Godzilla: Planet of the Monsters (2017)

Résumé : Des années dans le futur, la race humaine a été chassée par des monstres de la Terre, aujourd’hui sous la gouvernance d’un monstre nommé Godzilla. Après des siècles à parcourir l’univers, l’humanité décide de revenir sur leur planète afin de voir si elle est toujours habitable. Réalisant que le monde n’est plus ce qu’il était, la race humaine décide de passer au plan B : Combattre Godzilla et récupérer Terre de force.

Critique :

En étant un grand admirateur des monstres gigantesques provenant du Japon et des États-Unis, il était clair que le site n’allait pas se passer de critiquer Godzilla: Planet of the Monsters. Premier volet d’une trilogie animée, le long-métrage décide de retourner le concept même de la franchise sur sa tête pour créer une histoire originale où la créature n’est plus l’attaquant de la Terre, mais bien son défenseur face à un envahisseur composé d’humains voulant retourner sur Terre.

L’idée est assez géniale, car cette approche différence permet de montrer un nouvel aspect dans ce combat perpétuel entre la nature et la science, tout en donnant une motivation supplémentaire pour les protagonistes de Godzilla: Planet of the Monsters. D’ailleurs, le personnage principal du film représente l’élément le plus crédible, alors que nous sommes dès les premiers instants derrière l’épopée de cet homme désirant venger la mort de sa famille, tant par le monstre que par les humains. Malheureusement, après une introduction haletante mettant en place ce soldat, Godzilla: Planet of the Monsters sombre rapidement dans l’ennui.

Godzilla: Planet of the Monsters échoue rapidement sa mission à cause d’une structure narrative composée de problèmes et de détours importants. Durant la première heure, nous assistons à une longue et pénible introduction où tous les personnages ne font qu’expliquer l’histoire du film, plutôt que de la vivre, que ce soit par des gestes concrets ou par des scènes d’action. Il y a aussi une «sous-intrigue» concernant des religieux extraterrestres – en plus d’une autre race extraterrestre – qui est absolument inutile, car elle ne mène nulle part. Sans oublier que la majorité des personnages n’ont aucune personnalité; se contentant de faire joli et rien d’autre. De plus, la «colonisation» de la Terre pose un problème en elle-même puisque nous sommes devant des humains qui décident de coloniser la Terre en atterrissant tout juste à côté de Godzilla, plutôt que de démarrer leur vie sur Terre et de préparer leur attaque sur un coin plus tranquille de la planète bleue, comme au Canada… Pire encore, le long-métrage se conclut sur un «À suivre…», parce qu’il souhaite conserver son intrigue pour ses suites (ce qui pourrait offrir des réponses à cette interrogation personnelle…), ce qui d’autant plus est dommage puisque nous aurions espéré de Godzilla: Planet of the Monsters d’être autre chose qu’une longue introduction.

Le dernier tiers tente de se rattraper un brin avec une section remplie de scènes d’action. Encore là, nous restons sur notre faim puisque tous les monstres «classiques» de la franchise ne sont présents que dans l’introduction. Pour la fin de son histoire, Godzilla: Planet of the Monsters n’introduit que peu de monstres. Contredisant son titre, le divertissement nous propose à la place une longue bataille entre les humains, une race d’oiseaux rapaces géants, et Godzilla… Néanmoins il est trop tard pour Godzilla: Planet of the Monsters n’offre que deux monstres à se mettre sous la dent, ce qui est peu pour «une planète de monstres». Parlant du monstre, Godzilla est assez joli avec une relecture plus végétale qui colle totalement à l’univers du film. Et même s’il n’est, au final, que peu présent, Godzilla est au centre d’excellentes scènes d’action. Jamais le monstre n’a semblé si puissant et si massif. Pour leurs courtes présences, les monstres ailés sont aussi une bonne addition à la franchise même si leur design ressemble aux Gyaos, de la saga Gamera

Sinon, sur le plan technique, Godzilla: Planet of the Monsters se tire un peu dans le pied en se concentrant sur les mauvaises choses. Le long-métrage tente par tous les moyens de créer des images épiques. Mais en se concentrant sur le style, sans se pencher sur la substance même qui permet à Godzilla: Planet of the Monsters (le scénario) d’exister, nous sommes devant un vide constant. La Terre n’offre rien de nouveau dans son évolution. Après 20 000 ans, nous aurions pu espérer sur notre planète soit autre chose d’une vulgaire copie du film Aflter Earth. Les scènes de combats contre les monstres sont spectaculaires, mais elles sont des occasions manquées où le long-métrage ne profite pas de la grandeur de Godzilla, sauf lors de vagues plans panoramiques qui ne font que montrer la créature à bonne distance. Le doublage est également un peu raté, alors que les acteurs tombent rapidement dans la caricature en hurlant sans cesse à l’écran.

Ne vous trompez pas. Godzilla: Planet of the Monsters a une prémisse excitante qui avait le potentiel d’offrir un divertissement grandiose pour le premier long-métrage animé centré sur Godzilla. Néanmoins, Godzilla: Planet of the Monsters ne fait rien avec cette idée pour se contenter d’être une longue introduction pour une trilogie que nous ne pouvons pas encore évaluer. À recommander pour les fans de la bête seulement…


Réalisation : Hiroyuki Seshita, Kôbun Shizuno

Scénario : Gen Urobuchi, Sadayuki Murai, Yusuke Kozaki

Avec : Chris Niosi, Lucien Dodge, Edward Bosco, Jamieson Price, Rich Brown, Cristina Vee, Robbie Daymond, Ray Chase, Keith Silverstein, Doug Stone, Joe Ochman

A propos de Michaël Michaud 443 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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