He Never Died (2015)

He Never Died 2

Résumé : Jack est un cannibale immortel sombre dans l’ennui jusqu’au jour où il découvre qu’il a une fille. Alors qu’il se lie d’amitié avec cette dernière, celle-ci se fera kidnapper par des connaissances de l’immortel, le forçant à poursuivre une vengeance sanguinaire…

Critique : 

He Never Died 2Après une campagne peu fructueuse cet automne sur Indiegogo, He Never Died est sorti de façon assez discrète sur VOD pendant Noël au Canada. Et puisque la bande-annonce nous avait grandement impressionné, nous étions volontairement obligés de vous faire une critique…

Jack est un homme mystérieux dont les hobbys sont peu diversifiés. Il reste enfermé dans son appartement, sauf pour manger dans son restaurant préféré, pour jouer au bingo à l’église de son quartier et pour acheter clandestinement des litres de sang dans un stationnement miteux. Mais cela va vite changer lorsqu’il découvre qu’il est le père d’une jeune femme de 19 ans et que sa vie monotone mettra en danger sa nouvelle dynamique familiale…

Des fois, nous sommes forcés d’assister aux tentatives ratées des nombreux réalisateurs qui tentent de «révolutionner le septième art». De façon consciente ou non, c’est ce que Jason Krawczyk (The Briefcase) a tenté de faire avec He Never Died. Le long-métrage tente d’amalgamer plusieurs genres cinématographiques (action, comédie, drame, horreur, romantique…), mais sans pour autant entrer dans aucun de ces genres, afin de créer une sorte d’OVNI cinématographique. Pendant une heure trente, nous attendons la grosse scène d’action, la bonne blague, un grand moment macabre et lugubre… Et, un peu comme ce passe-temps favori du personnage principal, tout ce que nous faisons c’est attendre.

Et cela nous fait vivre une relation d’amour et de haine envers He Never Died, un long-métrage que nous pouvons qualifier «d’agace-pissette». Et pourtant, le scénario nous réserve quelques bonnes trouvailles et quelques bonnes surprises. Certes, la bande-annonce du film nous montre de façon grossière l’entièreté du scénario du film, mais cela m’empêche pas He Never Died ne nous surprendre, notamment avec la scène d’interrogatoire la plus étrange depuis une bonne décennie au cinéma américain… Car oui, le meilleur conseil que peut vous donner cette critique, c’est de regarder la bande-annonce du film. Si vous voulez en savoir plus, louez ou achetez le film, sinon soyez rassurés car vous venez de regarder un résumé assez complet de la totalité du long-métrage…

Néanmoins, là où ce scénario anormal pose réellement problème, c’est avec le personnage principal que le long-métrage semble avoir beaucoup de difficulté à gérer. Même si nous sommes en présence d’un cannibale immortel dépressif et socialement non-adapté à la société contemporaine, He Never Died semble avoir beaucoup de plaisir à considérer ce personnage comme étant plus stupide qu’il ne l’est réellement. Ceux qui ont vu le long-métrage comprendront ce que je veux dire. Il ne faut que penser à une scène en particulière où nous comprenons où le personnage d’Andrea se trouve, après son kidnapping. Dans cette scène, il est clair que Jack entend Andrea qui appelle à l’aide sauf que ce moment se termine avec Jack quittant la pièce, comme s’il était trop bête pour faire le lien entre : sa fille kidnappée, un suspect, et des bruits de lamentation d’une jeune femme retenue contre son gré. Une situation semblable se produit lorsque Jack reçoit un coup de fil disant que sa fille est kidnappée et qu’il ne réagit même pas à cet appel. Et pourtant, He Never Died ne semble pas avoir de difficultés à respecter son personnage principal et à être plus cohérent avec ce dernier, notamment avec les moments où Jack s’ouvre plus à la société…

Techniquement parlant, He Never Died n’est pas en reste. Jason Krawczyk est un réalisateur assez talentueux qui sait comment créer des images et des séquences puissantes; il ne suffit qu’à penser aux rages de sang du personnage d’Henry Rollins qui sont assez mémorables. Également Krawczyk est l’un des rares réalisateurs qui est capable d’utiliser abondamment la «célèbre méthode de réalisation» consistant à filmer les scènes en oblique. C’est-à-dire qu’il fait cela pour exprimer les états d’âme du personnage principal, et non parce qu’il se pense cool (Comme Uwe Boll ou la majorité des réalisateurs de téléfilms miteux peu expérimentés.).

Au niveau des scènes d’action, c’est là que le travail de Krawczyk se voit grandement diminué. Comme mentionné plus haut, pour des raisons artistiques, ou par manque de moyens, la vaste majorité des scènes d’action sont filmées hors champ. Cela fruste à la longue même si le réalisateur tente de nous réconcilier avec son oeuvre dans les dernières minutes du long-métrage. Au-moins, cela n’empêche pas le film d’être sanglant, afin de bien satisfaire les amateurs de gore. Musicalement parlant, He Never Died déçoit par la sur-utilisation de lamentations démoniaques en bruits de fond, mais il se rattrape avec la trame sonore sympathique de James Mark Stewart (Dolan’s Cadillac) et par quelques musiques originales.

De plus, il nous faut noter que Henry Rollins (Feast) a possiblement trouvé dans ce long-métrage le rôle de sa vie. Il est remarquable, il est magnifique, il est splendide. Rollins était né pour jouer un cannibale immortel et cela se sent à chaque minute. Également, il a une bonne chimie avec les actrices principales de ce projet, Kate Greenhouse (The Dark Hours) et Jordan Todosey (Degrassi: The Next Generation), et les interattractions entre ce trio de personnages sont assez plaisantes. Notons également que Booboo Stewart (X-Men: Days of Future Past) a un rôle secondaire en jouant un interne en infirmerie qui fournit du sang humain à Jack et que Steven Ogg (Grand Theft Auto V) a également une présence courte mais mémorable dans ce film.

En jouant contre les codes pré-établis du cinéma et des genres qu’il emprunte, He Never Died se tire royalement dans le pied. Avouons également que le fait d’avoir une bande-annonce qui divulgue presque toute l’intrigue, en faisant littéralement office de récapitulatif, n’aide pas à apprécier ce film à sa juste valeur. Néanmoins, le jeu des acteurs et la richesse du scénario aide à faire passer la pilule, surtout lorsque l’ennui commence à arriver. Et croyez-moi, vous allez surement vous ennuyer à force de voir des scènes d’action se dérouler hors-champ ou un personnage jouer au bingo…


Réalisation : Jason Krawczyk

Scénario : Jason Krawczyk

Avec : Henry Rollins, Booboo Stewart, Steven Ogg, Jordan Todosey, Kate Greenhouse, James Cade, Michael Cram, Dan Petronijevic, Chantal Craig

He Never Died (2015)
3.2

En conclusion

Même si He Never Died est assez réussi, techniquement parlant, le manque de surprises (À cause de la bande-annonce…) et les scènes «palpitantes» qui se déroulent presque toutes hors-champ font de ce film un divertissement assez ennuyeux…

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Écrit par Michaël Michaud

Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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