Manhunt (2017)

Résumé : Accusé de crimes odieux qu’il n’a pas commis, un procureur se lance dans une mission pour effacer son nom.

Critique :

Le grand John Woo (The Killer) est de retour. Enfin, c’est ce que l’on semble espérer de Manhunt, sa dernière réalisation qui permet au cinéaste de revenir à son genre cinématographique. Woo revient enfin dans le monde du cinéma d’action avec le remake du film japonais de 1976 du même nom. Néanmoins, depuis sa première mondiale, Manhunt s’est attiré des critiques de plus en plus négatives qui laissent présager que nous allions avoir un navet entre les mains.

Manhunt est effectivement mauvais. Même un fan du cinéma d’action qui veut à tout prix aimer le long-métrage sera déçu du résultat final. Woo semble offrir une parodie de lui-même dans un divertissement plus axé à créer des « scènes d’action spectaculaires » qu’à créer un véritable long-métrage. L’histoire sans queue ni tête nous projette dans une version asiatique de The Fugitive qui, dans son dernier tiers, prend un virage à 180 degrés pour se transformer en une conspiration pharmaceutique pour créer des « super-héros zombies ». Mais avant d’arriver à la conclusion de Manhunt, il nous faut subir une heure constituée de longueurs interminables. Sans vouloir négliger la faiblesse technique du réalisateur, le principal défaut du long-métrage réside dans son scénario.

L’histoire est trop invraisemblable et trop incomplète pour n’être autre chose qu’un nanar de Steven Seagal. Et pourtant, nous sommes dans une grosse production chinoise qui tente d’être prise au sérieux. Les deux héros, un avocat capable de se transformer en Jason Bourne et un policier parodiant le prototype du macho chinois, ne sont guère intéressants, à un point tel que nous sommes plus intéressés à suivre les personnages secondaires que ces deux types-là. Les deux premiers tiers sont les moins bons en termes de divertissements. La première moitié souffre d’un manque cruel de rythme causé par le mauvais script et par le fait que Manhunt est un film trilingue – les personnages parlant en chinois, en japonais et en anglais. La seconde partie se rattrape avec un peu plus d’action malgré la présence d’un triangle amoureux platonique entre l’avocat, une tueuse engagée pour le tuer et la femme d’un homme dont la mort fut « liée » à l’avocat en question. Manhunt se conclut heureusement par un dernier tiers qui divertit par sa nullité, tandis que le film se transforme en un nanar bien jouissif.

Comme mentionné précédemment, Manhunt est assez moyen si on le compare au reste de la filmographie de John Woo. Il est possible de constater les éclats de génies du célèbre cinéaste chinois lors de certaines scènes d’action. Mais en général, Manhunt souffre d’une qualité technique inégale. Pour chaque moment de haute voltige à la John Wick, nous avons une mauvaise poursuite en jet-ski sous fond d’écrans verts du siècle dernier, ou une scène de dialogues sans images, ou un montage saccadé et incomplet. Même la trame sonore contribue à rendre Manhunt médiocre, car Tarô Iwashiro (Red Cliff) nous lance à la figure des notes musicales provenant presque intégralement des films érotiques que la chaîne TQS avait l’habitude de proposer au public québécois durant ses « Bleu Nuit »…

Au niveau de la distribution, Manhunt est dans une catégorie à part. Les acteurs sont tous compétents, ils livrent néanmoins des performances assez mauvaises principalement lorsqu’ils doivent alterner entre plusieurs langues dans la même scène ou lorsque, pour des raisons obscures, ils se mettent à surjouer durant quelques scènes; un peu comme s’ils n’étaient pas dirigés par le réalisateur.

En conclusion, Manhunt se regarde comme un mauvais film réalisé par un cinéaste légendaire; un mauvais film dont la médiocrité demeure la principalement source de plaisir. Car, peu importe l’angle que l’on prend pour analyser le long-métrage, il reste que nous avons l’un des pires œuvres de John Woo entre les mains…


Réalisation : John Woo

Scénario : John Woo

Avec : Hanyu Zhang, Masaharu Fukuyama, Stephy Qi, Ji-won Ha, Jun Kunimura, Angeles Woo, Naoto Takenaka

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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