The Huntsman: Winter’s War (2016)

Voici The Huntsman: Winter’s War, ou comment faire une suite totalement inutile qui ne respecte pas son aîné, tout en étant ennuyeuse…

Critique

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Résumé : Une reine subit l’affront ultime lorsque deux guerriers de son royaume commettent un crime en ayant des sentiments affectifs l’un pour l’autre. Ces deux êtres devront s’unir pour arrêter le règne terrifique de cette reine et libérer le peuple de sa tyrannie.

Critique : 

Même si le long-métrage nous est présenté comme étant un antépisode (Ou prequel…) à Snow White and the Huntsman, nous nous trouvons dans le mensonge puisque The Huntsman: Winter’s War est clairement la suite de son aîné, malgré un flashback d’introduction d’une quinzaine de minutes. Évidemment, pour l’œil pas averti, cela peut sembler être un geste audacieux, puisque Snow White and the Huntsman concluait rondement son intrigue, en tuant au passage la méchante reine, fermant ainsi toute possibilité d’une suite. Mais puisque nous avons cette dernière entre les mains et que la méchante reine est de retour, il est aujourd’hui nécessaire de questionner la pertinence d’un tel long-métrage…

Il était une fois Ravenna, une méchante reine, qui dirige avec une main de fer le royaume de son défunt mari avec l’aide de sa sœur, Freya, une gante dame follement amoureuse d’un homme marié. Lorsque le bambin né de l’union de Freya meurt lors d’atroces souffrances, cette dernière acquiert des pouvoirs magiques glacials et part en exil dans le nord du royaume pour y bâtir un empire né de sa rage. Des années plus tard, alors que Ravenna est morte et que son miroir a disparu (Après avoir rendu folle Blanche-Neige…), Freya tente de récupérer ledit miroir afin de satisfaire sa soif de pouvoir, tandis qu’un valeureux chasseur et quelques nains tentent de la battre dans cette course à la montre épique…

Il est difficile de dire du bien de The Huntsman: Winter’s War, un film qui parvient à faire tout ce que son prédécesseur parvenait à faire, mais en moins bien. À un point tel que nous ressortons du long-métrage avec la curieuse idée que nous venons de perdre notre temps à visionner ce bordel cinématographique. D’entrée de jeu, il nous faut vous rappeler que le film ne se déroule pas avant les événements de Snow White and the Huntsman, mais bel et bien après. Certes, nous avons le droit à un court résumé des origines de Freya et du chasseur, mais dans ce résumé nous pouvons y sentir une approche digne de la franchise The Mummy, avec un long flashback qui nous est raconté par un narrateur.

Nous pouvons même aller plus loin dans cette affirmation en nous disant que The Huntsman: Winter’s War reprend plus ou moins la même trame scénaristique et les mêmes enjeux que The Mummy Returns, mais en y retirant tout l’humour et toute l’excitation que l’on pouvait y trouver. Ce n’est à cause d’un manque d’efforts de la part des scénaristes Evan Spiliotopoulos (The Nutty Professor) et Craig Mazin (Scary Movie 3 et 4), mais leur approche est tellement à côté de la plaque, que toutes les tentatives des écrivains pour créer une histoire palpitante ratent la cible. Aucunement aidés par une campagne publicitaire qui a dévoilé l’entièreté de leur texte, les deux hommes font tout ce qui est possible pour apporter des détours et des embûches aux aventures de nos héros, histoire de nous divertir, même si cela ralentit considérablement The Huntsman: Winter’s War durant son deuxième tiers.

