Cross Mission (1988)

Résumé : Un général latino-américain dirige son pays avec une main ferme et des profits tirés du commerce de drogues illicites. Une femme photojournaliste, qui couvre une histoire dans le pays, convainc le bras droit du général de changer de voie.

Critique : 

Des fois, il est important de retourner à un monde plus simple, celui des années 80 où les films d’action consistaient à des armées se faisant décimer par un seul homme et à des rivières d’explosions détruisant tout sur leur passage. L’Italie des années 80 était un terrain propice à ce genre de divertissement, avec beaucoup de films à petits budgets qui repoussaient les limites de la sécurité et du bon goût pour plaire à un public de masse.

Cross Mission débute alors qu’un certain Général Romero incendie une plantation de drogues du haut de son hélicoptère. Par la suite, une journaliste assiste à une conférence de presse entourant cet événement. Ne pouvant avoir de réponses, elle entreprend de séduire un Marine américain fraîchement débarqué à son hôtel pour obtenir une entrevue avec Romero, sans se douter du chaos que les deux amoureux allaient devoir faire face…

D’entrée de jeu, Cross Mission n’a rien de mémorable. Son seul fait de guerre notoire fut d’être l’un des quatre films sélectionnés par Cannon dans le cadre de « Michael Dudikoff Presents Action »; une série de VHS où Michael Dudikoff (American Ninja) introduisait des films d’action distribués par le studio Cannon dans le cadre de leurs sorties dans les clubs vidéo (Bridge to Hell, The Bronx Executioner et Urban Warriors furent les trois autres films de cette compilation.).

Et pourtant, Cross Mission est une perle rare qui mérite d’être visionnée au moins une fois dans sa vie. Une perle qui n’a, comme souligné ci-haut, rien de mémorable. L’histoire est assez générique avec un américain devenant le sauveur d’une nation indigène terrorisée par un tyran militaire. Et cette prémisse, Cross Mission ne la maîtrise pas suffisamment pour créer un divertissement convenable. Il y a plusieurs longueurs, peu d’action (en faisant le jeu de la comparaison) et les dialogues sont très mauvais. Néanmoins, la carte cachée de Cross Mission réside dans son antagoniste, le Général Romero.

La seule façon de décrire Romero c’est comme ceci : c’est un psychopathe pratiquant la magie noire, capable de lancer des éclairs de ses mains et d’invoquer un nain diabolique; un nain qui est aussi capable de lancer des éclairs… Cross Mission n’utilise pas assez cette originalité pour être un film culte, mais dans les quelques scènes où cela se produit, nous tombons dans un pur délice. Avec un niveau de divertissement qui atteint des sommets jamais égalés…

Sur le plan technique, disons qu’Alfonso Brescia (Iron Warrior) est le genre de cinéaste qui n’impressionne pas de par ses décisions. Bien qu’il soit capable de bien cadrer et de filmer l’action correctement, il reste que Brescia fait des choix typiques des nanars italiens dont on aime se moquer; comme en plaçant une caméra dans un véhicule se déplaçant à haute vitesse sur un chemin de terre. Ce qui donne un résultat final assez nauséeux…

Pour ce qui est des rôles-titres, Richard Randall et BrigittePorsche, dont c’est les seuls et uniques rôles en carrières, interprètent des héros tout à fait convenables. Rien de spectaculaire, mais rien de mauvais non plus. Maurice Poli (Caligula) offre également une performance honnête dans le rôle du Général Romero, bien que nous aurions aimé qu’il utilise plus en profondeur la folie de son personnage. Acteur le plus connu de Cross Mission, Nelson de la Rosa (The Island of Dr. Moreau) est présent pour quelques scènes, lui est bien évidemment le nain démoniaque que nous avons mentionné tantôt.

Cross Mission est un mauvais film italien avec peu de moyens, un scénario et une réalisation parfois pénibles, ainsi qu’un léger manque d’ambition. Bref, c’est un cas typique des nanars produits par ce pays, sauf que Cross Mission a quelques éclairs de génie. Ce qui rend l’expérience mémorable, à défaut d’être pleinement agréable.


Réalisation : Alfonso Brescia

Scénario : Donald Russo, Gaetano Russo

Avec : Richard Randall, Brigitte Porsche, Peter Hintz, Maurice Poli, Anna Silvia Grullon, Jacobo Vasquez, Nelson de la Rosa

A propos de Michaël Michaud 447 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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