Game Over, Man! (2018)

Résumé : Trois amis sur le point de voir leur jeu vidéo être financé voient leur partenaire financier être pris en otage par des terroristes.

Critique :

Netflix tente de rompre avec sa lignée de mauvais films d’action grâce à Game Over, Man!, une parodie de Die Hard faite par les petits génies derrière la série Workaholics. Une série qui a connu un certain succès avec sept saisons au compteur et une légion d’admirateurs. Une série américaine que, personnellement, je n’ai jamais vue. C’est donc dans un esprit détaché et totalement vierge que j’ai attaqué ce film d’action.

Il m’est impossible de dire si l’humour de Game Over, Man! reflète celui de la série, mais il est certain que les blagues que tentent le trio de personnages principaux ratent constamment la cible. Le long-métrage se vit comme une mauvaise tentative de « mockbuster » un classique de John McTiernan et d’en faire quelque chose se rapprochant d’un Sharknado. Rempli de caméos et de blagues juvéniles, Game Over, Man! est un mauvais numéro d’humour que l’on a étiré pour en faire un film.

C’est très dommage. La formule de Die Hard est pourtant assez facile à reproduire et à en faire une comédie potable. Il suffit de visionner le premier Paul Blart pour constater que l’idée a du potentiel. Mais ici, les scénaristes ont plutôt choisi de reprendre Die Hard, d’y insérer les mêmes blagues et d’étirer au maximum ces scènes pour tenter de rire et de provoquer le spectateur. Il y a néanmoins des limites à ce que l’on peut faire avec des préservatifs usagés, des organes sexuels en caoutchouc et des blagues homophobes. Et que dire des personnages principaux… Un hurleur hystérique, un drogué et un génie refoulé ne sont pas des héros capables d’être coincés dans un scénario à la Die Hard. La façon dont ces personnages agissent ressemble beaucoup à celle des Stooges, ces comiques américains qui passent leur temps à mutiler leurs congénères.

Sur le plan technique, Game Over, Man! est assez pauvre à regarder. Sur le plan de l’action, mis à part un ou deux moments intéressants, le long-métrage n’offre rien à se mettre sous la dent. Le reste de la production est assez faible alors que Kyle Newacheck (Community) a une caméra assez monotone. Le long-métrage se vit comme un épisode d’une série télévisée quelconque, tourné avec un petit budget, des effets numériques pauvres et les moyens financiers d’un roman-savon. Même la trame sonore est nulle avec un rythme assez ennuyeux sauf lors d’un court numéro musical de Shaggy, dévoilé dans la bande-annonce du film. Seul le générique de fin semble avoir subi des moyens financiers et des efforts considérables pour nous divertir, et c’est très dommage…

Même la distribution est un gâchis. Dans le trio principal, seul Anders Holm (The Intern) mérite notre attention avec une performance nuancée qui rappelle un jeune Bill Murray. Face à lui, Adam Devine (Pitch Perfect) et Blake Anderson (Epic) sont coincés dans des mauvaises parodies dont ils sont incapables de se libérer. Le reste des acteurs perdent leur temps avec des rôles mineurs et sans envergure. Le talent de Neal McDonough (Legends of Tomorrow), un acteur remarquable dans des rôles d’antagonistes, est incroyablement gâché. C’est la même chose pour Robert Maillet (Sherlock Holmes) qui ne fait que de l’arrière-plan ou pour Daniel Stern (Home Alone) qui ne fait que passer; pour ne citer que ceux-là.

Game Over, Man! est une mauvaise blague qui ne sait pas quand s’arrêter. Lorsque nous passons presque cinq minutes à regarder des personnages jouer avec des condoms, il est assez difficile de ne pas pleurer notre désespoir. Et avec une suite possible annoncée à la fin du long-métrage, nous espérons ne pas assister à un désastre du même genre à l’avenir.


Réalisation : Kyle Newacheck

Scénario : Anders Holm

Avec : Adam Devine, Anders Holm, Blake Anderson, Neal McDonough, Rhona Mitra, Daniel Stern, Mac Brandt, Robert Maillet

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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