The Asian Connection (2016)

Résumé : Deux expatriés américains, Jack et Sam, volent sans le vouloir l’argent d’un trafiquant de drogue lors d’une série de cambriolage en Asie du Sud, devenant ainsi les cibles de cette organisation criminelle. Mais lorsque Sam est tué, Jack se réfugie chez l’amour de sa vie, Avalon, et le couple devient une version moderne de Bonnie et Clyde en combattant cette organisation criminelle.

Critique : 

Steven Seagal est de retour pour un nouveau long-métrage où il obtient un nouveau rôle secondaire, dans lequel il doit partager la vedette avec sa doublure. Cette fois-ci, l’acteur nous transporte en Thaïlande pour le dernier projet cinématographique de Daniel Zirilli, un réalisateur principalement connu pour des films d’action miteux mettant en vedette des stars des circuits de la MMA. Malheureusement pour nous, il s’agit d’un autre projet récent de Steven Seagal qu’il faut éviter à tout prix…

Jack et Sam sont des criminels de seconde zone qui décident de passer à une étape supérieure de leurs carrières de hors-la-loi en braquant une banque dans un pays voisin. Malheureusement, l’argent de cette banque appartient à un puissant criminel nommé Gan Sirankiri, qui envoie ses hommes à la recherche de ces deux bandits. Flairant la bonne affaire, Niran, un homme de main de Sirankiri, décide de forcer Jack et Sam à commettre des vols en échange d’une certaine forme de protection et en menaçant de tuer la petite-amie de Jack.

Il n’y a pas moins d’un mois, nous avons assisté à la sortie de l’un des plus mauvais films de la filmographie de Steven Seagal, avec Sniper: Special Ops . Avec peu de surprises (Il faut dire que nos attentes envers The Asian Connection étaient peu élevées…), The Asian Connection parvient à battre son aîné en termes de médiocrité avec une intrigue aucunement travaillée qui se focalise sur deux voleurs braquant des petites banques de campagne. Et le long-métrage tente d’en faire une histoire épique axée sur l’homme rebelle qui tente de satisfaire l’amour de son amoureuse en devenant un gentil criminel au grand cœur, alors que les destins de ces deux êtres enteront en collision avec un puissant criminel sanguinaire. C’est malheureusement tout ce que le long-métrage a à nous offrir en termes d’arc narratif.

The Asian Connection n’est qu’une idée sympathique qui est camouflée sous une montagne de scènes peu intéressantes et de dialogues peu luisants. Si l’on se concentre juste sur ces derniers, la première critique qui nous vient à l’esprit est le fait que les personnages parlent entre-eux sans être dans la même conversation, ce qui arrive souvent avec les deux personnages principaux. Même si ces hommes parlent du même sujet, nous avons souvent l’impression que John Edward Lee (Jack) et Byron Gibson (Sam) conversent avec deux versions différentes du scénario entre les mains, alors que leurs dialogues ont peu de cohérence en termes de ton et de logique. Certes, c’est le moindre des problèmes du long-métrage, mais cela est un pépin récurrent qui vient nous titiller à plusieurs reprises.

En effet puisque les véritables problèmes de The Asian Connection se trouvent ailleurs, comme avec le personnage de Steven Seagal qui est incroyablement stupide dans la mesure où un de ses lieutenants lui dit que l’argent est marqué et que lorsqu’un des deux bandits utiliseront lesdits billets de banque, l’organisation de Seagal en sera immédiatement informé. Sauf que lorsque la recherche des deux bandits piétine, le personnage de Seagal préfère menacer de tuer ses hommes plutôt que de penser à regarder si l’argent a été utilisé (À titre informatif, ses hommes ne sont guère plus intelligents…). Les protagonistes principaux ne sont guère plus intéressants alors que les deux braqueurs sont des abrutis incapables d’être le moindrement logique lorsqu’ils ouvrent la bouche (Comme lorsque Jack dispute Sam quand ce dernier utilise l’argent pour se payer une Mercedes usagée des années 90, dont la valeur devrait avoisiner les deux milles dollars, sous le prétexte que Sam est trop pauvre pour justifier une telle dépense…). Le personnage féminin de The Asian Connection n’est guère mieux. Elle narre le long-métrage comme si elle était dans un conte de fée en nous faisant la morale sur le fait qu’il ne faut absolument pas gagner de l’argent grâce à des actes criminels et / ou douteux, mais dès qu’elle en a l’opportunité d’avoir une relation sexuelle sur une montagne d’argent (En pointant un revolver dans toutes les directions…) ou de braquer une banque, elle est aussi excitée d’une gamine devant Justin Bieber

