London has Fallen (2016)

Résumé : À Londres pour les funérailles du Premier ministre britannique, Mike Banning découvre une machination pour assassiner les leaders de la planète.

Critique : 

En 2013 sorti Olympus has Fallen, un clone de Die Hard qui connut un succès évidant au box-office mondial. Entre vous et moi, la cause du succès d’Olympus has Fallen provenait de l’échec de A Good Day to Die Hard, sorti en Amérique quelques semaines plus tôt. Peu importe car nous avons aujourd’hui London has Fallen, une suite fraîchement débarquée en salles qui tente de faire mieux de l’original, en ne changeant rien à la formule ou presque.

Dans un pays arabe quelconque, Aamir Barkawi, un terroriste trafiquant d’armes, assiste paisiblement au mariage de sa fille. Avec l’aide du MI-6, le gouvernement des États-Unis lance une attaque de drones qui tue la majorité des personnes présentes à cette cérémonie, dont la fille de Barkawi. Deux ans plus tard, ce dernier profite des funérailles du Premier ministre britannique pour assassiner tous les dirigeants de ce monde. Le Président des États-Unis devra à nouveau mettre sa vie entre les mains de Mike Banning, son chef de la sécurité qui connaîtra bientôt la joie d’être père, afin de survivre à cette apocalypse de terreur.

London has Fallen tente de faire mieux en haussant tous les enjeux possibles. Malheureusement en faire plus, ne signifie pas nécessairement que l’on atteint plus facilement notre objectif. Évidemment, nous ne vous mentirons pas en vous disant que London has Fallen n’est pas le genre de long-métrage que nous regardons pour son scénario, mais pour son niveau de divertissement. Malheureusement, le scénario du long-métrage comporte des carences que le premier volet n’avait pas, des carences qui affectent le niveau de divertissement du long-métrage. D’entrée le jeu, le scénario se plante en tentant de reproduire un succès identique en se servant du même scénario de son aîné. Sauf que les scénaristes n’assument pas leur choix transformant la prémisse «Die Hard» en une prémisse de type «Die Hard 3», étirant le huis-clos sur toute une ville et en faisant du Président l’acolyte du héros principal.

Malheureusement, en agrandissant le terrain de jeu de notre héros principal, le quatuor de scénaristes a oublié d’agrandir la menace pesant sur nos héros, créant par la même occasion un manque important de tension et un deuxième tiers où les méchants n’ont rien de menaçant. Et cela n’aide en rien qu’Aamir Barkawi, l’antagoniste principal, soit assez générique et que sa présence dans le récit est plus digne au caméo étendu et que tous les hommes du terroriste sont de la chair à canon, sans plus. En fait, il n’y a aucune place dans le scénario du film pour laisser les personnages se développer, ce qui fait en sorte qu’aucun protagoniste ou antagoniste, à l’exception du Président et de Banning, n’est crédible dans cette histoire.

De plus, il est assez étrange que le long-métrage ne fasse aucune mention d’Olympus has Fallen. Même que l’on pourrait dire que London has Fallen fait plus office de reboot de la franchise que de suite véritable. Aussi, il nous faut noter les caricatures que sont les dirigeants de ce monde. Non pas que cela soit insultant, mais il était intrigant de constater que le Premier ministre du Canada soit un clone de Stephen Harper, que la dirigeante de l’Allemagne soit une clone d’Angela Merkel, que celui de l’Italie soit un clone de Silvio Berlusconi et que ce stratagème se répète pour tous les Présidents et Premiers ministres présents dans London has Fallen.

Comme mentionné ci-haut, nous ne regardons pas le long-métrage pour son scénario, mais pour les scènes d’action. À ce chapitre, Babak Najafi ne déçoit pas, même que nous pourrons dire qu’il nous surprend dans le dernier tiers avec un moment d’anthologie, alors qu’il parvient à créer un joli plan séquence et un assaut final qui valent à eux seuls le prix d’admission. Également, le réalisateur a en banque quelques courses poursuites qui ne sont pas désagréables à regarder. Sur cet aspect, nous n’avons aucune plainte à faire envers le réalisateur.

