The ReZort (2016)

Nous découvrons The ReZort, un long-métrage qui tente de jouer sur les plates-bandes de Steven Spielberg en étant armé d’une horde de zombies.

Critique

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Résumé : The Rezort, un parc safari, offre à ses invités l’opportunité de tuer autant de zombies qu’ils le désirent à la suite d’une épidémie.

Critique : 

Avec la mode des films de zombies des dernières années, nous avons eu le droit à de multiples adaptations de ce sous-genre horrifique qui a servi à illustrer plein de choses, comme des histoires d’amour, des comédies à l’eau de rose ou des films d’action bien bourrins. Jusqu’ici, personne n’avait réellement eu l’idée de reprendre Jurassic Park à la sauce zombie. Certes, il y a eu Zoombies, en 2016, par le studio Asylum, mais ce dernier mettait en vedette des animaux transformés en zombies et il exécutait cette prémisse avec un amateurisme parfois comique. Cela fait de The ReZort, la première véritable tentative de mélanger ce genre horrifique au classique de Steven Spielberg.

Tandis qu’elle pleure encore la mort de son père durant une guerre mondiale entre les zombies et les humains, Melanie voit une opportunité d’être à nouveau heureuse lorsqu’une amie de son groupe thérapeutique lui parle de The ReZort, un endroit où l’on peut bronzer au soleil, siroter quelques cocktails et tuer des zombies à volonté. Entraînant son copain, un ancien soldat, dans l’aventure, Melanie découvrira rapidement la dure réalité de ces créatures, une réalité qui devra plus horrible lorsque quelqu’un sabotera le parc…

Même s’il nous ressert une bonne partie de l’intrigue de Jurassic Park pendant 45 minutes, The ReZort avait une prémisse sacrément intéressante et « originale » à nous offrir. En jouant dans les cartes de Steven Spielberg et de George A. Romero, le long-métrage avait un potentiel certain; un potentiel qu’il ne parvient jamais à réaliser. The ReZort n’est pas un mauvais film, loin de là. C’est juste qu’il y a un manque de finition assez visible dans le produit final que l’on est forcé de regarder.

La première moitié de The ReZort se veut être une reprise de Jurassic Park (à la sauce Westworld) où nous suivons un groupe de passagers qui débarquent sur une île où des touristes peuvent participer à un safari de zombies. Ce beau petit groupe est diversifié afin de représenter toutes les sphères de la société, incluant des adolescents insupportables ayant gagné à un concours en ligne à une fiancée abandonnée par son petit copain. À partir de ce moment, nous pouvons déjà sentir les problèmes arriver alors que nous posons des questions existentielles, comme sur le fait de tuer des zombies pour sauver un deuil ou sur le renouvellement du bétail dans une si petite île. Si certaines de ces questions obtiennent une réponse, elles démontrent néanmoins les failles d’une histoire incapable de camoufler ses tares; des tares qui gâcheront quelques revirements en fin de parcours.

En voulant répliquer le succès de Jurassic Park, Paul Gerstenberger (House of Anubis) oublie de tenir compte du bon sens de ses spectateurs et crée par le fait même de nombreux problèmes de logique. Ce qui est d’autant plus dommage puisque dans le second tiers, le scénariste jette tout à la fenêtre pour devenir un simple film d’action à la sauce zombie où les personnages doivent aller du point A ou point B, en tuant quelques monstres au passage. Dès lors, nous tombons dans les clichés du genre avec ces personnages qui changent parfois de personnalité au revers d’une scène, comme le copain aimant et protecteur de Melissa qui devient soudainement un pur salopard égoïste lorsque Gerstenberger ne sait pas quoi faire avec ce dernier.

Et parlant des personnages, il est un peu dommage que The ReZort se force à nous montrer plein de gens totalement inutiles à l’intrigue durant sa première moitié, comme les techniciens informatiques ou les autres groupes présents dans ce safari, des groupes composés de clichés ambulants. Cela retire du développement à notre groupe de chasseurs favoris, empêchant de créer une connexion entre ces gens et le spectateur. Il faut attendre le dernier vingt minutes pour que l’on commence réellement à tenir à la survie des protagonistes, car jusqu’ici ils n’étaient que de la chair à canon. Notons également que The ReZort a une faible durée de 90 minutes. Avec une durée aussi faible, il est ennuyant que nous devions subir plusieurs minutes de bulletins de nouvelles fictifs servant à tenter mettre en place l’intrigue du long-métrage et à tenter de le conclure correctement. Cela ne fait qu’ajouter de longues minutes où le film vomit de l’exposition agissant comme de puissants somnifères…

Heureusement, The ReZort se démarque sur le plan technique grâce à Steve Barker, un réalisateur dont la filmographie se résumait jusqu’ici à deux autres productions de zombies, Outpost et Outpost: Black Sun. Barker parvient à faire de The ReZort un film plus grand que nature avec plusieurs éléments visuels franchement réussis, et ce malgré un budget assez restreint. Si l’on exclut quelques pépins, comme les bulletins de nouvelles, Barker réussit à illustrer presque parfaitement les propos du film, grâce à des maquillages bien foutus et à des décors variés, passant du vide désertique à des lieux industriels d’après-guerre.

Le cinéaste parvient même à garder un rythme d’enfer, offrant constamment du divertissement, sans pour autant sacrifier sur les moments d’action ou de terreur, bien que The ReZort ne soit pas un film réellement terrifiant. Malgré quelques moments de tensions à couper le souffle, aucun spectateur n’aura réellement peur en visionnant ce long-métrage. Néanmoins, nous pouvons presque sentir que Barker a jeté l’éponge pour les dernières minutes de sa pellicule qui sont visuellement décevantes. Le réalisateur nous sort des plans de caméras chaotiques et des effets spéciaux incomplets où nous avons l’impression que les personnages, vivants ou morts-vivants, ont parfois l’impression qu’être des petits points noirs sur un écran vert.

Au niveau de la distribution, The ReZort parvient à tirer profit d’un groupe d’acteurs inconnus. Le plus grand nom au générique, Dougray Scott (Taken 3) mène le groupe avec un rôle en retrait qui gagne en importance au cours de l’histoire et avec un jeu d’acteur impeccable et infaillible. Jessica De Gouw (Dracula) et Martin McCann (The Pacific) jouent le petit couple au genre de l’intrigue et ils ont d’honnêtes présences, surtout De Gouw qui joue avec beaucoup de subtilité une femme en plein deuil de son père. Le reste du générique fait du bon boulot sans pour autant se démarquer, à l’exception de Elen Rhys (The Bastard Executioner) dont le jeu nous rappelle grandement celui de Kate Hudson.

Même si plusieurs choses négatives ont été écrites à propos de The ReZort, vous ne devez pas fuir ce long-métrage pour autant. Certes, il aurait pu être plus original dans sa prémisse et il aurait pu s’assumer totalement, mais cela n’empêche pas le spectateur moyen d’y trouver un profond divertissement. De plus, il parvient à faire écho à la crise syrienne entre deux massacres de morts-vivants, ce qui est bienvenu. Bref, The ReZort est un bon petit film de zombies, qui plaira à tout le monde, sans pour autant révolutionner le genre…


Réalisation : Steve Barker

Scénario : Paul Gerstenberger

Avec :  Dougray Scott, Jessica De Gouw, Martin McCann, Claire Goose, Elen Rhys, Jassa Ahluwalia, Lawrence Walker, Kevin Shen

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