Peppermint (2018)

Résumé : Cinq ans après la mort de son mari et de sa fille dans un acte de violence insensé, une femme revient de son exil volontaire pour se venger des responsables et du système qui les a laissés libres.

Critique : 

Encore une fois cette semaine, nous sommes le témoin à l’arrivée d’un interprète dramatique qui se lance dans le cinéma d’action. Cette fois-ci, c’est au tour de l’actrice Jennifer Garner (Daredevil) qui a eu une expérience dans le genre durant les années 2000. Mais après la série Alias, ainsi qu’un passage dans le monde de Marvel, l’actrice est rapidement retournée dans les drames et les comédies. Aujourd’hui, avec Peppermint, Garner effectue un retour en force alors qu’elle est le meilleur élément de son dernier long-métrage.

Ridley North vit une existence relativement parfaite avec Chris, son mari mécanicien, et Carly, sa fille d’une dizaine d’années. Un jour de décembre, la famille s’amuse dans un parc d’amusement jusqu’au moment où une fusillade éclate tuant les proches de Ridley. Après avoir identifié les coupables, Ridley voit ses efforts de traduire ces criminels en justice tomber à l’eau lorsque des juges et avocats corrompus se mettent en travers de son chemin. Ridley disparaît de la surface de la Terre pendant quelques années, pour réapparaître avec un désir de vengeance sanglant…

Le cinéaste Pierre Morel a connu un début de carrière fulgurant avec des succès comme Banlieue 13 et Taken. Il est clair qu’il tente de transformer Jennifer Garner en une sorte de Liam Neeson. La transplantation ne fonctionne que partiellement. Peppermint est trop générique pour impressionner ou pire encore, pour créer une expérience jouissive en salles. Si son budget était plus mince, nous aurions facilement pu voir le divertissement sortir directement en VOD ou en DVD.

Peppermint est essentiellement ce qu’on pense. Une femme de banlieue qui se transforme en Sarah Connor. Le monde créé par Chad St. John (London has Fallen) rate toutes les occasions possibles pour se démarquer. Le cinéaste ne comprend pas le genre qu’il tente d’adapter. Au fil des minutes, nous voyons toutes les erreurs que le divertissement commet. Des erreurs qui se résument à des mauvaises directions que prend Peppermint et qui nous font immédiatement penser à des meilleurs films de 2018 comme le remake de Death Wish ou Silencer. Le film décide, par exemple, de ne pas nous montrer plusieurs des meurtres de Ridley North. Sa vengeance survient, par moments, hors du champ de la caméra. Cela défie le concept même du cinéma d’action qui est de nous montrer des scènes d’action, et non de nous montrer des personnages qui discutent d’une scène d’action essentielle au dénouement du récit hors caméra.

Nous sommes également enveloppés dans un monde peu excitant. Entre une exposition faite via l’utilisation de flashbacks peu inspirés et une trame narrative qui est, malgré tout, prévisible des dizaines de minutes à l’avance. Peppermint n’offre rien pour se démarquer. Le film mise constamment sur les mauvaises cartes et n’explore pas ce que nous voulons voir, comme l’aventure de son personnage principal dans un circuit de MMA. Avant le générique de fin, nous assistons éventuellement à confrontation tant attendue entre Ridley et le très méchant Diego, qui se spécialise dans l’imitation d’un méchant de Commando et dans la gestion de ses hommes de main. Mais lorsque l’inévitable affrontement entre Diego et Riley se produit, nous sommes trop fatigués – après s’être fait traîner dans la boue pendant 90 minutes – pour crier de joie dans un duel qui ne dure même pas une minute.

Derrière la caméra, nous pouvons remarquer un Pierre Morel fatigué. Ce n’est peut-être qu’une impression, mais le cinéaste a définitivement connu des jours meilleurs. Le responsable du meilleur volet de la saga Taken semble faire une pâle copie d’un genre cinématographique qu’il a autrefois sorti des oubliettes. Peppermint n’a rien de spectaculaire et de mémorable. L’oeuvre mise sur ses fusillades génériques et sur son montage parfois intrusif. Cela ne fonctionne pas, puisque le tout est facilement oubliable très notre sortie de la salle de cinéma. Tout ce que nous pouvons qualifier d’impressionnant se trouve dans le peu de torture qu’offre Peppermint, sans oublier la photographie et des éléments visuels (maquillages, saletés et sang) qui apportent un aspect rétro, digne des années 80 et 90.

Comme ce fut mentionné plus haut, Jennifer Garner est la meilleure chose se trouvant dans Peppermint. L’actrice est plus en forme que jamais, tant sur le plan physique qu’expressif. Garner aurait fait un carton dans un projet comme Atomic Blonde ou Taken, mais ici, elle est incapable de sauver le film. John Ortiz (Miami Vice) et John Gallagher Jr. (Jonah Hex) sont également présents dans des rôles de policiers, mais ils n’offrent rien de très intéressant. Même chose pour Juan Pablo Raba (Agents of S.H.I.E.L.D.) qui se révèle être un méchant assez générique et oubliable.

Peppermint mérite les insuccès qu’il a présentement aux États-Unis. Le film rate toutes occasions pour supporter son actrice principale. Peppermint est le genre d’effort qui mérite une sortie en DVD, pas dans les grandes salles de son cinéma préféré.


Réalisation : Pierre Morel

Scénario : Chad St. John

Avec : Jennifer Garner, John Gallagher Jr., John Ortiz, Juan Pablo Raba, Annie Ilonzeh, Jeff Hephner, Cailey Fleming, Eddie Shin, Method Man

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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