Kung Fu Killer (2015)

Résumé : Un instructeur d’arts martiaux à l’académie de police est emprisonné pour avoir tué un homme. Désirant sortir de prison, il offre ses services pour attraper un tueur en série dont les victimes sont toutes des pratiquants d’arts martiaux de haut niveau en échange de sa liberté…

Critique : 

À l’aube d’une entrée «officielle» dans le cinéma occidental (Selon les dernières informations, il sera dans la suite de Crouching Tiger, Hidden Dragon, dans Noodle Man et dans Star Wars VIII…) Donnie Yen (Ip Man) se paie une nouvelle visite dans les bacs à DVD du Canada avec Kung Fu Killer, dont voici la critique…

Trois années après le meurtre «accidentel» d’un homme, Hahou Mo, un instructeur d’arts martiaux voit un reportage à la télévision de son pénitencier concernant un tueur visant les spécialistes en arts martiaux. Il décide alors de contacter l’inspectrice en charge de cette enquête afin de négocier sa libération en échange de sa participation à cette enquête. La policière refusera mais elle se rendra compte bien vite de l’importance de Mo à son enquête…

Après l’échec cuisant d’Iceman (Critique ici), il me faut admettre que j’attendais Kung Fu Killer avec une brique et un fanal (Métaphoriquement parlant…) afin de le démolir à la première occasion. Avec la sortie de ce long-métrage en DVD, il me faut admettre que Kung Fu Killer est en réalité, l’un des meilleurs longs-métrages de Donnie Yen depuis les dernières années. Pour Kung Fu Killer, il sort du cinéma d’époque et du fantastique afin de débarquer dans un drame policier contemporain.

L’intrigue tourne autour d’un tueur se focalisant dans le meurtre d’experts en Kung-Fu. D’entrée de jeu, il faut admettre que l’intrigue de Kung Fu Killer est assez prévisible. Certes, le scénario met de nombreux efforts à créer des détours illusoires, mais nous sommes dans le cas classique du tueur en série et de la police qui tente de le capturer à l’aide d’un homme dont les connaissances peuvent aider à l’enquête. Même que l’on pourrait dire que Kung Fu Killer «copie» légèrement l’intrigue de Bloodmoon (Un bon long-métrage des années 90 mettant en vedette Gary Daniels (The Expendables),  Frank Gorshin (Batman) et Darren Shahlavi (Ip Man 2).).

Malgré-tout, l’intrigue reste palpitante et les nombreux rebondissements, les flashbacks et le souci des détails de la part des scénaristes aident grandement à vivre cette sensation. D’ailleurs, un des détails assez intéressant qu’apporte le scénario de Kung Fu Killer est le fait que notre tueur est handicapé physiquement, ce qui est assez rare dans le cinéma d’action. Aussi, il faut noter que l’humour de ce long-métrage est parfois lourd (Vive le sens de l’humour des chinois…), rendant les quelques moments comiques du film assez pénibles.

Pour sa dixième réalisation, Teddy Chan (Boduguards and Assassins) nous propose un travail remarquable. Tel une montre suisse, il filme chaque scène avec une précision et une exécution que peu de réalisateurs n’arrivent à attendre. Il sait comment dynamiser un récit à la perfection, il sait comment filmer des scènes de combat sans qu’elles deviennent de la bouillie à chat, il sait comment forcer le spectateur à ressentir des émotions en visionnant son long-métrage. Le seul regret que nous pouvons avoir à son égard, c’est qu’il ne tente rien de nouveau dans le monde des arts martiaux. Le récit lui donnait l’opportunité de repousser les limites des arts martiaux mis en valeur dans Kung Fu Killer, mais au lieu de cela, il est resté dans une zone de confort. Certes cela lui permet d’avoir une technique irréprochable, mais à quel prix?? La seule fois où Chan osera, lors de l’affrontement final se déroulant au beau milieu d’une autoroute, son audace sera handicapé par l’utilisation d’écrans verts de qualité douteuse.

Également, nous nous devons de souligner de travail de Wing-Hang Wong (Hard Boiled) dont la cinématographie apporte une palette de couleurs assez étendue de Kung Fu Killer. Il a su tirer le maximum de chacun des décors du film, créant l’un des beaux longs-métrages de 2015. Même chose pour Peter Kam (Warlords) dont la trame sonore supporte avec puissance le récit de Kung Fu Killer, créant ainsi une ambiance sonore parfaite.

De plus, nous devons souligner un autre aspect de Kung Fu Killer, c’est l’hommage qu’il rend à plusieurs grands noms du cinéma d’action asiatique (Plusieurs dizaines de personnes…), tant ceux qui ont travaillé devant ou derrière la caméra de certains de vos films préférés. Ces derniers ont pour la majorité des caméos ou des petits rôles dans Kung Fu Killer et ont un vibrant hommage au début du générique du film. On parle ici de Jackie Chan (Police Story)Mark Garbarino (Maquilleur vétéran et spécialiste des effets spéciaux ayant travaillé sur plusieurs blockbusters partout sur la planète, comme 300, Star Trek ou The Monkey King.), Raymond Chow (Producteur légendaire ayant notamment travaillé sur Enter the Dragon, Teenage Mutant Ninja Turtles ou Rumble in the Bronx.), Bruce Law (Cascadeur, Hard Boiled, The Killer, The Legend of the Drunken Master), Kirk Wong (Réalisateur de Crime Story et de The Big Hit), etc.

La distribution principale de Kung Fu Killer est parfaite. Donnie Yen est impeccable, en offrant quelques scènes d’action bien chargées et de grands moments d’émotions. Charlie Yeung (Bangkok Dangerous) fait un travail remarquable dans le rôle de l’inspectrice de police chargée de l’enquête, en n’ayant aucun problème à se mettre dans la peau d’une policière éclatant de détermination et tout en dégageant beaucoup de respect et de confiance envers son personnage. Baoqiang Wang (Lost in Thailand) joue avec brio le méchant de l’histoire, un maniaque qui valse entre la folie, le fanatisme et l’amour envers ses proches. Bing Bai (As the Light Goes Out) fut également un bon choix de casting, elle qui joue la copine du protagoniste, une femme forte ayant quelques bons moments.

Exaltant, trépidant, grandiose, magnifique… Ce sont tous des qualificatifs pouvant décrire Kung Fu Killer. Son manque d’originalité et d’audace l’empêche d’être parfait, même si cela ne l’empêche pas d’être l’une des bonnes sorties asiatiques de 2015. Donnie Yen prouve qu’à cinquante-deux ans (Bientôt cinquante-trois…), il est toujours possible de faire des films d’arts martiaux dignes de ce nom et pour cela nous l’en remercierons grandement!

4/5


Réalisateur : Teddy Chan

Scénario : Teddy Chan, Ho Leung Lau, Tin Shu Mak

Avec : Donnie Yen, Charlie Yeung, Baoqiang Wang, Bing Bai, Deep Ng, Alex Fong, Kang Yu, Xing Yu, Siu-Wong Fan

Kung Fu Killer (2015)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Divertissement
4.1

En conclusion

Sans être le film de l’année, Kung Fu Killer propose un solde divertissement qui sera plaire à tous les fans du cinéma d’action.

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