De plus, The Huntsman: Winter’s War échoue son rôle de suite en apportant un nombre important d’incohérences à la franchise et au long-métrage. Si seulement le long-métrage aurait continué sur la voie d’antépisode, il aurait pu y conserver quelques plumes, malgré le fait que le frère de Ravenna n’existe simplement pas dans cette suite. Car une fois que nous débarquons dans le présent de nos héros, un changement de ton important s’y déroule, alors que le film passe du drame fantastique une comédie partiellement parodique qui tente d’émuler The Princess Bride. Équipé de cette légèreté, le long-métrage s’enlise dans une succession d’erreurs parfois anodines (Des personnes voulant tuer le chasseur refusent de se servir de leurs armes pour tuer le chasseur et préfèrent à la place utiliser leurs poings…), parfois graves (Dans le premier volet, le chasseur est endeuillé par sa femme morte, tuée par le frère de Ravenna. Dans The Huntsman: Winter’s War, le chasseur n’est plus endeuillé par le meurtre de sa femme, ledit meurtre ne s’est jamais produit (Sa femme n’a jamais été morte…) et le frère de Ravenna n’a jamais existé…). Et pourtant, il aurait été facile de situer toute l’intrigue du long-métrage dans le passé du chasseur et de corriger ainsi une bonne parties des incohérences, car au final, ce n’est que grâce à quelques éléments, comme le retour de Ravenna, que le récit peut se prétendre être une suite à Snow White and the Huntsman

Derrière la caméra Cedric Nicolas-Troyan, dont c’est la première réalisation, fait un boulot sympathique. Avec entre les mains un budget réduit, le réalisateur livre la marchandise en tentant de commettre le moins d’erreurs possibles. Si nous excluons des scènes d’action parfois illisibles, le cinéaste parvient à attendre cet objectif. Malheureusement, il n’a pas le génie visuel de Rupert Sanders, le réalisateur du précédent volet de la franchise, et lorsque Nicolas-Troyan tente d’imiter Sanders à quelques moments du long-métrage, il se plante royalement pour la simple et bonne raison que le réalisateur The Huntsman: Winter’s War manque d’imagination et nous livre qu’une pâle copie visuelle de son aîné.

Aussi, le budget plus faible de cette suite limite grandement l’univers exprimé par le long-métrage. Les décors ont parfois l’air d’être faits en styromousse, les effets spéciaux manquent souvent de finition (Principalement dans l’affrontement final où Charlize Theron se transforme en une réplique du «Terminator»…) et pour un long-métrage s’intitulant «Winter’s War» ou «Guerre Hivernale», nous sommes déçus de constater qu’il n’y a aucune guerre dans le long-métrage… Même sur le plan musical cela se ressent puisque nous avons entre les mains une composition bâclée et facilement oubliable de James Newton Howard (The Dark Knight) qui semble recycler les restants musicaux du premier volet.

Dans le rôle titre, Chris Hemsworth (Thor) semble être sur le pilotage automatique en se contentait de sourire à la caméra en attendant son cachet de dix millions… En comparaison, Charlize Theron (Mad Max: Fury Road) obtient le même cachet, mais se force à fournir une performance convenable, même si elle n’est présent que pour deux séquences, dans un rôle équivalent à celui de Dwayne Johnson dans The Mummy Returns (Mais soyez rassurés, Charlize Theron ne se transforme pas en scorpion géant…). Nouvelles dans cet univers, Jessica Chastain (The Martian) et Emily Blunt (Edge of Tomorrow) sont particulièrement effacées dans leurs rôles respectifs. Pour leurs parts, Nick Frost (Hot Fuzz) et Sam Claflin (La saga Hunger Games) sont également de retours, même si leurs présences sont aucunement nécessaires. Notons aussi que Blanche-Neige est de retour grâce à des scènes du précédent volet et à un double de Kristen Stewart qui ressemble plus à la fille de The Ring et que si vous visionnez ce long-métrage dans sa version originale, vous aurez la chance d’entendre la voix de Liam Neeson (Taken), qui est le narrateur des aventures de nos héros…

The Huntsman: Winter’s War est un film assez ennuyeux. Malheureusement, il est suffisamment divertissant pour éviter que l’on s’endorme devant un long-métrage qui est aucunement nécessaire. Et puisque sa fin ouverte annonce haut et fort un troisième volet à cette franchise, nous espérons fortement que The Huntsman: Winter’s War se plante royalement au box-office mondial, afin que l’on puisse enterrer cette franchise une bonne fois pour toute…


Réalisation : Cedric Nicolas-Troyan

Scénario : Craig Mazin, Evan Spiliotopoulos

Avec : Jessica Chastain, Chris Hemsworth, Emily Blunt, Charlize Theron, Sam Claflin, Sheridan Smith, Sophie Cookson, Colin Morgan, Nick Frost, Rob Brydon, Alexandra Roach, Liam Neeson

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