Silencer (2018)

Résumé : Un tueur à la retraite doit réveiller toutes ses compétences mortelles et mener une guerre contre son ancien employeur.

Critique : 

Depuis quelques années, le cinéaste Timothy Woodward Jr. (Traded) inonde le marché du cinéma d’action avec plusieurs longs-métrages qu’il réalise ou coproduit. Si la qualité n’est pas toujours au rendez-vous, nous ne pouvons pas nier l’amour de Woodward Jr. pour le cinéma en général, avec son dernier film, Silencer, qui est par moments le meilleur divertissement de sa filmographie…

Dix ans après avoir bousillé une opération en Irak, Frank, un ancien tireur d’élite, mène une vie paisible bien qu’il souffre toujours d’un choc post-traumatique. Menant une vie de mécanicien, Frank voit sa vie être bousculée après son dernier travail, entourant la réparation d’un véhicule antique pour un puissant criminel local nommé Leonard. Ce dernier, après un tragique incident, renoue avec Frank afin de le forcer à assassiner un homme…

Dès les premières minutes, nous pouvons sentir que Woodward Jr. fait ce qu’il peut avec les cartes qu’il a entre les mains. Celles-ci sont bien attendues truquées par le fait que Silencer jouit d’un budget visiblement peu élevé et d’un scénario de Sean Mick, dont c’est le premier texte. Le divertissement prend parfois trop de temps à aboutir ce qui est étrange, car il a une durée n’atteignant même pas la marque des 90 minutes.

Les raisons qui entourent ce problème sont assez simples, et elles se résument toutes au scénario de Mick qui manque de peaufinent. L’histoire de base vogue sur des terrains familiers, et durant la première moitié de Silencer, on peut y trouver une certaine beauté. Les personnages et l’intrigue nous sont introduits. Nous explorons les démons de Frank, ainsi que les présages du drame à venir. Nous sommes même introduits à un antagoniste assez sympathique, pour qui l’on éprouve de l’empathie et de la compréhension. Malgré les dialogues douteux de Mick, cette section un peu contemplative est très divertissante, jusqu’au moment où Silencer entre en monde « cinéma d’action ».

Dès lors, Silencer perd beaucoup d’intérêt. Le long-métrage laisse tellement de place à de l’action, qui n’est au final pas si présente que cela, qu’il oublie l’essentiel. Il oublie la logique interne de Silencer et ne se gêne pas à étirer la sauce quitte à créer des incohérences et des moments plus que discutables. Comme lorsque Frank et un ami s’arrêtent dans un bar pour avoir une bagarre avec un alcoolique homophobe. Ou comme lorsqu’une portion de l’affrontement final constitue à regarder deux personnages débattent sur la parenté d’une fille dont ils ne sont pas le père…

Timothy Woodward Jr. est bien plus constant au niveau de sa réalisation. Sliencer jouit d’une cinématographie intéressante qui, couplée par des plans de caméra judicieux, permet au cinéaste de faire de son projet un divertissement pas si mauvais que cela. Silencer a un bon rythme et on peut sentir que l’homme met tous les moyens qu’il a en sa disposition devant la caméra. Avec un budget supérieur, nul doute que Silencer aurait pu être une expérience cinématographique bien plus intéressante. La seule faute technique notoire réside dans les scènes d’action, qui sont assez génériques et parfois illisibles; la faute à un montage bien trop intrusif.

En tant que Silencer, Johnny Messner (The Equalizer) effectue un boulot adéquat. Il supporte le film sur ses épaules, en plus d’avoir quelques moments émotifs intenses et d’assurer lors des scènes d’action. Face à lui, toute la distribution du film semble mauvaise. Les combattants Chuck Liddell (War Pigs) et Tito Ortiz (Bleach) sont reconnus pour leurs talents de combattants, mais les talents des deux hommes montrent rapidement leurs limites devant la caméra. Même Danny Trejo (Machete) semble s’ennuyer et peine à être le moindrement convainquant en grand méchant. Robert LaSardo (Death Race) et l’ancienne Playmate Nikki Leigh sont également de la partie avec des seconds rôles dans cette production.

Silencer tente de jouer sur les mêmes tableaux que les films d’action mettant en vedette un tueur sur son dernier contrat, ou un homme en quête de vengeance. Hélas, le long-métrage n’a pas les jambes assez longues pour tenir la distance et devient rapidement ennuyeux…


Réalisation : Timothy Woodward Jr.

Scénario : Sean Mick

Avec : Johnny Messner, Danny Trejo, Robert LaSardo, Nikki Leigh, Chuck Liddell, Tito Ortiz

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.