Si au moins les scènes d’action pouvaient nous consoler. Malgré une certaine compétence de Daniel Zirilli (Locked Down), le réalisateur du film, aucune scène d’action de The Asian Connection n’est réaliste. La séquence d’ouverture de Seagal, digne d’un hommage à Nanarland, voit ce dernier combattre un rival jusqu’à la mort dans un duel au sabre (Gros couteaux…) où les deux hommes ne font que dessiner des X dans les airs, en pensant être «cools et virils»… L’autre gros moment d’action de Seagal voit ce dernier assommer deux combattants de MMA grâce à un seul coup de poing, sans aucunes raisons valables. Au niveau des fusillades, nous voyons une abondance d’effets numériques si ridicules que rien ne semble réel, ainsi que des personnages qui semblent tirer les yeux fermés. Et lorsqu’arrive enfin la grosse séquence d’action du long-métrage, nous éclatons de rire puisque nous assistons à une course poursuite où une personne à pied parvient à rattraper sans grande difficulté des voleurs à moto fuyant la police…

Également, sur le plan technique Daniel Zirilli peine à être crédible. Malgré des décors exotiques et une photographie sympathique, le réalisateur ne parvient pas à instaurer un véritable rythme au long-métrage au sombre assez rapidement sur le respirateur artificiel. Rien ne semble organique dans son approche. Certes, le budget du long-métrage n’aide pas sa cause (Comme le démontre le fait que la plupart des véhicules semble rouler au ralenti, pour ne pas les abimer…), mais ne c’est pas une excuse, surtout lorsque le réalisateur semble plus intéressé à filmer des paysages ou à piloter un drone. Et au niveau de la trame sonore nous sommes aussi en face d’une énorme déception puisque Ali Helnwein (Bad Roomies) nous offre une trame musicale assez générique qui est malheureusement enterrée par le montage sonore parfois douteux de The Asian Connection.

Dans les rôles titres, John Edward Lee (Un punk de Terminator Genisys et de The Twilight Saga: Breaking Dawn – Part 2) et Byron Gibson (Ony God Forgives) proposent un duo assez bipolaire alors que le premier offre une performance assez mauvaise et peu crédible, et que le seconde semble être le seul acteur véritablement investi de cette production. Pim Bubear (The Man with the Iron Fist 2) ne fait guère mieux en n’étant aussi fade qu’une fleur défraîchie. Pour sa part, Sahajak Boonthanakit (No Escape) semble être sur le pilote automatique, ce qui ne l’empêche toutefois pas de rendre de Niran le moindrement crédible. Et n’espérez rien des présences de Steven Seagal (Under Siege), qui n’apparaît que dans quelques scènes afin de toucher de façon grotesque et quasi-incestueuse une jeune asiatique, et de Michael Jai White qui, malgré le premier rôle au générique du film, n’est là que pour quelques secondes dans le rôle d’un trafiquant d’armes.

Si vous ne l’avez pas déjà deviné, The Asian Connection n’a pas une place très haute dans notre estime. Il est encore trop tôt pour affirmer qu’il est le plus mauvais film de l’année, mais il ne devrait avoir aucune difficulté à être l’un des pires projets de la filmographie de Seagal. Et pourtant, il y a de bonnes chances que vous et moi continuerons à suivre la carrière de Seagal jusqu’à la mort de l’acteur et que nous continuerons à être déçus de ses apparitions. The Asian Connection ne fait que confirmer que la carrière de l’acteur est définitivement sur une pente descendante, sans aucune possibilité d’une éventuelle remontée…


Réalisation : Daniel Zirilli

Scénario : D. Glase Lomond, Tom Sizemore, Daniel Zirilli

Avec : John Edward Lee, Byron Gibson, Pim Bubear, Sahajak Boonthanakit, Steven Seagal, Byron Bishop, Michael Jai White

The Asian Connection (2016)
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A propos de Michaël Michaud 570 Articles
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