No Code of Conduct (1998)

Résumé : Un policier, son partenaire et son père découvrent un plan conçu par des personnes influentes de leur ville afin de transporter de la drogue du Mexique vers leur ville.

Critique : 

Prenez une vedette du rock, un acteur aux habitudes de consommation douteuses, le père de ce dernier et une vedette montante des arts martiaux. Mélangez ces ingrédients et vous aurez No Code of Conduct, une des nombreuses collaborations entre Bret Michaels (La vedette du rock.) et Charlie Sheen (Crédité au générique sous le nom de Charles Sheen). Les deux hommes ont fait quelques projets ensemble dans les années 90, incluant une vidéo éducative sur la vie extraterrestre de la planète Mars, et No Code of Conduct est la plus célèbre de ces collaborations.

Produit, réalisé, scénarisé, interprété (dans un rôle mineur) et mis en musique par Bret Michaels, No Code of Conduct est un pur produit des années 1990. À cette époque, nous étions dans une période de transition entre la grande décennie de 80, qui nous a donné certains des plus grands classiques du cinéma «contemporain» et plusieurs films d’action virils, et les années 2000, qui a vu le déclin de la domination et de l’innovation d’Hollywood, au profit des effets par-ordinateur, des adaptations de super-héros, des remakes et de la recherche du profit monétaire à tout prix. Perdu dans cette transition hollywoodienne (Et dans les quelques lignes de drogue de certains de ses scénaristes.) est un heureux bordel où le scénario tente de répliquer l’attitude et les clichés des films policiers des années 80, tout en y apportant un semblant de profondeur et de modernisme, digne d’une personne âgée qui tente d’être «cool».

Cela nous donne plusieurs moments étranges, comme un des protagonistes qui aime jouer avec des petites voitures (comme un enfant de deux ans), un personnage qui urine sur un autre personnage, une possible relation incestueuse ou un personnage qui devient mexicain, en voyant, au loin, des Mexicains. Et pourtant, nous ne sommes pas dans une comédie ou dans un nanar, mais bien dans un film policier, un film tout ce qu’il y a de plus sérieux. Dans son ensemble,  l’intrigue de No Code of Conduct est assez basique en plus d’être commune à tous les mauvais films policiers des années 90, mais en y ajoutant une quantité impressionnante de dialogues ennuyeux et mal-écrits.

Les scènes d’action pourraient en théorie rendre le long-métrage divertissant, mais elles sont à l’image du scénario : étranges et mal foutues. Malgré quelques plans de caméra inventifs et avant-gardistes, Bret Michaels (ou son équipe de production) semble éprouver quelques difficultés à bien filmer une scène d’action. On alterne les plans de caméra tel un épileptique et la majorité du temps, nous voyons tout, sauf la scène d’action en elle-même. Et pour sa première réalisation, Michaels cherche désespérément une façon originale de filmer No Code of Conduct, alternant les styles de réalisation, allant de Sergio Leone à l’amateurisme, causant ainsi une confusion visuelle générale à l’ensemble du long-métrage. Cette même confusion visuelle cause par la même occasion les scènes d’action médiocres et favorise au passage l’ennui ressenti lors des scènes de dialogues, qui sont elles-mêmes ennuyeuses.

Et comme si ce n’était pas suffisant, nous avons une panoplie de faux-raccords, causés par l’inexpérience de Michaels, tant dans les scènes d’action que dans les scènes de dialogues. De plus, il ne faut pas laisser de côté l’horrible montage du long-métrage, accentué par le désir de Michaels de dynamiser son montage avec des bruits étranges servant à faire les transitions entre plusieurs scènes. Le tout est accompagné par une trame sonore, alternant les mélodies d’ascenseur et la musique rock de Michaels, qui semble déjà obsolète, malgré l’âge relatif du long-métrage.

Et, avec une prévisibilité assez navrante, il me faut admettre que même le casting ne peut sauver ce désastre. Souffrant d’une direction d’acteurs assez faible, l’ensemble des performances est assez médiocre. Charlie Sheen (Wall Street) n’est pas une grande vedette d’action et sous les effets possibles de certaines substances (Ce n’est qu’une supposition, mais, dans certaines scènes, Sheen est assez pâle et paraît confus.), cela ne fait que s’empirer. Mark Dacascos (Cradle 2 the Grave) voit son talent gaspillé, lui qui offre une performance assez faible. Et que dire de son rôle de figurant lors des scènes d’action… Aussi, il nous faut noter que les deux acteurs n’ont aucune chimie, ce qui est bien dommage vu que l’intrigue se repose sur un duo de policiers.

Interprétant le père du personnage principal, Martin Sheen (Apocalypse Now) s’ennuie grandement, jouant ses scènes avec peu de conviction. Il est clairement dans ce long-métrage pour épauler son fils (Tout comme d’autres membres de cette famille.) et cela parait dans chaque scène. Ron Masak (Murder, She Wrote) et Tina Nguyen (Let’s Talk About Sex) sont des antagonistes assez monotones et ils sont horrible interprétés par leurs acteurs respectifs. Il n’y a que deux acteurs qui semblent s’amuser dans ce film, et c’est Paul Gleason (Die Hard) et Joe Estevez (Soultaker). Sans briller dans leurs rôles respectifs, ils nous offre les meilleures performances de No Code of Conduct.

En conclusion, No Code of Conduct est un long-métrage oublié du public nord-américain et en toute sincérité, après mon visionnement de ce film, il me faut espérer que cela reste ainsi. Ce long-métrage n’offre rien de neuf et ne parvient même pas à être un digne représentant du cinéma policier des années 80 (Sa source d’inspiration) et des années 90. À recommander seulement pour les amateurs de la famille de la famille Sheen/Estevez, et ce avec une certaine réserve…

1.25/5


Réalisation : Bret Michaels

Scénario : Bret Michaels, Charlie Sheen, Shane Stanley, Bill Gucwa, Ed Masterson

Avec :  Charlie Sheen, Martin Sheen, Mark Dacascos, Paul Gleason, Ron Masak, Joe Lando, Courtney Gains, Meredith Salenger, Joe Estevez, Bret Michaels

No Code of Conduct (1998)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Divertissement
1.6

En conclusion

Malgré un potentiel certain (Mark Dacascos), No Code of Conduct représente un gâchis. Ne perdez pas 90 minutes de vôtre vie à le visionner…

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