le reste du casting est plutôt moyen avec plusieurs pommes pourrîtes, comme Chris Vance (Prison Break) ou Italia Ricci (American Pie Presents Beta House), qui sont incapables d’apporter de la crédibilité à leurs personnages.

Si le niveau d’écriture de Supergirl était capable de dépasser celui de Batman & Robin ou de Catwoman, nous pourrions vous conseiller de visionner cette série. Malheureusement, nous avons l’impression que la série est écrite par des amateurs qui bénéficient d’un budget télévisuel illimité. Oui, car il nous faut admettre que la série est assez jolie et qu’elle offre un niveau de divertissement non-négligeable. Malheureusement, ce n’est pas assez pour pouvoir rivaliser avec les autres adaptations télévisuelles de DC Comics et de Marvel. Et puisque la série n’est pas encore renouvelée, en date du 19 avril 2016, nous devons supposer que la chaîne CBS arrive aux mêmes conclusions que nous…


Créateur : Ali Adler, Greg Berlanti, Andrew Kreisberg

Diffusée sur : CBS

Avec : Melissa Benoist, Mehcad Brooks, Chyler Leigh, Jeremy Jordan, David Harewood, Calista Flockhart, Peter Facinelli, Jenna Dewan Tatum, Briana Venskus, Chris Vance, Jay Jackson, Laura Benanti, Italia Ricci

A propos de Michaël Michaud 448 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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