Malheureusement, comme nous pouvions nous en douter, la présence de ce dernier est une sérieuse erreur de la part des producteurs. Attention, nous ne disons pas que Babak Najafi n’est pas un mauvais réalisateur loin de là, il a même beaucoup de talent et il est l’une des raisons qui font que ce long-métrage n’est pas un échec total. Par-contre, Najafi fut un remplacement de dernière minute pour la production qui a tout simplement choisi le candidat le plus inexpérimenté; alors que nous aurions aimé voir des candidats plus expérimentés (Comme Isaac Florentine, John Hyams ou Gary Fleder.) avoir une chance à la réalisation de London has Fallen. L’inexpérience de Najafi (Principalement connu pour avoir réalisé deux épisodes de la série Banshee.) fait en sorte qu’il ne peut gérer les carences du scénario et que plusieurs détails mineurs semblent lui échapper, comme lors d’une scène de conversation entre Gerard Butler et Morgan Freeman, alors que les deux ne sont pas dans même pièce (Freeman ayant tourné ses scènes plusieurs mois avant l’arrivée de Butler sur le plateau de tournage.). Et pour tenter de camoufler ce détail, Najafi utilise des plans de caméra bizarres où il se contente de filmer le tout à quelques pouces du visage des acteurs, donnant un effet assez ridicule à une scène banale.

De plus, Najafi n’est pas aidé par les effets spéciaux mis à sa disposition. London has Fallen a un plus petit budget que son aîné, mais un scénario qui tente d’être plus spectaculaire avec plusieurs scènes de destruction massive. Mais puisque la production semble avoir été avare dans ce département, les effets numériques du long-métrage varient entre le moyennement joli et le très hideux. Sans faire vous raconter une mauvaise blague, certains effets spéciaux sont dignes d’un long-métrage du studio Asylum. De plus, la trame sonore de Trevor Morris (Olympus has Fallen) n’aide pas la cause. Le compositeur utilise à nouveau des chants que l’on pourrait qualifier de patriotique pour pimenter les scènes du long-métrage, sauf que sa musique est terriblement générique et facilement oubliable, malgré quelques bons moments (La musique utilisé lors de la séquence en pays arabe.).

Dans le rôle titre, Gerard Butler (300) offre une formidable performance grâce à un rôle qui lui va comme un gant. Nous pouvons même sentir l’acteur plus investi dans les nombreuses séquences d’action de London has Fallen et dans ce personnage qu’il a popularisé en 2013. Aaron Echkart (The Dark Knight) semble également avoir plus de plaisir, lui qui voit son rôle bonifié alors qu’il parcourt les rues de Londres avec Butler, même que nous pouvons sentir que les deux hommes ont une vibrante camaraderie. Alon Abutbul (Boyka: Undisputed IV) et Angela Bassett (Malcolm X) offrent également de bonnes interprétations de leurs personnages respectifs, malgré que ces derniers sont rapidement abandonnés par le scénario du long-métrage. Les acteurs restants ont de petits rôles et ont de bonnes présences à l’écran (Sauf Melissa Leo (Prisoners) que l’on a semblé traîner de force dans ce long-métrage…) , même s’ils ne font que traverser ce dernier.

Sans répéter le succès de son aîné, London has Fallen offre un bon moment de cinéma. Les fans de cinéma d’action seront ravis par ce film, mais les autres risquent d’être déçus par cette production digne d’un film d’action bourrin des années 80. Si un jour, un troisième volet entre en chantier, il nous reste à espérer qu’il réussisse à faire mieux que London has Fallen, une suite qui n’était, en conclusion, absolument pas nécessaire…


Réalisation : Babak Najafi

Scénario : Katrin Benedikt, Christian Gudegast, Creighton Rothenberger, Chad St. John

Avec : Gerard Butler, Aaron Eckhart, Angela Bassett, Morgan Freeman, Alon Aboutboul, Charlotte Riley, Melissa Leo, Radha Mitchell, Jackie Earle Haley, Robert Forster, Colin Salmon

London has Fallen (2016)
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En conclusion

En tentant de faire mieux avec moins de moyens et moins d’ambitions, London has Fallen se plante légèrement avec un long-métrage qui ne méritait pas une sortie en salles pour le visionner.

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