Java Heat (2013)

Résumé : Un américain témoin d’un attentat terroriste et un policier indonésien doivent faire équipe pour traquer un important criminel international.

Critique : 

D’entrée de jeu, il me faut vous conseiller d’éviter de regarder la bande-annonce de Java Heat. Personnellement, je n’avais pas visionné cette vidéo et cela m’a grandement aidé à apprécier ce long-métrage, qui traînait depuis sa sortie en Blu-ray dans ma bibliothèque. La raison de cette demande est simple, la bande-annonce dévoile un moment «surprise» de l’intrigue en plus de vendre ce long-métrage comme étant quelque chose qu’il n’est pas en réalité. Mais maintenant, parlons concrètement de ce film…

Java Heat est une lettre d’amour au cinéma des années 80 et 90. Pensez aux films d’action mettant en scène Steven Seagal, Jean-Claude Van Ðamme, ou Dolph Lundgren. Et bien, Java Heat pourrait être un long-métrage de cette époque, tellement que la structure narrative, que la conception des personnages et que les thèmes abordés reflète cette mentalité hollywoodienne. Pourtant, Java Heat, une co-production États-Unis/Indonésie, commence tranquillement, comme tous les navets d’action qui sortent directement dans nos clubs-vidéos. Mais, au fur et à mesure que le long-métrage avance, une transformation se produit, augmentant la qualité du divertissement offert par Java Heat.

Dans l’ensemble, l’intrigue est un mélange de prévisibilité et d’imprévisibilité. Aussi étrange que cette dernière phrase puisse paraître, il est vrai qu’à certains moments, le périple des personnages principaux semble être écrit dans le ciel, permettant au spectateur de prédire le déroulement de quelques scènes, avant même que ces scènes se déroulent. Mais, il arrive quelques détours scénaristiques inattendus font bondir le spectateur, augmentant grandement le plaisir vécu lors de mon visionnement. Par-contre, il est dommage que la scène d’action finale manque d’envergure, en restant conventionnel dans sa démarche. Sans vouloir vous dévoiler le contenu de cette dernière, elle se déroule dans un événement culturellement important pour l’Indonésie, mais les scénaristes se sont obstinés à vouloir faire quelque chose d’intime dans une tente et dans un monument (historique ??), coupant ainsi l’herbe sous le pied de cet affrontement qui aurait pu donner quelque chose d’épique.

À la réalisation, Conor Allyn, offre une performance aussi parfaite qu’imparfaite. Allyn nous offre des beaux paysages de l’Indonésie, lieu de l’intrigue, nous offre des scènes d’action palpitantes, parfois spectaculaire, en plus de filmer l’ensemble de la production avec une certaine intensité conventionnelle. Mais, Allyn est tellement maladroit, qu’il y a des scènes qui sont ridiculement mauvaises. À chaque fois que le scénario du film tente de nous faire rire, la caméra du réalisateur nous fait ressentir un profond malaise. La scène où Kellan Kutz (Expendables 3) est nu et expose son «drapeau américain» au visage d’Ario Bayu en est un bon exemple. Elle est filmée d’un amateurisme si grand que mon visionnement de Java Heat a dû s’arrêter pendant plusieurs minutes, pour calmer ma frustration envers le nanardisme de ce long-métrage, un phénomène qui n’arrive que très rarement dans mon salon.

Également, les scènes en voiture sont horriblement filmées, à un point tel que l’on pourrait qualifier ces scènes de racistes. Mais à leur décharge, le montage de Java Heat est plutôt chaotique. Malgré la présence d’un monteur d’expérience, Harvey Rosenstock (Scent of a Woman, Tombstone, My Dog Skip, Radio), nous avons l’impression qu’il manque des secondes dans plusieurs scènes (Principalement dans les scènes en voiture.) et, dans l’autre extrême, qu’il y a des secondes en trop dans une proportion assez importante. Ce n’est pas une question de censure, mais plutôt d’un monteur trop paresseux, qui impactant ainsi notre écoute du film. Mais, heureusement, le réalisateur a su s’entourer d’un cinématographe compétent (Shane Daly, Hostel) et d’un compositeur ayant une grande expérience Hollywoodienne (Justin Caine Burnett, Gladiator) qui font un excellent travail, dans leurs domaines respectifs.

Du côté des acteurs, nous avons Kellan Lutz, qui interprète le premier rôle occidental. Heureusement, sa performance est à des mille lieux de Twilight et The Expendables 3. Ici, Lutz démontre qu’il est capable de tenir un rôle principal dans un film d’action. Son jeu d’acteur est peut-être limité, mais il est capable de grandes choses dans les séquences d’action, s’il est bien encadré et bien dirigé, comme c’est le cas ici. Ario Bayu lui donne la réplique et il est clairement la grande surprise de Java Heat. Il trouve dans ce film son premier rôle occidental et il est très bon dans son rôle, celui du policier indonésien, offrant même les meilleurs moments du long-métrage. Mickey Rourke (The Wrestler) joue le rôle du méchant criminel international. Mon problème avec sa performance : il m’était impossible d’entendre un seul mot qui sortait de sa bouche. Rourke est un bon acteur, mais, pour Java Heat, il tente un accent unique et impossible à décrire. On dirait qu’il tentait de jouer un gangster français, russe et américain, avec les trois accents qui se chevauchaient mutuellement. Et puisque le Blu-ray canadien n’a même pas de sous-titres et de traduction québécoise (L’édition québécoise a la traduction sonore québécoise, une traduction qui n’est, étrangement, pas présente dans l’édition canadienne…), il m’était impossible de comprendre avec détails les plans du personnage machiavélique que Rourke jouait. Sur une note plus joyeuse, il me faut noter les présences de Tio Pakusodewo (The Raid 2 : Betrayal) et de Verdi Solaiman (The Raid) dans des rôles secondaires et mineurs.

Java Heat est une agréable surprise. Je n’attendais rien de ce long-métrage et il m’a beaucoup apporté. Certes, certains éléments de sa production font cruellement défaut, mais cela ne vient pas gâcher entièrement le plaisir que l’on éprouve que l’on ressent en visionnant ce film. Sans être un classique du genre, Java Heat est une certaine d’hommage (volontaire?) aux films d’action des années 80 et 90, et est un divertissement qui surpasse grandement les DTV d’action qui peuplent nos bacs à DVD.

2.75/5


Réalisation :  Conor Allyn

Scénario :  Conor Allyn, Rob Allyn

Avec : Kellan Lutz, Ario Bayu, Mickey Rourke, Frans Tumbuan, Tio Pakusodewo, Atiqah Hasiholan, Mike Muliadro, Rio Dewanto, Astri Nurdin, Verdi Solaiman

Java Heat (2013)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Divertissement
3.6

En conclusion

Java Heat est un bon petit film d’action, offrant à son spectateur un bon petit moment de divertissement.

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