Polar (2019)

Résumé : Le plus grand assassin au monde, Duncan Vizla, s’apprête à prendre sa retraite lorsque son ancien employeur l’a inscrit comme une dette envers la société. Contre son gré, il se retrouve de nouveau dans l’arène face à une armée de jeunes tueurs.

Critique : 

Le mois de janvier fut assez fructueux pour Netflix avec plusieurs séries et films pour les fanatiques d’action. Et pour conclure ce mois, la plateforme nous lance Polar, une adaptation de la bande-annonce de Dark Horse du même nom. Un divertissement avec une histoire assez proche des John Wick de ce monde…

Duncan Vizla a presque 50 ans. Il se prépare à prendre sa retraite obligatoire de Damocles, une organisation d’assassins dirigée par par un certain Blut. Quittant sa profession, Duncan s’installe dans une maison isolée du Montana, habitant à côté d’une jeune femme peu adaptée à la vie en plein air. Hélas, Damocles a des problèmes financiers ce qui force Blut à éliminer ses employés pour éviter de payer leur retraite. Et Duncan est le prochain sur sa liste.

Polar est un film particulier, surtout après la vague des Taken et des John Wick de la dernière décennie. Polar ne faut que surfer sur la tendance avec un matériel d’origine assez semblable. L’œuvre joue également l’audace de permettre à son personnage principal d’adopter un petit chien. Mais, une fois que l’hommage initial est passé, le divertissement tourne en rond pendant près de deux heures. Le film se réfugie dans la violence et dans la vulgarité de ses personnages pour camoufler cette erreur, même si cela est parfois de mauvais goût.

Dès la séquence d’ouverture qui se conclut sur l’érection de l’acteur Johnny Knoxville, Polar nous laisse comme un mauvais goût dans la bouche. L’ensemble est rempli de choix douteux et discutables dans une vision du réalisateur Jonas Åkerlund pleine d’excès. Le scénario du film n’est qu’un prétexte pour de la vulgarité et de la nudité, avec au centre un groupe de tueurs surnommé « The A-Team ». Envoyés par Blut, ces tueurs sont des blagues à une notre, avec plusieurs scènes douteuses et peu intéressantes. Et pour ce qui est de Blut en tant qu’antagoniste, il parvient à être le méchant le moins menaçant depuis des lustres; n’étant qu’un obèse dégoutant et pervers.

Le cœur et l’âme de Polar résident dans son personnage principal et dans sa jeune voisine. Les deux êtres ne sont pas assez souvent à l’écran à mon goût. Face à l’excès et à l’humour douteux de son cinéaste, ces moments sobres permettent d’explorer deux êtres passionnants et développés. Sans rien dévoiler, Polar revient vraiment intéressant avec ces deux-là, même si le grand revirement final est assez prévisible. Qu’importe puisque cela laisse la porte ouverte pour une suite bien plus excitante que le produit final que nous avons entre les mains.

Derrière la caméra, Jonas Åkerlund se ressent comme un Michael Bay européen. Tout est coloré et démesuré, avec une emphase sur la sexualité de ses interprètes féminines et sur l’action. Un style qui va parfaitement à Bay, mais qu’Åkerlund ne maitrise pas du tout. On assiste à deux visions qui s’affrontent constamment, bien que le cinéaste a un fort penchant pour le côté « bling-bling » de Polar. À son meilleur, le réalisateur parvient à créer quelques séquences fortes, comme celles où le personnage de Mads Mikkelsen doit repousser quelques assassins tout en étant nu ou presque. Mais à son pire, on assiste au presque viol de l’un des personnages féminins.

Dans le rôle principal, Mads Mikkelsen (Casino Royale) est parfait, alors que Polar lui donne beaucoup d’occasions de briller. Même chose pour Vanessa Hudgens (Spring Breakers) bien qu’elle se tient à l’écart de l’action pour la totalité du long-métrage. Sinon, Katheryn Winnick (Vikings) est clairement sous-utilisée dans un rôle de soutien assez unidimensionnel. Le reste de la distribution est exécrable, bien que l’on peut se réjouir des caméos de Johnny Knoxville (Bad Grandpa) et de Richard Dreyfuss (Jaws).

Polar est un affreux bordel qui divertit, même s’il n’offre pas une expérience réellement plaisante. C’est dommage, puisque Mads Mikkelsen méritait quelque chose de supérieur pour sa transformation en tueur bad-ass.


Réalisation : Jonas Åkerlund

Scénario : Jayson Rothwell

Avec : Mads Mikkelsen, Vanessa Hudgens, Katheryn Winnick, Matt Lucas, Josh Cruddas, Ruby O. Fee, Anthony Grant, Robert Maillet, Fei Ren, Johnny Knoxville, Richard Dreyfuss

Polar (2019)
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Résumé

Netflix rate la cible avec son adaptation de Polar, une œuvre assez vide en contenu.

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Écrit par Michaël Michaud

Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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