Den of Thieves (2018)

Résumé : Les vies d’une unité d’élite du bureau du shérif de Los Angeles et de la bande de criminels la plus fructueuse de l’état qui planifie l’impossible braquage de la réserve fédérale américaine.

Critique :

Si le mois de janvier est réservé aux navets d’Hollywood, il reste que depuis quelques années le pays de Donald Trump profite de la saison froide pour nous lancer quelques bons films d’horreur et d’action. Cette année, nous avons eu le droit à The Commuter et à Den of Thieves, Le second connait actuellement une belle carrière cinématographique en Amérique du Nord, ce qui permettra à Gerard Butler d’avoir une autre franchise à son Curriculum Vitae.

Pour créer ce divertissement, Christian Gudegast (dont c’est également la première réalisation) se contente de nous refaire un Heat à la sauce moderne. Bien que le cinéaste a fait ses classes, nous avons ici une pâle copie qui offre l’oeuvre de Michael Mann. Certes Den of Thieves offre un bel exercice entre les différences psychologiques de la police et des braqueurs du film, mais ce n’est pas assez pour créer une belle histoire.

Le principal problème de Den of Thieves c’est qu’il se prend trop au sérieux. Un clone de Heat aurait été suffisant pour obtenir une bonne expérience cinématographique, mais le divertissement de Gudegast tente de faire un peu trop de choses à la fois. D’une durée de 2H20, le long-métrage aurait facilement pu être réduit de plusieurs minutes pour ainsi obtenir un rythme plus cohérent et plus intéressant. La première partie est clairement le talon d’Achille à ce chapitre avec un peu trop d’explications, ainsi que les présentations des personnages qui ne se font pas aussi fluidement que l’on pourrait espérer.

De plus, quelques scènes sont inutiles et brisent sérieusement le rythme de Den of Thieves. À un moment donné, le personnage de 50 Cent décide de présenter à son groupe le petit copain de sa fille afin de l’intimider. On ne sait pas trop pourquoi et on ne connait aucun braqueur qui pourrait tenté de reproduire la même chose; sauf pour faire une tentative désespérée d’humour dans un film très sérieux… Également, de nombreuses incohérences détruisent à chaque séquence la tentative du long-métrage d’être crédible dans sa reconstruction de Heat. Cela ne veut pas dire que le long-métrage n’a pas quelques bonnes idées de génie. Quelques personnages sont intéressants, dont celui de Gerard Butler, quelques scènes sont sympathiques (celle du restaurant asiatique) et Den of Thieves tente désespérément de nous surprendre avec un revirement final bien placé.

Pour sa première réalisation, Christian Gudegast (London has Fallen) effectue un travail assez remarquable. Sans être la révélation de 2018, le cinéaste se montre amplement capable de créer des moments de tensions efficaces et des scènes d’action intéressantes, comme le démontre la scène d’introduction impliquant un fourgon blindé ou la longue séquence finale. Seules sa mauvaise gestion du rythme et la longueur obsessive de Den of Thieves nous prouvent que nous avons affaire à un cinéaste inexpérimenté à la tête d’une superproduction américaine. Notons également la sympathique trame sonore de Cliff Martinez, des Red Hot Chili Peppers, qui semble se faire un nom à Hollywood depuis quelques années dans l’industrie du cinéma.

En tant que tête d’affiche, Gerard Butler (300) offre une performance exemplaire avec un jeu d’acteur qui rappelle grandement celui de Russell Crowe; en ayant une présence physique et psychologique imposante et saisissante. O’Shea Jackson Jr. (Straight Outta Compton) est la surprise de Den of Thieves alors que le jeune acteur continue à avoir un début de carrière tout simplement mémorable. Le reste de la distribution est également de haut calibre avec des acteurs au sommet de leur forme. Pablo Schreiber, frère de Liev Schreiber, déçoit un peu par contre, car il n’a pas la même envergure que ses confrères, ce qui un peu dommage en tendant compte de l’importance de son rôle.

Den of Thieves n’est pas un film parfait, mais le succès qu’il obtient présentement en salles nous prouve que nous avons ici un divertissement de qualité. Une pâle copie de Heat, certes, mais une pâle copie qui nous permet de passer un bon moment en salles. Enfin, c’est si l’on ne s’endort pas devant la lenteur relative et les troubles scénaristiques…


Réalisation : Christian Gudegast

Scénario : Christian Gudegast, Paul Scheuring

Avec : Gerard Butler, Pablo Schreiber, O’Shea Jackson Jr., Curtis ’50 Cent’ Jackson, Maurice Compte, Brian Van Holt

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Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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