Mile 22 (2018)

Résumé : Un officier de renseignement américain d’élite, aidé par une unité de commandement tactique ultra-secrète, tente de faire sortir clandestinement un mystérieux policier avec des informations sensibles.

Critique : 

Mile 22 fut l’une de mes grosses attentes de 2018. Néanmoins, lors de sa sortie le mois dernier en Amérique, le long-métrage a connu plusieurs critiques négatives et un succès mitigé au box-office. Un mois plus tard, Mile 22 arrive enfin dans l’arrière-pays québécois et apporte avec lui son lot de déceptions.

Un peu plus d’un an après une opération au succès mitigé, une équipe secrète de la CIA, connue sous le nom d’Overwatch, est forcée de reprendre du service lorsqu’un informateur nommé Li Noor contacte le consulat américain en Indonésie. Ce dernier apporte avec lui un disque crypté contenant des informations top secrètes, qu’il remettra au gouvernement des États-Unis en échange d’une escorte pour sortir du pays. Malheureusement, l’opération tournera rapidement au vinaigre. Des agents secrets indonésiens ne souhaitent pas que Noor puisse quitter le pays…

Mile 22 aurait dû être le film qui aurait mis la vedette du cinéma d’action indonésien Iko Uwais sur la carte hollywoodienne. Pour bien des égards, le divertissement réussit cet objectif jusqu’au générique de fin. Néanmoins, Mile 22 rate plus ou moins la cible sur tous les autres aspects de son épopée. Mile 22 n’avait pas besoin d’une histoire complexe. Juste un scénario simple, mais intéressant, avec un réalisateur capable d’offrir d’excellentes scènes d’action.

Le premier tiers ne parvient pas à débuter une histoire intéressante. On débute par une séquence d’ouverture où nos héros envahissent une maison remplie de Russes. Pour aucune raison évidente, semble-t’il, sauf que Mile 22 est si mal construit que nous notons dès le départ que quelque chose cloche. Une scène géniale qui annonce le début des problèmes d’un scénario qui décide grossièrement de fusionner le dernier Mad Max avec quelques classiques des années 90. Je ne dirais pas lequel pour ne pas spoiler le revirement final. La conclusion qui fait d’ailleurs office de ballon dégonflé. Entre le début et la fin de Mile 22, nous sommes confrontés à plusieurs problèmes majeurs.

Les deux héros du film ne sont pas très sympathiques. L’une vit le cliché du conflit hollywoodien entre le travail et la famille. Et l’autre est insupportable, étant une parodie de Ben Affleck dans The Accountant. Et le pire, c’est que le personnage de Mark Wahlberg est omniprésent à l’écran, car Mile 22 se construit avec un témoignage post-mission de l’acteur; dans des séquences qui brisent continuellement l’énergie narrative du film. Il y a également plusieurs incohérences majeures qui peuvent ruiner l’expérience cinématographique de certains. Si nous sommes forcés de rester vagues au sujet du scénario de Mile 22, nous pouvons parler amplement de Peter Berg (Deepwater Horizon). Pour sa quatrième collaboration avec Mark Wahlberg, Berg tente l’exploit de détruire Mile 22 en post-production. Et il y parvient…

Après trois succès, le cinéaste et son acteur fétiche ratent la cible. Berg est capable de créer d’excellentes scènes d’action et des grands moments de tensions. Ici, rien ne va plus. Ou bien le tournage fut désastreux. Ou bien la postproduction fut ratée. On penche pour la seconde, puisque quelques mois à peine séparent la fin du tournage avec la sortie nord-américaine. Les scènes d’action font hideuses dans la mesure où parfois il est impossible de voir ce qu’il se passe à l’écran. Certaines séquences, comme une dans un restaurant, font dignes des pires Taken de ce monde. Oui, Iko Uwais a son moment de gloire, mais le reste est la plupart du temps ruiné par une caméra branlante et le montage du film.

En tête d’affiche de Mile 22, Mark Wahlberg (la saga Transformers) se révèle être plutôt moyen. Son rôle est assez écrit et l’acteur est incapable de vendre proprement le scénario qu’il a entre les mains. Même chose pour Lauren Cohan (The Walking Dead) qui s’en sort toutefois mieux, avec un personnage mieux établi. Iko Uwais (The Raid) ne rate heureusement pas sa chance. L’acteur profite du long-métrage pour faire une bonne impression à l’Occident. Il est très certainement la meilleure chose à ressortir du divertissement. Sans oublier John Malkovich (Con Air) bien évidemment; bien que ce dernier n’est que rarement exécrable dans les projets qu’il entreprend. Ronda Rousey (Furious Seven) et Sam Medina (Kickboxer: Vengeance) complètent la distribution de Mile 22.

Malgré des éléments de qualité entre les mains, Mile 22 est l’une des grosses déceptions de 2018. Sa faible durée permet cependant de sortir rapidement de la salle de cinéma, pour ensuite se replonger dans des meilleurs efforts de Wahlberg, Uwais, Berg et compagnie.


Réalisation : Peter Berg

Scénario : Lea Carpenter, Graham Roland

Avec : Mark Wahlberg, Iko Uwais, John Malkovich,Lauren Cohan, Ronda Rousey, Nikolai Nikolaeff, Carlo Alban, Sam Medina, Peter Berg

A propos de Michaël Michaud 568 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.