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Paradis du cinéma d'action

Jupiter Ascending (2015)

Résumé : Jupiter Jones est née sur un ciel nocturne, avec des signes prédisant qu’elle sera destinée à de grandes choses. Maintenant adulte, Jupiter rêve des étoiles, mais vit dans la dure réalité de son travail, qui est de nettoyer des salles de bain. Mais lorsque Caine, un soldat génétiquement modifié, débarque sur Terre afin de la retrouver, Jupiter commence à concevoir les signes de son destin, qui pourrait modifier le cosmos et les forces qui se cachent aux confins de la galaxie…

Critique : 

La dernière que j’ai visionné un long-métrage avec une personne ayant un nez d’éléphant, c’était dans la mauvaise comédie Deuce Bigalow: European Gigolo, un film de 2005 qui a débarqué dans ma vidéothèque à l’époque en VHS. Et oui, cela faisait des lunes que je n’avais vu un acteur avec une trompe d’éléphant. Et bien devinez quoi!!! Il y a un homme avec une trompe d’éléphant dans Jupiter Ascending.

Ce détail anodin, bien que cocasse (J’étais le seul à rire aux éclats dans la salle de cinéma…), démontre la complexité et l’absurdité de l’univers de Jupiter Ascending. En pigeant sur un bon nombre de références terriennes, aussi hétéroclites que diverses (On parle ici des vampires, de la religion, du capitalisme, de l’agriculture industrielle, de Twilight, du film animé Les Douze Travaux d’Astérix, de la série Stargate SG1, du jeu vidéo Donkey Kong sur NES et sur arcade, et je ne fais qu’effleurer la surface des influences qui composent ce film…), les Wachowski parviennent à créer un monde d’une richesse comparable à l’univers de Star Wars ou de Star Trek, sauf que ce dernier est beaucoup trop complexe, causant ainsi un flot d’explications venant alourdir les aventures de nos deux héros.

Puisque l’univers de Jupiter Ascending est trop grand pour être condensé efficacement en deux heures, certains points de l’intrigue, comme le fait que le personnage de Sean Bean (GoldenEye) soit une abeille, ne sont qu’explorés en surface. Mais le plus grand défaut du long-métrage, un défaut qui est presque insultant, c’est que les Wachowski se servent de cet univers pour reprendre l’histoire du Donkey Kong sur NES. Rappelons-nous que ce jeu demandait au joueur de sauver une princesse en traversant plusieurs plateformes et échelles, et c’est, en gros, l’histoire de ce long-métrage. La structure narrative du film se divise en «niveaux de jeux vidéos» où notre héros doit tenter de secourir Mila Kunis (Ted), avant de recommencer ce processus à zéro, encore, encore et encore.  Un exercice qui doit se produire une bonne dizaine de fois pendant les deux heures du récit (En toute franchise, j’ai arrêté de compter à mi-chemin…). Mais la référence la plus importante à ce jeu vidéo, c’est lorsque dans l’affrontement final, un personnage doit, littéralement, traverser des plateformes et de échelles tout en évitant des obstacles, comme dans le jeu Donkey Kong

Si la richesse de ce long-métrage se situe dans son univers, c’est surtout aux Wachovski, qui malgré un scénario horrible, parviennent à offrir une réalisation quasi-parfaite. Jupiter Ascending bénéficie d’une réalisation inventive offrant des plans à couper le souffle et pour les aider dans leur cause, les réalisateurs bénéficient d’effets spéciaux qui frôlent la perfection (Quelques écrans verts sont toujours visibles.), d’une grande direction artistique et de magnifiques costumes. Ce film est très bon visuellement parlait et c’est grâce aux deux membres de cette famille. Les nombreuses d’action du film sont visuellement époustouflantes. Les réalisateurs filment ces moments à l’ancienne, en évitant autant que possible la caméra branlante et le montage agressif. Si certains diront que la scène d’action à Chicago est le plus spectaculaire du long-métrage, et en toute sincérité je peux comprend pourquoi, pour moi le génie des Wachowski survient dans une courte mais intense bataille spatiale mettant en scène nos deux héros masculins qui doivent affronter un océan de drones, dont la tactique rappelle celle des robots dans la trilogie Matrix. Si vous êtes assez attentifs durant cette scène, vous remarquez le mouvement de cette horde de vaisseaux qui bougent comme une vague, produisant un superbe effet au grand écran.

Durant mon visionnement du film, mes oreilles ont été capable de reconnaître le travail de Michael Giacchino (Star Trek), mon compositeur favori à Hollywood. Pour Jupiter Ascending, Giacchino a composé une magnifique bande sonore, qui soutient parfaitement l’action du long-métrage, malgré qu’il s’est inspiré, pour quelques morceaux, de son travail de compositeur dans les deux volets du reboot de Star Trek, une chose que mon oreille de cinéphile a rapidement constaté.

Pour leur part, le casting de Jupiter Ascending se débrouille bien, surtout si l’on tient compte du script. Channing Tatum (White House Down) offre une performance tout à fait acceptable, malgré que l’on aurait facilement pu remplacer Tatum par n’importe quel acteur sans problème. Mais ici, ce n’est pas un problème d’acteur, mais de scénario. Même chose pour Mila Kunis qui a un personnage vide et inintéressant, et cette dernière joue son personnage en utilisant la même façon, en étant vide et inintéressante… Sean Bean joue un homme-abeille et il a de loin le personnage le plus intéressant du long-métrage. Et c’est probablement pour cette raison qu’il offre la meilleure performance du casting. Eddie Redmayne (The Theory of Everything), Douglas Booth (Noah) et Tuppence Middleton (The Imitation Game) interprètent, si je puis reprendre mon analogie de jeux vidéos, les trois méchants des trois niveaux finaux du long-métrage et ils le font de façon convenable, malgré qu’aucun d’entre-eux n’a assez de temps d’écran pour se démarquer. Et, laissez-moi vous rappeler qu’il y a un homme-éléphant pour quelques scènes. Un fois qu’on l’a remarqué, il nous est impossible de ne pas rire à chacune de ses présences…

Jupiter Ascending est un long-métrage magnifique en apparence, avec des ingrédients superbes, mais qui ignore comment les utiliser. C’est dommage puisque nous avions ici un long-métrage ayant le potentiel de devenir le prochain Star Wars ou Star Trek, au final, Jupiter Ascending n’est qu’une autre tentative ratée de la part d’Hollywood pour nous offrir un produit unique et original. La force des Wachowski c’est dans la réalisation et non dans l’écriture. Espérons que pour leur prochain long-métrage, ils sauront rester derrière la caméra…

2/5


Réalisation : Lana Wachowski, Andy Wachowski

Scénario :  Lana Wachowski, Andy Wachowski

Avec : Mila Kunis, Channing Tatum, Sean Bean, Eddie Redmayne, Douglas Booth, Tuppence Middleton, Doona Bae, James D’Arcy, Richard Pickren, Tim Pigott-Smith

Jupiter Ascending (2015)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Diveritssement
3.4

En conclusion

Visuellement époustouflant, Jupiter Ascending souffre d’un scénario si mauvais, qu’il vient amputer le divertissement que peut avoir son spectateur, ce qui est d’autant plus dommage, vu la richesse et la densité de l’univers du long-métrage…

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