Showdown in Manila (2018)

Résumé : Durant une enquête, des détectives privés de Manila devront monter une équipe pour affronter l’armée d’un terroriste international se cachant dans la jungle.

Critique :

Après deux ans passés en postproduction où des rumeurs semblaient confirmer les nombreux problèmes du film, Showdown in Manila est finalement arrivé au Québec en 2018. Cette première réalisation de Mark Dacascos (Cradle 2 the Crave) fut – parait-il – parsemée d’embûches notamment à cause d’un Alexander Newsky (Black Rose) difficile à gérer. Notons au passage que l’acteur tient le premier rôle du film, en plus de le co-scénarisé et de le produire…

Nous n’allons pas nous étendre sur le sujet, mais il est clair que quelque chose a frappé de plein fouet Showdown in Manila. À la base, le long-métrage tente de rendre hommage au cinéma d’action des années 80 et 90 avec plusieurs références et vedettes de l’âge d’or du cinéma d’action. Mais lorsqu’on y regarde de plus près, nous pouvons constater trois films qui ont été mis bout à bout pour créer Showdown in Manila. Le premier se veut être une pâle copie de The Raid à la gloire de Newsky. Le second tente d’être une comédie où un dur à cuire et un dépendant sexuel sont des détectives privés à Manila. Le troisième, et non le moindre, reprend la formule de The Expendables et nous présente soudainement quatre nouveaux personnages principaux.

Avec une durée frôlant les 80 minutes, Showdown in Manila ne parvient pas à être cohérent et à nous raconter une véritable histoire. Le long-métrage ne sait tout simplement pas ce qu’il veut faire et tente n’importe quoi en ne misant que sur des scènes d’action moyennes et le charisme de ses acteurs pour créer une intrigue. Comme si le scénario fut écrit en fonction des acteurs pour ensuite tenter de créer un film vaguement compréhensible par la suite. Pire encore, si l’on prend le temps d’analyser l’humour forcé, les dialogues exécrables ou son scénario incomplet, il est facile de détruire en mille miettes Showdown in Manila. Certes, il y a un public pour Showdown in Manila. Et si l’on est un cinéphile intoxiqué et nostalgique, il est possible que l’on aime l’histoire de Showdown in Manila.

Sur le plan technique, Showdown in Manila est une déception. Mark Dacascos apporte son expérience hollywoodienne au long-métrage. Le tout est bien filmé de façon très professionnelle, mais sans plus. Il est trop tôt pour dire si cela sera la seule réalisation de l’acteur. Une chose est certaine, c’est qu’il devra mieux choisir ses projets et être capable de créer des scènes d’action palpitantes. Dacascos a tendance à filmer le tout de façon assez monotone. À cause de cela, Showdown in Manila est ennuyeux, même dans les moments musclés. Le troisième tiers est la principale victime avec une longue fusillade dans la jungle où rien n’est très spectaculaire ou intéressant.

C’est dommage, surtout que Showdown in Manila a une belle distribution. Mais à cette affirmation, il faut exclure Alexander Nevsky, un ancien « Monsieur Univers » qui a le physique et le charisme d’un bloc de ciment. L’acteur est clairement le maillon faible de la distribution du long-métrage et le fait que tout le film est centré sur Nevsky n’aide absolument pas à rendre Showdown in Manila divertissant. Surtout que Nevsky passe la majorité du temps dans un coin à réciter ses dialogues de façon monotone et passive. On peut sentir que Nevsky tente d’être le prochain Arnold Schwarzenegger, mais il manque trop de charisme et de talent pour parvenir à ses ambitions.

Étrangement, Casper Van Dien (Starship Troopers) rayonne et offre possiblement l’un des meilleurs rôles de sa carrière depuis Sharship Troopers. L’acteur sauve littéralement le film du désastre tandis que nous assistons à un effort surhumain de Van Dien pour rendre le film le moindrement intéressant. Le caméo de Mark Dacascos est également à noter, surtout qu’il offre la meilleure scène d’action du long-métrage. Et oui, Cary-Hiroyuki Tagawa (Mortal Kombat), Tia Carrere (Showdown in Little Tokyo), Matthias Hues (Dark Angel), Don « The Dragon » Wilson (Bloodfist), Cynthia Rothrock (Lady Dragon) et Olivier Gruner (Nemesis) ont tous de petits rôles mais le scénario n’offre rien d’intéressant pour ces acteurs. Enfin pour ceux qui se forcent à livrer une bonne performance…

Malgré une distribution de rêve, Showdown in Manila manque de concentration et meurt par la paresse de son intrigue. Au lieu d’assister à quelque chose de grandiose, nous sommes forcés de regarder Van Dien traiter sa co-vedette de Terminator russe et suer à grosses gouttes pour rendre le film intéressant. Malheureusement, tout s’écroule autour de lui et Showdown in Manila devient rapidement l’un des plus mauvais films de 2018.


Réalisation : Mark Dacascos

Scénario : Craig Hamann, Alexander Nevsky, Mark Dacascos

Avec : Alexander Nevsky, Casper Van Dien, Cary-Hiroyuki Tagawa, Tia Carrere, Matthias Hues, Don ‘The Dragon’ Wilson, Cynthia Rothrock, Olivier Gruner, Mark Dacascos

A propos de Michaël Michaud 369 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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