Extraction (2015)

Résumé : Un ancien agent de la CIA est kidnappé par un groupe de terroriste. Lorsque son fils découvre qu’aucun plan de sauvetage n’est prévu, il lance sa propre opération de sauvetage.

Critique : 

Depuis Live Free or Die Hard, en 2007, la carrière de Bruce Willis a enjambé une pente descendante assez abrupte. Pendant presque dix ans, la filmographie de Willis s’est composée de navets ou de longs-métrages où l’acteur n’était même pas capable de faire le minimum syndical. Et finalement, après plusieurs années d’attente, nous avons en main un projet pas trop médiocre que Willis semble apprécier…

Dix ans après avoir assisté à la mort de sa mère par un tueur à gages, Harry Turner tente désespérément de pratiquer le même métier que son père, en devenant un agent de terrain pour la CIA. Lorsque ce dernier se fait kidnapper alors qu’il transportait une arme révolutionnaire, Harry aura finalement la chance de prouver ses talents d’espion et d’acquérir d’approbation de son père en tentant de sauver son paternel.

Même si cette critique risque d’être grandement sévère, il me faut vous dire qu’Extraction fonctionne pour une seule et unique raison, sa durée. Car oui, le long-métrage est terriblement mauvais et la seule raison qui fait d’Extraction un bon divertissement, c’est sa courte durée de 75 minutes, en excluant le générique de fin. Le long-métrage utilise cette durée à son avantage en nous lançant un déluge de moments «forts et divertissants», ce qui évite que le spectateur s’ennuie  terriblement.

Et pourtant, la plus grande faiblesse d’Extraction réside dans ce scénario qui semble avoir été écrit par un gamin de cinq ans. Un gamin qui a été ébloui par les grosses productions hollywoodiennes et qui tente de reproduire tous les moments forts de ces productions pour tenter de créer un tout cohérent. Malheureusement, dès que l’on commence à réfléchir au scénario du film, on constate rapidement qu’il est exécrable.

Les dialogues d’Extraction sont si mauvais qu’ils semblent être écrits par le traducteur de Google. Et les situations que vivent nos personnages n’ont même pas de sens. Par-exemple, une scène d’action clé se termine par le personnage de Kellan Lutz qui menace un bar de motards avec une grenade fumigène. Même pour le plus crétin des spectateurs, il est évident que c’est une grenade fumigène, sauf que le scénario en n’a rien à foutre. Pour lui une grenade fumigène et une grenade explosive sont identiques et ont les mêmes effets. Et ce n’est que le plus ridicule et le plus inoffensif des exemples qui nous passent par la tête. Néanmoins, la plus grosse insulte provient de l’intrigue principale où des terroristes ont capturé le «Condor», une arme extrêmement puissante pouvant pirater toute la technologie terrestre, une arme qu’il est impossible de détruire sauf avec «The Patriarch Key», une clé USB capable de pirater et de détruire cette arme. Parce que sinon il est impossible s’accéder à cette arme et d’empêcher son fonctionnement. Un fait que le scénario du film nous répète pendant une bonne heure avant de décider cette clé est inutile et que de bonnes vieilles balles de fusil peuvent faire l’affaire, ce qui rend tout l’arc scénaristique des personnages principaux totalement inutile.

Même le jeu des acteurs est incohérent et supporte la médiocrité du scénario. Kellan Lutz (Twilight) et Gina Carano (Haywire) sont le duo de protagonistes au centre de l’intrigue et leurs performances sont complètement décalées. Il sont si mauvais que cela en devient presque ridicule. Par-exemple, à un moment d’Extraction, un des personnages secondaires importants du film meurt et le scénario ne sait pas comment gérer ce fait, donc il force les deux tourtereaux à être heureux et souriants à cause de cette mort. Et ils le sont. Et leurs performances sont si mauvaises qu’ils aident cette faiblesse du scénario. Cette spirale infernale se reproduit à chacune des scènes. Les deux acteurs ont été choisis pour leurs capacités physiques et ils sont incapables d’offrir une scène crédible.

Heureusement et étonnamment, Bruce Willis (Die hard) offre la seule performance acceptable d’Extraction. Pour une raison inconnue, il semble s’amuser dans ce projet et semble réellement se forcer à rendre son personnage intéressant et crédible, malgré son importance relative. Pour sa part, D.B. Sweeney (Taken 2), le dernier acteur notoire de cette production, n’est pas fichu de sortir du pilotage automatique. Et le reste du casting est assez médiocre… Joshua Mikel (Terminator Genisys) a une présence assez oubliable et inutile, Steve Coulter (The Conjuring) surjoue tellement que cela devient involontairement étrange, Rob Steinberg (12 Years a Slave) parle comme un robot ce qui fait que nous comprenons pas la moitié de ses lignes sans être obligés de monter le volume de notre télévision à fond et Dan Bilzerian (Le «Miley Cyrus» du poker…) doit sa présence à son physique et à sa barbe qui rendent sa prestation légèrement crédible.

Heureusement pour nous, Steven C. Miller (Silent Night) et Simon Rhee (Inception) forment un duo assez impressionnant. Le premier réalise avec un certain dynamisme Extraction, lui apportant la valeur ajourée qui rend ce divertissement intéressant et le second est parvenu à créer des scènes d’action magnifiques. Également nous pourrions dire que ces dernières sont vachement impressionnantes. C’est grâce à Rhee, qui est un des meilleurs cascadeurs / coordinateurs de combat d’Hollywood, et qui sait utiliser de façon adéquate les aptitudes physiques de Lutz et de Carano. Même Willis se met de la partie et a son petit moment d’action.

Par-contre, le manque de budget de cette production est assez ridicule, ce qui rend la réalisation de Miller encore plus admirable. Le film abuse des images de banques de vidéos pour situer son intrigue, parce qu’il est trop fauché pour se permettre quelques jours de tournage supplémentaires, les rares effets par ordinateur sont ridicules et la production ne peut même pas se permettre d’endommager des voitures de filmer des accidents lors d’une course poursuite. Et il y a la trame sonore de Ryan Dodson (Under the Bed) qui semble étrangement s’inspirer de la trame sonore des jeux vidéos Splinter Cell

Extraction est peut-être un mauvais film, mais c’est le meilleur «mauvais film» de la carrière récente de Bruce Willis. Grâce à sa faible durée et à ses scènes d’action franchement géniales, Extraction se paie le luxe d’être divertissant, un fait que même Willis semble avoir compris, lui qui donne sa meilleure performance depuis des lustres. Qui sait, peut-être que ce long marquera le début d’une époque nouvelle pour l’acteur. Une époque où il semble enfin se soucier de l’effort qu’il met dans ses caméos de luxe dans des projets médiocres…


Réalisation : Steven C. Miller

Scénario : Max Adams, Umair Aleem

Avec : Kellan Lutz, Bruce Willis, Gina Carano, D.B. Sweeney, Joshua Mikel, Steve Coulter, Dan Bilzerian, Heather Johansen, Rob Steinberg

Extraction (2015)
2.8

En conclusion

Extraction est parfait pour un divertissement non-compliqué, tant que vous n’ayez aucune attente pour ce nouveau projet mineur de la filmographie de Bruce Willis

Envoi
Note des visiteurs
0 (0 votes)

Écrit par Michaël Michaud

Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

View all posts by Michaël Michaud →

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.