Pacific Rim: Uprising (2018)

Résumé : Jake Pentecost, fils de Stacker Pentecost, rejoint Mako Mori pour diriger une nouvelle génération de pilotes Jaeger, incluant son rival Lambert et la pirate Amara, âgée de 15 ans, contre une nouvelle menace de Kaijus.

Critique :

Après le succès relatif de Pacific Rim, l’espoir de visionner une suite était presque nul. Mais avec un carton en Asie, Guillermo del Toro a rapidement commencé à travailler sur une suite; une suite qu’il n’a finalement pas conçue. Se limitant à un rôle de producteur, la vision de del Toro est mise de côté pour laisser place à Steven S. DeKnight, l’un des géniteurs des séries Daredevil et Smallville. Et les différences entre les deux points de vue sont clairement visibles.

Le premier Pacific Rim se voulait être un hommage au cinéma de monstres asiatiques et des nombreux animés où des robots géants s’affrontent. Pacific Rim: Uprising se situe dix ans plus tard, et change complètement la donne. Le long-métrage tente d’être une relecture de Top Gun avec des robots géants et une histoire sans queue ni tête. Nous sommes dans un délire étrange où le Pacific Rim: Uprising part dans l’utilisation des drones pour une « sécurité » mondiale, pour ensuite se diriger dans un film à conspiration, avant de finalement attendre la prémisse de base : des robots qui combattent des monstres. Nous avons l’impression d’assister à un montage peu habile de quelques épisodes d’une série télévisée quelconque en un long-métrage fort divertissant. Pacific Rim: Uprising y gagne un rythme effréné. Cela aide grandement à faire passer la pilule, car le gros problème du film demeure dans son scénario.

Sans la présence d’un del Toro, l’univers de Pacific Rim baisse grandement en qualité. Sans dévoiler le contenu du scénario en détail, le film devient moins intéressant dès que les monstres apparaissent. L’aspect d’un éventuel « conflit » entre humains est bien plus agréable que le conflit entre robots et monstres, un fait d’ailleurs représenté par un monde où l’humanité n’a que quelques robots et pas assez de pilotes en réserves… Comme si Pacific Rim: Uprising ne croyait pas en l’univers démarré par del Toro. Un sentiment qui se vit dès que l’on note les incohérences de continuité qui rendent l’humanité moins puissante au début de cette suite; en comparaison du début de l’original.

Les personnages sont également problématiques. Celui de Scott Eastwood est clairement le plus intéressant du groupe, mais il est rapidement mis de côté. À la place, nous suivons Jake, fils de Stacker Pentecost, qui n’est qu’un mauvais remake du personnage interprété par Idris Elba. Pour le meilleur et pour le pire, tout le film est centré sur Jake, un être peu sympathique et un mauvais protagoniste de film d’action qui ne sert qu’à mettre en valeur son interprète. Notons que quelques membres du premier Pacific Rim sont de retour, dans des rôles secondaires; parfois identiques, parfois différents…

Sur le plan technique, Steven S. DeKnight nous livre une vision du film de del Toro qui est plus proche d’un dessin animé du dimanche matin qu’autre chose. Bien que ce n’est pas une remarque négative, il est intéressant de comparer les deux approches. Dans le cas qui nous concerne, le long-métrage nous livre un monde plus artificiel. C’est particulièrement visible dans les scènes d’action. Elles sont toujours aussi grandioses sur le point de vue du spectacle – avec ou sans monstres – avec des scènes de destruction très intenses. Étrangement, la direction photographique, et le choix de tenir l’intrigue en plein jour, plutôt que dans la noirceur de la nuit et des fonds marins rend les robots et les monstres moins crédibles. Rien de dramatique mais, Pacific Rim: Uprising semble vieillir à vu d’œil durant ces scènes.

Dans le rôle principal, John Boyega (Star Wars: The Force Awakens) transporte le film sur ses épaules. Il est solide et il est clair que le long-métrage serait plus médiocre sans sa présence. Même chose pour Scott Eastwood (The Fate of the Furious) qui a quelques bonnes scènes malgré un scénario qui ne joue pas en sa faveur. Des reproches identiques peuvent être tenus envers le reste de la distribution. Au moins, nous avons la chance de voir Jin Zhang (Ip Man 3), la nouvelle sensation de l’heure du cinéma d’action chinois, dans son premier rôle hollywoodien avant sa participation dans Escape Plan 3.

En conclusion, Pacific Rim: Uprising n’est pas à la hauteur du premier volet de la populaire saga. Moins concentré et plus artificiel, le long-métrage parvient tout de même à offrir un bon moment de divertissement, même si rien de mémorable n’y survient. Malheureusement, dès votre sortie, vous aurez vite oublié ce que vous venez de voir et c’est bien dommage…


Réalisation : Steven S. DeKnight

Scénario : Steven S. DeKnight, Emily Carmichael, Kira Snyder, T.S. Nowlin

Avec : John Boyega, Scott Eastwood, Cailee Spaeny, Burn Gorman, Charlie Day, Tian Jing, Jin Zhang

A propos de Michaël Michaud 568 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.